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  • Premier article le 24/05/2010
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  • SEPH SEPH 3 juillet 2012 17:45
    Conseil de Guerre de l’OTAN contre la Syrie
    Rick Rozoff

    29 juin 2012

    Mardi 26 juin, à Bruxelles, le Conseil de l’Atlantique Nord – la plus haute instance de commandement du bloc militaire de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), dominé par les États-Unis – doit aborder la question de la Syrie sous l’angle des clauses de son texte fondateur qui, tout au long de la dernière décennie, a été à l’origine de déploiements préliminaires de forces armées conduisant au déclenchement de guerres totales

     
    Ce conseil est constitué des ambassadeurs des 28 États membres, représentant une population totale de 900 millions d’habitants. Ses membres fondateurs comptent trois puissances nucléaires – les USA, la France et l’Angleterre – dont la première s’est autoproclamée unique puissance militaire mondiale.
     
    Jusqu’à la veille de cette réunion, l’OTAN devait examiner une requête de l’un de ses membres, la Turquie, de tenir des consultations conformément aux dispositions de l’Article 4 du Traité de l’Atlantique Nord, qui autorise tout État membre à appeler l’intégralité des membres de l’Alliance à répondre à ce qu’il considère comme une attaque contre sa sécurité et son intégrité territoriale.
     
    Le 25 juin, trois jours après que le chasseur bombardier supersonique F14 eut été abattu au-dessus des eaux territoriales syriennes, la Turquie annonça qu’elle demanderait que l’alliance militaire en réfère à l’Article 5, lequel stipule que « toute attaque armée contre un ou plusieurs États membres en Europe ou en Amérique du Nord doit être considérée comme une attaque contre tous », les alliés de l’OTAN étant alors tenus de « porter assistance à la, ou aux parties ainsi attaquées, en engageant sur le champ, individuellement et en concertation avec les autres parties, toute action jugée nécessaire, y compris le recours à la force armée... »
     
    L’Article 5 avait été invoqué en octobre 2001, pour la première et unique fois en date, et fonde toujours, depuis une dizaine d’années, le déploiement en Afghanistan de troupes des 28 États membres et de leurs 22 partenaires.
     
    L’Article 4 fut invoqué pour la première fois le 16 février 2003, à nouveau par le Conseil de l’Atlantique Nord et à nouveau au sujet de la Turquie, à la veille de l’invasion anglo-américaine de l’Irak. Cela entraîna le déclenchement de l’Opération « Display Deterrence » [déploiement d’une force de dissuasion], et le déploiement en Turquie de cinq batteries de missiles d’interception ’Patriots’ – trois allemandes et deux américaines – ainsi que de quatre appareils de surveillance aérienne AWACS [Airborne Warning and Control Systems : Systèmes aéroportés de Contrôle et d’Alerte], en conjonction avec le Système de Défense Aérienne Élargi Intégré de l’OTAN.
     
    L’OTAN déploya, selon ses propres termes, « 1 000 techniciens spécialisés et extrêmement compétents » pour conduire l’Opération.
     
    Les premiers avions AWACS arrivèrent le 26 février, et trois semaines plus tard l’invasion et le bombardement de l’Irak étaient lancés. Bien qu’il n’y ait eu à l’époque en Irak que 25 millions d’habitants, contre 70 en Turquie, et bien que l’armée turque ait été la plus formidablement équipée de la région – tandis que l’Irak sortait affaibli de huit années de guerre contre l’Iran dans les années 1980, de la campagne de bombardements des États Unis et de leurs alliés en 1991 et depuis, et de douze années de sanctions écrasantes, l’OTAN ne tarissait pas d’éloges sur l’Opération Display Deterrence, qui venait de « tester et prouver la capacité des forces de l’OTAN à répondre immédiatement et avec la force offensive appropriée, à une menace évoluant rapidement contre l’un des membre de l’Alliance ».
     
    Dans quelle mesure un Irak aussi mortellement affaibli avait réellement pu représenter pour la Turquie « une menace évoluant rapidement », cela ne fut jamais précisé.
     
    Les AWACS sortirent sur une centaine de missions et les batteries de Patriots allemandes furent notamment équipées de missiles Patriot Advanced Capability-2, « un missile plus moderne fourni par l’Allemagne » expliqua l’OTAN.
     
