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Senatus populusque (Courouve)

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  • Premier article le 10/06/2005
  • Modérateur depuis le 14/04/2009
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Derniers commentaires



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 19 novembre 2012 14:28

    L’exception européenne est justifiée par la base conventionnelle d’un Traité qui construit, dans la réciprocité, l’Union européenne et définit la citoyenneté européenne. Un vote de tous les étrangers ne serait basé sur aucun traité, et de plus ferait perdre tout sens à la construction européenne. Pourquoi alors exiger cette réciprocité des seuls États membres de l’U.E., et pas de tous les autres États ?



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 19 novembre 2012 14:22

    Ce projet de faire voter les étrangers est, comme je l’ai montré dans mon commentaire de 12 h 07, en contradiction avec la « forme républicaine du Gouvernement », et avec la notion à valeur constitutionnelle de « peuple français » ; il ne devrait donc pas pouvoir être soumis à référendum. S’il l’était, ce serait contraire à l’article-verrou 89 de la Constitution (comme le serait, dans un autre genre, un référendum sur le rétablissement de la royauté).



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 19 novembre 2012 12:39

    L’étranger élu dans un conseil municipal ne pourrait être maire, mais il participerait directement à l’élection du maire, participant ainsi indirectement à la fois à l’élection des sénateurs et au parrainage des candidats aux élections présidentielles. 



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 19 novembre 2012 12:25

    Depuis que l’on a supprimé le suffrage censitaire, payer des impôts (ou non) ne donne (ni n’enlève) aucun droit de vote. Par ailleurs il est juridiquement déplacé d’invoquer une exigence d’égalité entre étrangers U.E et étrangers hors U.E., sauf à nier toute la construction d’un droit européen.

    Ce vote des ressortissants d’ États hors U. E. ne serait une mesure de justice que si les distinctions Français / citoyens de l’Union Européenne / étrangers n’étaient pas fondées en droit. Ces étrangers, votant déjà, s’ils le souhaitent, dans leurs consulats, par correspondance ou par procuration dans leur pays (tout comme les Français de l’étranger pour les élections françaises) ; ils ne sont donc pas renvoyés de façon discriminatoire à leurs “origines” (comme le prétend le sénateur Leconte) mais à leur appartenance à une communauté nationale étrangère. Ils auraient, si la proposition socialiste était adoptée, double poids ; ainsi certains seraient plus égaux que d’autres, ce qui est hélas déjà le cas avec les doubles nationalités dont notre époque égalitariste s’accommode curieusement … S’il y a une justice à établir, c’est bien la suppression de la reconnaissance de ces doubles nationalités et non leur généralisation de facto à des étrangers présents sur le territoire.

    Il y aurait injustice aussi par rapport aux nombreuses personnes qui ont véritablement et sincèrement souhaité acquérir la nationalité française depuis les années 1960 pour participer à la vie nationale et aux choix engageant l’avenir de notre nation. C’est à tort que l’on évoque le cas d’étrangers ayant des enfants français pour demander ce vote ; les étrangers ayant des enfants naturalisés ont, plus que les autres, vocation à la naturalisation.



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 19 novembre 2012 12:07

    Le vote étranger remettrait en cause :


    * Le concept juridique de « peuple français » (Conseil constitutionnel, décision 91-290 DC du 9 mai 1991, à l’occasion de son rejet comme contraire à la Constitution de la notion de « peuple corse », 13e considérant), distinct de l’ensemble des personnes présentes sur le territoire.


    * La forme républicaine (1) du Gouvernement selon les articles premier, 1er alinéa (“La France est une République indivisible [...]“) et 89, dernier alinéa (“La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision.”) de la Constitution.


    * Le principe de la République : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », selon le 5e alinéa de l’article 2 de la Constitution.


    * la notion d’électeur selon le 4e alinéa de l’article 3 de la Constitution.


    * La portée de la citoyenneté européenne selon l’article 9 de la version consolidée du Traité sur l’Union européenne. La condition de réciprocité pour le vote des ressortissants de l’U. E. aux élections municipales est inscrite à l’article 88-3 de la Constitution.


    1. ‎« forme républicaine » parce que République, res publica, c’est l’affaire du peuple, en l’occurrence celle du peuple français, concept juridique à valeur constitutionnelle selon le considérant 12 de la décision de 1991 citée plus haut.


      Il résulte de tous ces éléments que l’introduction du vote étranger casserait la forme républicaine du Gouvernement, forme qui ne peut être révisée, selon l’article 89 de la Constitution ; ainsi ce vote étranger semble juridiquement impossible. Tout parti prônant un tel vote étranger ne peut donc être dit « républicain ». 

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