@Alois Frankenberger Si l’usage de la feuille de coca est traditionnel dans les Andes et permet notamment de pallier les effets de l’altitude, je serais nettement plus circonspect que vous quant à l’innocuité des effets de la cocaïne, comme d’ailleurs - et à commencer par les produits pharmaceutiques - de toute drogue de synthèse. Avant de s’envoyer la poudre blanche dans les narines ou les veines, on ne sait jamais ce qu’il y a dedans, et même après ! L’élémentaire prudence plaide donc pour l’abstention !
« Passons sur l’argument mercantile, qui en dit long sur les valeurs de ceux qui l’avancent, outre le caractère dérisoire des montants concernés. » Ben non ! Les Pays-Bas engrangent chaque année un montant phénoménal de taxes sur la vente de cannabis, et la chaîne économique ainsi créée est largement pourvoyeuse d’emplois déclarés. Du fait de la prohibition, ce sont des milliards d’€uros qui alimentent ici les bénéfices des circuits mafieux, et encore des millions d’€uros dépensés par le contribuable en une vaine répression.
« L’échec de la répression n’est pas faux, mais cet argument a des limites. Ne s’agit-il pas d’une démission de l’Etat ? Et, à partir de quel niveau de non respect des lois l’Etat devrait-il reculer ? » A partir du moment où les lois ne sont plus en phase avec l’évolution des us et coutumes, elles ne sont plus ni respectées, ni respectables. La question n’est pas de reculer, mais d’avancer ! Et c’est quand l’Etat ne peut s’adapter à l’évolution de la réalité socio-culturelle qu’il démissionne.
« Cela ne représente-t-il pas une prime à la délinquance ? » La prime à la délinquance, c’est la prohibition ! Et il faut croire qu’ - à commencer par les consortiums pharmaceutiques et les actionnaires de Ricard -, elle arrange beaucoup de monde.
« Sauf qu’il est sans doute illusoire de croire que la légalisation pourrait arrêter les trafics. » Cela permettrait de dégager des moyens et concentrer les efforts de la police dans la répression des trafics (extasy, héroïne, prostitution, ...) ou usages (ivresse au volant, ...) réellement problématiques, Toujours çà de pris, non ?!
« ... ne peut-on pas penser qu’il serait effarant de légaliser la consommation d’une substance aussi toxique ... » Sans même parler de l’extasy ou de l’héroïne, pas moins que l’alcool ou le tabac, dont les ravages sanitaires sont pourtant bien plus notoires, ...
O tempora, o mores ! ... Il serait peut-être enfin temps de changer de siècle, et même de millénaire, sans quoi vous vous exposez à passer pour un vieux c. !
"La liberté d’expression, cette belle illusion pour laquelle sont morts
les membres de Charlie Hebdo, doit se plier au principe de réalité d’une
société inique." Quoique je regrette beaucoup l’inimitable plume de Cabu, même chez Charlie, la liberté d’expression était à géométrie fort variable, sans quoi Siné n’en aurait pas été fort honteusement viré.
Rien de bien neuf depuis Jean de la Fontaine, sinon que faute de sang bleu et de droit divin, la nouvelle aristocratie des 1% se voue aux seules idoles monétaires et financières pour asseoir sa puissance maintenant mondialisée. Et de quelle liberté d’expression rêver dans un monde ou l’information se réduit à une marchandise uniquement destinée à garantir la prospérité des groupes qui la contrôlent ?
Pour info, le mouvement essaime déjà au-delà des frontières hexagonales, et - pour nous changer du jihad, de la fièvre sécuritaire et de la colonisation €urocratique - jusqu’au pluvieux et fort brumeux royaume du surréalisme