    L’Opération prit fin le 3 mai, soit 65 jours après son déclenchement et 45 jours après le début de l’invasion de l’Irak. Pour donner une idée de ce que l’OTAN pourra déclarer à l’issue de cette réunion au sommet, l’Ambassadeur turc de l’époque, auprès de l’OTAN, déclara après avoir invoqué l’Article 4 : « Encore une fois, je tiens à témoigner de la sincère gratitude du peuple et du gouvernement turcs envers la solidarité dont l’Alliance a su faire preuve en renforçant la défense de mon pays en réponse à la dernière crise en Irak. Nous sommes convaincus que, à travers un déploiement d’une force de dissuasion aussi active et collective, l’OTAN a non seulement tendu la main et offert une aide infiniment appréciable à l’un de ses membres en grande difficulté, mais il a aussi prouvé une fois de plus sa crédibilité et sa pertinence, en tant que pierre de touche de la sécurité collective dans la zone Euro-Atlantique ».
     
    La Turquie était alors, tout comme aujourd’hui, présentée comme la victime – « en grande difficulté » qui plus est – tandis que l’Irak, en état de siège et sur le point d’être anéanti, était considéré comme l’agresseur.
     
    La population syrienne se trouve à l’heure actuelle dans la même position que l’Irak à l’époque, sauf que la Turquie est cette fois une nation quasiment trois fois plus grande. La Syrie est isolée et ses forces militaires sont dérisoires par rapport à celles de son voisin turc. Ce dernier peut en outre compter sur le soutien de 27 alliés, au nombre desquels la plupart des plus grandes puissances militaires du monde. Les États-Unis disposent déjà d’environ 90 bombes nucléaires tactiques B61 stationnées sur la base aérienne d’Incirlik, à 35 miles des côtes méditerranéennes de Turquie.
     
    C’est en outre au moins la seconde fois depuis avril dernier que le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan demande l’activation de la clause d’assistance militaire mutuelle de l’article 5 – qui implique le déclenchement d’une guerre. La première ayant eu lieu plus de deux mois avant la destruction du chasseur bombardier turc survenue la semaine dernière.
     
    Le 25 juin, le vice Premier ministre turc Bulent Arinc avait annoncé que sa nation « avait déposé auprès de l’OTAN toutes les demandes requises concernant l’Article 4 et l’Article 5 ».
     
    Selon l’agence de presse Associated Press, il aurait ajouté : « Il est important de comprendre que, dans le cadre légal, nous userons bien évidemment jusqu’à la fin, de tous les droits que nous garantit le droit international. Cela inclut notamment l’auto-défense. Cela inclut aussi toutes les formes possibles de représailles. Cela inclut toutes les sanctions applicables à l’État agresseur en vertu du droit international. La Turquie ne négligera absolument rien en la matière... ».
     
    Les États-Unis et l’OTAN avaient impérativement besoin d’un prétexte pour attaquer la Syrie, et la Turquie, seul membre de l’OTAN frontalier de la Syrie, a toujours été le prétexte idéal auquel recourir pour attaquer une nation arabe.
     
    L’incident de vendredi dernier et la réunion de l’Otan qui y a fait suite, marquent le début du quatrième acte d’une tragédie que le reste du monde n’a que trop peu de temps pour empêcher.
     
     
     
    Traduit de l’anglais par Dominique Arias.
     
    Auteur de nombreux articles très documentés sur les activités militaires des Grandes Puissances occidentales à travers le monde, Rick Rozoff est chercheur et activiste, créateur de l’organisation Stop NATO.

    Stop NATO : site et articles : http://rickrozoff.wordpress.com
     
    Source originale : Global Research
     
    OTAN - Syrie - Turquie


  • SEPH SEPH 3 juillet 2012 16:46
    FORFAITURE

    L’Europe est livrée aux banques tel est le résultat de l’accord du sommet Européen.

    « SEULES LES BANQUES SORTENT VICTORIEUSES DU SOMMET EUROPEEN » les partis de la Gauche Européenne :

    "Les chefs d’État de nos pays reviennent du sommet européen en déclarant bien fort qu’ils ont arraché des victoires pour leurs peuples, des inflexions de la part de la Chancelière Merkel, de Mario Draghi ou de Jean-Claude Junker. Ils auraient, pour la 19ème fois depuis le début de la crise, « sauvé l’Europe ». François Hollande déclare même que l’Europe est « réorientée » dans le bon sens.

    C’est de la publicité mensongère.

