@elpepe Vous avez raison, l’ambiance reste très chaude pour tous les Européens ! Pourvu encore que l’OTAN ne décide pas de muscler ses prétentions à coups d’arguments nucléaires à nos frontières !
@gaijin « ... par ce qu’en premier lieu ça n’a jamais été une vraie organisation initiatique ( au sens opératif ) mais un bricolage monté de toutes pièces ..... » ??? Même si elle ne comprend plus goutte à la tradition initiatique et ne peut en l’intellectualisant qu’en dénaturer le sens profond, la franc-maçonnerie moderne, fondée dans le courant du XVIIIème siècle, reste bel et bien l’héritière des symboles et rituels qui animaient les constructeurs des cathédrales. On peut d’ailleurs en dire autant des sacrements toujours valablement transmis par l’Église.
Comme vous le notez fort justement plus haut, « Le symbolisme n’est pas sans portée réelle en lui même ( il n’est d’ailleurs pas inconnu des chrétiens ) mais le prendre sur un plan intellectuel ou philosophique est une impasse ......sinon on a a faire a un véritable outil de transformation de l’être ( ou si on parle en jungien d’accession au soi ) ». René Guénon insiste sur le fait que tant que la chaîne et que la continuité de la transmission n’est pas rompue, l’« Initiation » reste valable, si même elle n’est plus que « virtuelle ». Tant qu’elle reste « disponible », Rien n’empêche donc de se la réapproprier pour en restaurer le sens traditionnel.
Je conviens volontiers avec vous qu’on en paraît bien loin, mais après tout : « Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit ». Jean 3, 9
En vous présentant l’expression de mes cordiales salutations !
« Sous ce rapport, il semble que conclure, comme le fait Jérôme Touzalin, qu’on deviendrait franc-maçon pour « participer à la grande cérémonie de la pensée » relève d’un tel degré d’enfumage qu’on se dit qu’il a forcément quelque chose à cacher. »
D’enfumage, ou plus simplement d’ignorance et de dégénérescence ???
Quoiqu’un peu long (désolé !), cet extrait d’ « Aperçus sur l’Initiation » (Ch 19) de René Guénon pourrait éclairer votre lanterne !
« Lorsque nous avons traité la question des qualifications initiatiques, nous avons fait allusion à une certaine méprise très répandue sur le sens du mot « opératif », et aussi, par suite, sur celui du mot « spéculatif » qui en est en quelque sorte l’opposé ; ...,il y a un étroit rapport entre cette méprise et la méconnaissance générale de ce que doit être réellement l’initiation. Historiquement, si l’on peut dire, la question se pose d’une façon plus particulière à propos de la Maçonnerie, puisque c’est là que les termes dont il s’agit sont employés habituellement. ... Le point de départ de l’erreur que nous signalons consiste en ceci : du fait que la forme de l’initiation maçonnique est liée à un métier, ..., et que ses symboles et ses rites, en un mot ses méthodes propres, dans tout ce qu’elles ont de « spécifique », prennent essentiellement leur appui dans le métier de constructeur, on en est arrivé à confondre « opératif » avec « corporatif », s’arrêtant ainsi à l’aspect le plus extérieur et le plus superficiel des choses, ainsi qu’il est naturel pour qui n’a aucune idée ni même aucun soupçon de la « réalisation » initiatique. ... »Il est dès lors facile de se rendre compte de ce qui reste dans le cas d’une initiation qui n’est plus que « spéculative » : la transmission initiatique subsiste bien toujours, puisque la « chaine » traditionnelle n’a pas été interrompue ; mais, au lieu de la possibilité d’une initiation effective ..., on n’a plus qu’une initiation virtuelle, et condamnée à demeurer telle par la force même des choses, puisque la limitation « spéculative » signifie proprement que ce stade ne peut plus être dépassé, tout ce qui va plus loin étant de l’ordre « opératif » par définition même. Cela ne veut pas dire, bien entendu, que les rites n’aient plus d’effet en pareil cas, car ils demeurent toujours, et même si ceux qui les accomplissent n’en sont plus conscients, le véhicule de l’influence spirituelle ; mais cet effet est pour ainsi dire « différé » quant à son développement « en acte », et il n’est que comme un germe auquel manquent les conditions nécessaires à son éclosion, ces conditions résidant dans le travail « opératif » par lequel seul l’initiation peut être rendue effective.
A ce propos, nous devons encore insister sur le fait qu’une telle dégénérescence d’une organisation initiatique ne change pourtant rien à sa nature essentielle, et que même la continuité de la transmission suffit pour que, si des circonstances plus favorables se présentaient, une restauration soit toujours possible, cette restauration devant alors nécessairement être conçue comme un retour à l’état « opératif »."
@M de Sourcessure "La soumission n’est pas innée. Mais des siècles de servitude peuvent
transmettre ce comportement dès le berceau et en faire un réflexe
conditionné.« Comme La Boétie, bien d’accord avec vous !
»Il est vrai qu’au commencement
on sert contraint et vaincu par la force ; mais ceux qui viennent après
servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient
fait par contrainte. C’est cela, que les hommes naissant sous le joug,
et puis nourris et élevés dans le servage, sans regarder plus avant, se
contentent de vivre comme ils sont nés, et ne pensent point avoir autre
bien ni autre droit que ce qu’ils ont trouvé, ils prennent pour leur
naturel l’état de leur naissance.« (In »Discours de la Servitude Volontaire")