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Senatus populusque (Courouve)

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  • Premier article le 10/06/2005
  • Modérateur depuis le 14/04/2009
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Derniers commentaires



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 15:50

    C’était le cas de Diogène de Sinope dans son tonneau, et maintenant il est renommé.



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 13:01

    « Toutes les sciences ne reposent que sur le fondement général que leur offre le philosophe. » (Frédéric Nietzsche, Fragments posthumes, P I 20b, été 1872 - début 1873, [136])



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 12:45

    Je pense au contraire que cet élément de définition (parmi d’autres) est plus nécessaire que jamais, face au retour du religieux, face à la masse des « infos » que l’on peut trouver sur Inter Net, face à la problématique très actuelle de la liberté d’expression.



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 12:38
    Frédéric Nietzsche, Fragments posthumes, P I 20b, été 1872 - début 1873 :
    [75] : La pensée philosophique peut être décelée au cœur de toute pensée scientifique ; même dans la conjecture. 
    [76] : Il n’y a pas de philosophie en aparte, coupée de la science : on pense pareillement ici et là. 
    [136] : Toutes les sciences ne reposent que sur le fondement général du philosophe. 

    Humain, trop humain (1878),
    II, § 68 : les sciences en plein essor se sont ralliées point par point à la philosophie d’Épicure, mais ont point par point réfuté le christianisme.
    IX, § 630 : l’homme à convictions n’est pas l’homme de la pensée scientifique.
    § 635 : les méthodes scientifiques sont un aboutissement de la recherche au moins aussi important que n’importe quel autre de ses résultats ; car c’est sur la compréhension de la méthode que repose l’esprit scientifique.


  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 16 octobre 2013 12:07
    J’esquisse ici en cinq points une définition de la philosophie :

    1. Un principe général de libre examen impliquant le doute justifié (notamment à l’égard des croyances), la prudence, l’ouverture d’esprit, le recours conjoint à des distinctions (principe de spécification) et à des généralisations (principe d’homogénéité).

    2. Un distinguo (cf l’adage scolastique distinguo - concedo ... nego ..., je distingue - j’accorde - je refuse) et la reconnaissance d’une complémentarité fondamentale entre les vérités de fait et les vérités de raison, entre la vérité-correspondance (l’adaequatio de Thomas d’Aquin) et la vérité-cohérence, entre l’empirique et le rationnel (Thomas Hobbes, Gottfried W. Leibniz) ; en conséquence, la réflexion critique doit porter aussi sur les éléments fournis par l’investigation, sur les données des sens, et requiert la réponse au Quid facti ? (qu’en est-il des faits ?)

    3. La distinction, encore, entre ces vérités et les normes, entre la connaissance, théorique, concrète ou intermédiaire, et la morale. Distinction initiée par Sénèque le Jeune entre ce qui est dans le Ciel (métaphore de l’idéal) et ce qui devrait être sur notre Terre (Questions naturelles). Distinction humienne entre is et ought to, puis plus précisément juridique, kelsenienne, entre sein et sollen, entre ce qui est et ce qui doit (ou devrait) être ; autrement dit, entre la logique et l’éthique.

    4. Ce qui se dégage des œuvres d’auteurs qui, sans s’accorder sur tout, se reconnaissent comme ayant en commun à la fois un niveau de langage, une méthode et des problématiques, ce qui leur permet, en des temps forts de la philosophie, de dialoguer : c’est Aristote répliquant brillamment à Platon, Pascal à Montaigne, Leibniz à Descartes et à Locke, Voltaire à Descartes et à Leibniz, Arthur Schopenhauer à Kant, et alii. ; le domaine de cette reconnaissance mutuelle, c’est le champ, ou l’ordre, philosophique, même s’il y a souvent contestation quant aux strictes frontières de ce domaine, et s’il est, bien évidemment, historiquement et géographiquement évolutif.

    5. La nature de la philosophie se précise enfin agréablement par ses formules et interrogations (liste non limitative) : « Rien n’existe sans raison » (Cicéron) ; « Nul ne vient au plaisir sans passion » (Tertullien) ; « Que sais-je ? » (Montaigne) ; « Se fait-il ? » (Montaigne) ; « Rien de beau ne se fait sans passion » (Montaigne) ; « Je pense, donc je suis » (Descartes) ; « Que dois-je faire ? » (Kant) ; « Pourquoi suis-je moi ? » (Stendhal) ; « Dieu est mort » (Nietzsche) ; « Qu’est-ce qui est bien ? Qu’est-ce qui est mal ? Comment devons-nous vivre ? » (question posée à Tolstoï) ; « Qu’est-ce que l’étant ? » (Martin Heidegger) ; « Qui est l’homme ? » (Heidegger) ; « Pourquoi des philosophes ? » (Jean-François Revel) ; « Qu’est-ce qu’un civilisé ? » (Pierre Kaufmann) – et par leurs explicitations.
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