    Le projet de pacte budgétaire sort intact de ce qui devait être une « renégociation » et le volet croissance de François Hollande n’a aucune valeur juridique. Qu’elles soient directes ou indirectes, financées par le MES ou non, toutes les soi-disantes « aides financières » seront une nouvelle fois payées par les citoyens européens, via les coupes budgétaires et les attaques aux droits des travailleurs. Toutes les dispositions adoptées au nom de la solidarité avec l’Italie et l’Espagne ne sont que des mesures de socialisation massive des pertes. S’ajoutent la perte de la souveraineté des peuples et le recul de la démocratie parlementaire.

    La vérité est la suivante : les négociations dans l’UE libérale se jouent à 27, mais c’est toujours les banques qui gagnent. Nous appelons toutes les femmes et les hommes de gauche, tous les élu-e-s qui sont dans les parlements, à se mobiliser pour empêcher la ratification de ce pacte funeste dans nos pays.

    Seule une refondation de l’UE peut permettre une sortie de crise. Nous le répéterons tant qu’il faudra : l’austérité amène la récession. Il ne peut y avoir de croissance dans ce cadre. Nous proposons une alternative :

    - une solution européenne pour les insoutenables dettes publiques existantes, qui prévoie une réduction importante de leur volume,

    - changer le rôle et les missions de la BCE pour encourager la création d’emplois et la formation, pas les spéculateurs,

    - créer une nouvelle institution : une banque publique européenne, financée par la BCE et la taxation des transactions financières, dont les fonds serviraient exclusivement a favoriser l’investissement public dans les services publics et le développement industriel durable,

    - harmoniser par le haut les droits des travailleurs et tous les droits sociaux."


    Pierre Laurent
    , Secrétaire National du PCF, Président du PGE (France),
    Alexis Tsipras, Président de Syriza, Vi-Président du PGE (Grèce),
    Paolo Ferrero, Secrétaire national de Rifondazione communista (Italie),
    Cayo Lara, Porte parole d’Izquierda Unida (Espagne),
    Jose-Luis Centella, Secrétaire général du PCE (Espagne),
    Katia Kipping & Bernd Riexinger, Coprésidents de Die-Linke (Allemagne)



  • SEPH SEPH 3 juillet 2012 16:24

    Dans cet accord Hollande a accepté de facto toutes les contraintes du pacte de stabilité. Ainsi les gouvernements de la zone euro perdent la souveraineté de leur budget. Rien que ça !!!!

    La perte de la souveraineté du budget pour une nation signifie la perte de tout pouvoir pour gérer sa politique sociale et économique.

    Cela est excessivement grave, Hollande a abandonner l’indépendance de la France pour un plat de lentilles.

    Les médias se sont bien gardés de mettre en avant ce point qui aurait réveillé les français. Comme d’habitude, c’est en toute catimini que l’UE impose des contraintes ou rogne des droits aux peuples européens.

    Cet accord est une FORFAITURE



  • SEPH SEPH 18 juin 2012 12:13

    @ FRIDA

      Voici quelques infos sur Ignace Leverrier :

      Ancien diplomate, il aurait travaillé à Damas de 2001 à 2007.
      En tous cas il œuvre pour le quai d’Orsay,il avait une rubrique dans le monde »un oeil sur la Syrie » sorte de mauvais oeil qui veillait à distiller le poison. 


      Il est aussi rédacteur au magazine Moyen Orient.Son parcours se confond assez avec celui d’un autre personnage nommé Vladimir Glasman lui aussi à travailler à l’IFAPO (Institut français d’archéologie du Proche-Orient) de Damas et y aurait fait un travail remarquable…… au point d’être récompensé ?. Par ailleurs , Ignace est un prénom curieux !!

      En fait, Leverrier s’appellerait Wladimir Glasman !! (d’où son pseudonyme qui renvoie à une traduction approximative de l’allemand « der Glasmann »).

    Wladimir GLASMAN, Universitaire, anciennement détaché auprès du Ministère des Affaires Étrangères en Syrie et au Moyen-Orient :

      • C’est un universitaire à la base. Il est bon arabisant. Il a été en poste à l’ambassade de France à Damas de 2001 à 2007.

      • Ses autres postes étaient à Ryadh, Amman, Alger. Il a laissé un fonds à l’IFPO ( Institut Français du Proche-Orient )  de Damas sur l’actualité (Wikipédia le décrit comme un ancien bibliothèque de l’IFPO, étrange vu ses responsabilités à la chancellerie de l’ambassade).

      • C’est un ami de l’opposition syrienne. Effectivement, son blog est une tribune de soutien à l’opposition.

      • Il intervient dans des conférences hostiles à la direction syrienne.




