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  • SciFi SciFi 13 mai 2008 17:38

    Elysion

    Ce n’est pas parce qu’on fabrique des avions, que tout le monde doit être capable d’en fabriquer. Et si je lis une traduction d’un auteur grec ou latin, je préfère que cela soit fait par un bon traducteur plutôt que par un ingénieur en aéronautique.

    Il est inutile d’opposer une sélection par une matière ou une autre : il faut de tout pour faire un monde, pas seulement en termes de connaissances, mais d’approches. Il faut croire que la pensée unique n’existe pas qu’en politique...

    Je ne crois même pas que la sélection par les maths soit une condition nécessaire de l’excellence, parce que toute matière peut permettre une réflexion. Offrir des filières avec des pondérations différentes entre les matières est certainement une meilleure approche que la sélection par une matière unique. Il reste ensuite à valoriser et promouvoir les débouchés à ces filières.

    Quant au déficit d’étudiants dans certaines matières, il manque peut-être des cellules d’orientation plus efficaces. Je ne pense pas que ce soit un problème de contenu des formations.

    Dans le monde de l’entreprise, je constate souvent que l’on met la charrue avant les boeufs, que l’on écrit ce que l’on doit faire... après l’avoir réalisé, que la première pensée qui vient à l’esprit pour résoudre un problème, c’est la rustine plutôt qu’une solution basée sur une expression correcte du problème à résoudre, etc. Pourtant la plupart des travers que je décris ici, sont le fait de gens qui sont passés par cette sélection par les maths et qui ont souvent fait des études d’ingénieur !

    Alors d’où vient le problème ? Une tendance naturelle de l’homme à prendre les problèmes à l’envers ? Je ne le crois pas. Des diplômes trop facilement donnés ? Peut-être, a-t-on trop privilégié "la tête bien pleine, plutôt que bien faite", comme aurait dit Montaigne. Cela montre plutôt l’échec de ce type de sélection comme critère futur d’excellence. Cela montre également que la base d’un raisonnement sain n’a pas été forcément intégrée par l’ensemble des gens qui ont suivi un cursus long. Et cela me semble aussi grave que l’illétrisme en sortie de primaire. Parce que les avions dans lesquels vous volez sont aussi fabriqués par ces gens-là smiley.

    Par exemple, je n’ai jamais eu d’enseignement sur l’organisation du travail scolaire, comment apprendre efficacement, ou même de cours de réflexion générale sur les connaissances qu’on nous demande d’ingurgiter. Un bon ouvrier ne se mesure pas à la quantité d’outils qu’il détient, mais à sa façon d’en tirer parti.

    "L’école n’est pas drôle, il n’y a pas de raison que cela change" : pas d’accord. Même si ce n’est pas le cas de tous les profs, j’ai connu dans toutes les matières des profs géniaux, qui pouvaient rendre un cours intéressant, vivant et motiver des étudiants. Mais ceux-là savaient se remettre en question. Et c’est tellement vrai, que l’on trouve sur le marché des bouquin de techniques informatiques basés sur un apprentissage ludique (la série "tête la première" par exemple). Leurs auteurs ont intégré dans leur sujet les recherches en sciences cognitives, en neurobiologie et en psychologie de l’éducation pour offrir un contenu bien plus digeste qu’un docte cours magistral. A quand une telle application dans l’éducation nationale ?

     



  • SciFi SciFi 13 mai 2008 16:17

    @Traroth

    L’informatique existe également en tant que discipline théorique, formalisée depuis le départ par des mathématiciens comme Turing ou Von Neumann, pas seulement en tant que discipline technologique.

    Dijkstra avait l’habitude de dire que "l’informatique est la branche la plus difficile des mathématiques appliquées" ou encore "L’informatique n’est pas plus la science des ordinateurs que l’astronomie n’est celle des télescopes".

     



  • SciFi SciFi 13 mai 2008 15:05

    @5A3N5D

    En ce qui concerne le privilège accordé aux maths au détriment des filières littéraires, je suis d’accord avec vous : il est préjudiciable de substituer l’un à l’autre. Tout le monde n’est pas fait pour les maths (heureusement) et le monde du travail n’est pas constitué que d’emplois pour matheux.

    Cependant, je voudrais apporter quelques corrections à votre commentaire.

    La traduction n’a pas grand chose à voir avec la logique. D’une part, une bonne traduction n’est pas littérale, et d’autre part il n’existe aucun algorithme de traduction fiable. Le génie en maths sera peut-être incapable de faire une bonne traduction et le génie littéraire sera peut-être incapable de faire un bon raisonnement mathématique. Mais il me semble que l’on a besoin des deux catégories de personnes.

    "La logique peut se cultiver autrement que par les mathématiques" : oui, mais les mathématiques imposent de vérifier des hypothèses, de faire des démonstrations rigoureuses, etc. Cela reste extrêmement formateur. Dans des domaines courants, cela permet de repérer les arguments de réthorique par rapports aux raisonnements étayés.

    Par exemple, il est très fréquent que des raisonnements s’appuient sur des statistiques (médias, politiques) : la plupart du temps, elles sont partielles, ou bien les hypothèses qui sous-tendent le raisonnement ne sont pas vérifiées. C’est ce qui fait les querelles de chiffres que l’on entend régulièrement dans les médias. Il serait pourtant assez simple, dans la plupart des cas, de vérifier ces chiffres et ces explications, et de voir s’il y a effectivement une relation de cause à effet, ce que les médias ne font pas.

    Une suggestion que je ferais aux non matheux qui voudraient approcher cette matière sans entrer dans les détails, c’est de lire l’histoire des mathématiques. Cela peut même être fait de façon ludique, au travers d’un roman : "Le théorème du perroquet" de Denis Guedj.

    Enfin : la fraction 22/7 n’est qu’une valeur approchée de Pi, qui lui, n’est pas le quotient de deux entiers (nombre "irrationnel").

     



  • SciFi SciFi 13 mai 2008 13:39

    Tirer une "vérité première" concernant la nation du comportement de quelques personnes vues lors d’un jeu télévisé, il faut le faire ! Ce type de conclusion a peu à voir avec la rigueur d’un raisonnement mathématique.

    C’était pourtant l’objet de votre article, non ?

    L’exemple des factures que vous présentez a pourtant de quoi faire bondir. Ce serait mieux de pouvoir se passer d’une calculatrice pour faire une opération aussi simple. C’est vrai que ce "savoir" se perd.

    Mais, à mon avis, l’enjeu des maths n’est pas là : l’acquisition du raisonnement mathématique est bien plus important que l’aptitude à effectuer des calculs mentaux. A la limite, ceux qui y verront une lacune plus tard, pourront toujours s’entraîner à cette discipline. Pour le raisonnement, la logique et la rigueur, mieux vaut qu’ils soient acquis au plus tôt : ce sont les outils qui permettent de mieux affronter les examens et la vie et pas seulement dans le domaine mathématique.

    D’accord avec le commentaire de Forest : aujourd’hui, on privilégie plus la forme que le fond, la rhétorique et le marketing, plutôt qu’un raisonnement correctement étayé.

     



  • SciFi SciFi 13 mai 2008 13:05

    Le titre et le sous-titre de l’article m’ont intéressé.

    Mais après lecture, je ne parvient pas à percevoir le décalage entre le contenu de la formation SES, très bien décrit et les critiques formulées par les entrepreneurs, qui elles, ne sont pas exposées.

    Que sont exactement ces critiques, ou en quoi les acteurs de l’entreprise ne se reconnaissent pas dans ce programme ?

     

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