C’est toujours un plaisir de vous lire. Je constate que vos articles sont de plus en plus clairs.
Après autant de mauvaises nouvelles en peu de temps (IndyMac et la reprise des dettes des deux principaux fonds par l’état) je me demande comment Bernanke va s’y prendre pour soutenir le dollar.
Très bonne analyse dans cet article clair, argumenté et didactique.
L’explication très naturelle du "simple placement" semble effectivement expliquer beaucoup de choses. Elle paraît être confirmée par les évolutions des cours de bourses (pas par les consensus des analystes, cependant).
Mais y a-t-il un moyen de quantifier l’effet de cette ruée pour vérifier l’explication ?
- Etymologiquement, c’est l’opinion qui va à l’encontre du sens commun. Mais le "sens commun" ne doit pas être confondu avec le "bon sens". Le paradoxe peut être utile dans ce cas, en fournissant une piste de réflexion nouvelle. L’histoire des sciences au sens large est pleine de paradoxes de ce type. Notons au passage que l’aphorisme de Proust n’est jamais mis en défaut, un nouveau système de pensée faisant consensus à la place de l’ancien.
- Le paradoxe peut aussi être ce qui va à l’encontre du bon sens. Ce paradoxe là est visible tous les jours dans l’actualité, comme dans la vie professionnelle. Cela consiste par exemple à adopter un palliatif à une situation, sans prendre le soin de reposer correctement le problème et de trouver une solution "naturelle". Ou encore à demander des améliorations à un système ou une organisation, sans même se poser la question de savoir si toutes les réponses de bon sens ont été épuisées. Le pire c’est que les solutions paradoxales trouvées poseront un autre problème qui sera résolu selon la même méthode. C’est là que le discernement est important.
- Ensuite viennent les paradoxes de logique, qui ne font que traduire les limites de nos constructions formelles.
La première et la troisième catégorie de paradoxes m’ont toujours enseigné quelque chose. La seconde, au moins dans ma profession, est une source d’ennuis et de stress récurrents.
Quand au bon sens, j’ai l’impression que plus les systèmes de pensée deviennent complexes, plus il est oublié. C’est souvent pour cela que la charrue se retrouve devant les boeufs.
Le doute plane depuis longtemps sur le sujet, les uns le minimisent (notamment les opérateurs), les autres insistent lourdement sur le risque.
Comme toujours, il est difficile de s’y retrouver dans les querelles d’experts. Voici un lien qui indique, après avoir fait un état des lieux sommaire des rechercehs, 10 précautions à prendre pour minimiser les risques si problème il y a :
Très intéressant démontage des structures capitalistiques, lourd de sens. La concentration des entreprises est tellement ancrée dans le quotidien, que beaucoup de gens ne s’étonnent pas d’une telle fusion.
Sur des sujets aussi fondamentaux que le gaz ou l’électricité, on ne parle même plus de service public. J’ai bien peur, comme vous le dites, que l’on aboutisse à des offres illisibles du style de celles des opérateurs téléphoniques. On n’entend pas non plus parler de cahier des charges à respecter pour que les infrastructures restent à un niveau correct d’exploitabilité et de sécurité (ou alors je l’ai manqué ?).
L’un des arguments présentés pour la fusion était que le poids de la nouvelle entreprise permettrait d’obtenir de meilleurs tarifs sur le gaz, du fait de volumes plus conséquents. Mais, évidemment, rien ne dit que ces tarifs n’évolueront pas en flèche, comme cela a été le cas pour l’eau.
Au sujet de votre commentaires sur les parlementaires : Eh oui, les parlementaires sont d’abord des "hommes d’appareil" et c’est bien là que le bât blesse : on ne peut pas compter sur eux la plupart du temps pour défendre réellement les intérêts publics (sauf s’ils ont des groupes de pression dans leur circonscription). Dans notre pays un homme politique qui veut parvenir au sommet n’a pas d’autre choix que d’être un homme au service d’un parti. A ce titre, je pense qu’Helios risque dêtre déçu avec ses têtes nouvelles.
Votre article contient bien des questions qui mériteraient une demande publique de comptes au gouvernement et au principal parti d’opposition pour son mutisme.
Il est étrange de constater que nos sociétés ne sont pas comme les bons vins : elles ne s’améliorent pas vraiment avec le temps. Le futur est décidément bien enfumé.