  • SEPH SEPH 17 juin 2012 22:14
    Syrie : Le Frankfurter Allgemeine Zeitung confirme. Les rebelles sont responsables du massacre de Houla

    Rainer Hermann


    La presse française, ou des experts français comme l’ancien diplomate Ignace Leverrier qui tient le blog Un Oeil sur la Syrie sur le site du journal Le Monde, continue d’imputer aux troupes régulières et aux milices syriennes pro-Assad le massacre de Houla. Pourtant, en Allemagne, le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung en donne une version très différente. Et depuis la parution de ce premier article signé Rainer Hermann, le site Medialens, équivalent britannique d’Acrimed, signale que la BBC est revenue en partie sur ses accusations. Cependant, le doute subsiste – Rainer n’est pas allé en Syrie lui-même disent ses détracteurs – Il revient donc sur son premier article et accentue la cohésion de son argumentation en répondant aux questions légitimes que ce massacre atroce et sa recension dans les médias suscitent. Nous relayons ici l’intégralité de son analyse, et saluons la continuité de son travail.

    Encore une fois, il s’agit ici d’établir les faits les plus proches possible de la réalité vécue par les syriens afin de sauver la paix. Le peuple syrien a bien vu comme nous tous le résultat violent des ingérences au Kosovo, en Afghanistan, en Irak et en Libye. Le prétexte humanitaire servi aux médias masque mal la réalité du terrain et les intérêts en jeu : Ces interventions intéressées sont avant tout militaires et ne font que semer la mort et la destruction, toujours précédées puis accompagnées d’une propagande médiatique effrénée et partisane qui assomme les citoyens du monde entier. A Houla, la vérité n’est pas établie, et la division des membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU se retrouve dans les termes âprement discutés de ses déclarations successives à propos de ce massacre, porte ouverte à toutes les interprétations dont les médias ne se privent pas, comme le laisse aussi entrevoir l’auteur. Il est urgent de déposer les armes.


    Syrie : Une élimination
    Article paru dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 13 juin 2012

    Traduction Corto pour ReOpen911

    Le massacre de Houla marque un tournant dans le conflit syrien. Le public occidental accuse l’armée syrienne, en s’appuyant sur les observateurs des Nations-Unies. Cette version peut être mise en doute parce qu’elle repose sur des rapports de témoins oculaires. Selon elle, ce sont des civils insurgés sunnites qui ont été tués.

    par Rainer Hermann

    Le massacre de Houla a constitué un tournant dans le drame syrien. L’indignation mondiale a été énorme quand le 25 mai dernier, 108 personnes ont été tuées, dont 49 enfants. Des appels en faveur d’une intervention militaire se sont répandus pour mettre fin à l’effusion de sang, et en Syrie, la violence a dégénéré depuis, irrésistiblement. Presque unanimement, soutenue par les réseaux de diffusion d’information arabes et la visite des observateurs des Nations-Unies le jour suivant, l’opinion mondiale a accusé du massacre l’armée syrienne régulière et les milices de Schabiha proches du régime.

    Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a remis en question la semaine passée cette version basée sur des rapports de témoins oculaires. Il a informé que les civils tués étaient alaouites et chiites. Ils ont été tués à Taldou, une ville de la plaine de Houla, visée par des sunnites armés, pendant qu’autour de la localité des combats intenses avaient lieu pour contrôler des rues entre l’armée régulière et des unités de l’armée syrienne libre. Cette description a été reprise universellement par beaucoup de médias et a été rejetée par beaucoup [d’entre eux] comme peu digne de foi. A partir de là se posent quatre questions : Pourquoi à ce jour l’opinion mondiale suit-elle une autre version ? Pourquoi le contexte de la guerre civile rend-il plausible la version mise en doute ? Pourquoi les témoins [de cette version] sont-ils crédibles ? Quels autres faits soutiennent [cette] version ?

    Premièrement, pourquoi à ce jour l’opinion mondiale suit-elle une autre version ? Les premiers mois du conflit, quand l’opposition n’était pas encore alimentée en armes et sans protection, toutes les atrocités mises sur le compte du régime étaient incontestées. On suppose donc que cette situation perdure. Et de plus, les médias d’Etat syriens ne jouissent plus d’aucune crédibilité. Depuis le début du conflit, ils utilisent « comme des moulin à prières » les formules toutes faites du style « groupes de terroristes armés ». Ainsi personne ne les croit plus lorsque, pour une fois, c’est vraiment le cas. Ce sont les chaines satellitaires arabes Al Jazeera et Al Arabia qui a contrario sont devenues les médias grand-public. Elles appartiennent au Qatar et à l’Arabie Saoudite, deux Etats qui participent activement au conflit. Ce n’est pas sans raison que les allemands connaissent bien le dicton "à la guerre, c’est d’abord la vérité qui meurt".

