@Mohammed MADJOUR « Les mots ne créent pas une réalité, mais ils l’expriment seulement. » ??? Le premier verset de l’Evangile selon Saint-Jean proclame, fort justement : « Au commencement était le Verbe ! ». Qu’est-ce que la « réalité », sinon ce que nous pouvons en exprimer et en communiquer ? Et comment concevoir cette« réalité » si les mots manquent pour la décrire ? La « réalité » apparaît profondément indiscernable des mots et par là des concepts disponibles pour la définir ou redéfinir.
La corruption et la manipulation du langage relèvent de la subversion du sens commun, et par là du sens tout court : elles participent dans le meilleur des cas de leur saine évolution, mais relèvent en l’occurrence d’un travail de sape des fondements du consensus social et sociétal dont les dégâts se manifestent et s’amplifient plus cruellement chaque jour sous le soleil ! Et dire que toute cette destruction ne vise qu’à alimenter un peu plus longtemps ces vaines colonnes de chiffres servies par de pâles technocrates en de sanglants holocaustes à l’insatiable Baal-Moloch financier !
@Croa « Pour savoir faire ce genre de différence il faut une pratique de l’anglais de haut niveau. » Détrompez-vous, c’est flagrant sur n’importe quelle bande en VO, et sans même en comprendre un seul mot ! Maintenant, il n’y a pas plus - de New-York à la Californie ou au Texas (le must !!! )« un » accent « américain » qu’« un » accent britannique valable de Londres à Edimburgh en passant par le pays de Galles. Mais çà, c’est comme pour les francophones : on s’amuserait moins sans les charmes vernaculaires et régionaux qui améliorent la prononciation !
Manu le Fourbe - El Blanco - est un amateur résolu de novlangue : nul n’ignore que le concept de gauche « réformiste » est un produit de la mercatique (en Belgique, on dit « marketing ! ) adoptée par le $ociali$me - dans sa version 2.0 - qui consiste essentiellement à réformer le vocabulaire pour en abolir le sens (même démarche que les propagandistes du Jihad, version 2.0 lui aussi !) et mieux re-vendre ainsi sous label de »gauche« les dogmes et la camelote d’une Pensée Unique fondamentalement néo-libérale.
Après Charlie, pour »mieux« stigmatiser la discrimination et la ségrégation affectant les banlieues françaises, il recourait ainsi au terme »Apartheid« , probablement jugé plus »sexy« par ses conseillers en communication, mais profondément étranger à la sphère culturelle francophone. Les exemples sont légions, tant dans la communication politique qu’économique ou publicitaire.
Idéologiquement parlant, Il est clair que l’adoption dans le langage courant du vocabulaire du pouvoir, fut-il importé, facilite grandement la validation des concepts qui le légitiment : en Belgique, les jobs se sont ainsi substitués aux emplois, le management à la gestion. ... Et de la même manière, on voit un certain nombre de concepts relevant des sciences humaines (philosophie, anthropologie, psychologie, ...) issus d’une sphère anglo-saxonne d’approche plutôt pragmatique se substituer aux concepts à visée universaliste développés en leur temps sur le vieux continent : le DSM4 favorise ainsi l’approche pharmacologique au détriment de la quête de sens, les »coachs« raflent la mise aux thérapeutes, ...
Quant aux réformes orthographiques et grammaticales successives, elles semblent désormais répondre plus aux contingences de la standardisation logicielle qu’aux besoins ou aspirations de leurs locuteurs et usagers.
Cette évolution est catastrophique, mais tristement banale par ces temps troublés Pour appeler les choses par leur nom, et mieux ainsi les appréhender, je vous renvoie au concept, fort discrètement tombé en désuétude, de »regrès".
@flourens « ... nous faire oublier qu’on nous enfle par derrière ... » Foot ou pas et qu’on l’oublie ou non, « on » nous enflera quand même ! Je ne comprends donc pas bien le sens de votre indignation, ni en quoi le fait que certains s’enthousiasment à suivre un match de foot puisse déranger ! A chacun ses plaisirs, non ?! « To be or not to be, that’s the question ! »
@lisca « C’était une erreur, ce prix Nobel, a dit de directeur des prix Nobel. » On a l’habitude ! Après leur attribution à Kissinger et Friedman (pour ne citer qu’eux !), ils n’en sont plus à une près, et les prix Nobel ont de toute manière perdu une grande part de leur crédibilité, au moins pour la Paix et l’Économie.