    Deuxièmement, pourquoi le contexte de la guerre civile rend-il plausible la version mise en doute ? Au cours des derniers mois, beaucoup d’armes ont été acheminées en contrebande vers la Syrie, les insurgés disposent depuis longtemps d’armes de moyen calibre. Chaque jour, plus de 100 personnes sont tuées en Syrie, les morts se tenant des 2 côtés de la balance. Les milices enrôlées sous la bannière de l’armée syrienne libre contrôlent les provinces d’Homs et Idlib en grande partie, et étendent leur domination à d’autres parties du pays. L’anarchie qui se répand a mené à une vague d’enlèvements criminels, en outre, elle exonère de devoir tenir une comptabilité publique [des victimes]. Tant celui qui parcourt Facebook que celui qui parle avec des Syriens connaît des histoires tirées du quotidien à propos de « nettoyages confessionnels », des gens qui sont tués seulement parce qu’ils sont Alaouites ou Sunnites.

    La plaine d’Houla, principalement habitée par des Sunnites, qui se trouve entre la ville sunnite d’Homs et les montagnes alaouites, est chargée d’une longue histoire de tensions confessionnelles. Le massacre s’est produit dans Taldou, l’un des plus grands hameaux de Houla. Les noms des 84 civils tués sont connus. Il s’agit des pères, des mères et de 49 enfants de la famille al Sajjid et des deux branches de la famille Abdarrazzaq. Des habitants de la ville témoignent que les Alaouites tués sont des musulmans qui se sont convertis de l’Islam sunnite à l’Islam chiite. Eloignés de quelques kilomètres de la frontière libanaise, ils se rendent suspects de sympathies pour le Hezbollah détesté des sunnites. En outre, on compte parmi les victimes les membres qui résidaient à Taldou de la famille d’Abdalmuti Mashlab, député du parlement fidèle au régime.

    Les appartements des trois familles se trouvaient dans différentes parties de Taldou. Les membres des familles ont été visés et tués à une exception près. Aucun voisin n’a été même simplement blessé. La connaissance des lieux était une condition préalable à ces « exécutions » bien préparées. L’agence de presse AP a cité l’unique survivant de la famille al Sajjid, Ali, un enfant de 11 ans, avec ces mots : « les auteurs étaient tondus et avaient de longues barbes ». Cela ressemble aux jihadistes fanatiques, pas aux milices de la Schabiha. Il a survécu parce qu’il a fait le mort et s’est enduit avec le sang de sa mère, a déclaré le jeune garçon.

    Les rebelles sunnites mettent à exécution la « liquidation » de toutes les minorités

    Dés le 1er avril, Mère Agnès-Mariam de la croix, du cloître jacobin (« Deir Mar Yakub ») qui se trouve au sud d’Homs dans la localité de Qara, décrivait dans une longue lettre ouverte le climat de violence et de peur dans la région. Elle arrive à la conclusion, que les rebelles sunnites ont mis en oeuvre une liquidation graduelle de toutes les minorités ; elle décrit l’expulsion des chrétiens et des alaouites de leurs maisons par les rebelles, et le viol de jeunes filles qui sont remises aux mains des rebelles comme des « butins de guerre » ; elle a été témoin oculaire, lorsque des rebelles dans la rue Wadi Sajjeh, suite au refus d’un commerçant de fermer son magasin, le tuèrent dans un attentat à la voiture piégée, puis lorsque devant une caméra d’Al Jazeera ils déclarèrent que c’était le Régime qui avait commis cet acte. Enfin, elle décrit comment des rebelles sunnites bloquèrent dans le quartier de Khalidijah à Homs des otages alaouites et chrétiens dans une maison et comment ils la firent sauter, pour expliquer ensuite que c’était un crime atroce du régime.

    Pourquoi les témoins oculaires syriens peuvent-ils dans ce contexte être considérés comme dignes de foi ? Parce qu’ils n’appartiennent à aucun camp du conflit, mais se trouvent entre les fronts. Ils n’ont aucun autre intérêt que de tenter encore d’arrêter l’escalade sans fin de la violence. C’est dans leur entourage que plusieurs personnes viennent juste d’être tuées. Et en conséquence, personne [parmi eux] ne va révéler son identité. Cependant, nous ne pouvons pas avoir la certitude que tous les détails se sont produits exactement comme ils sont décrits, à un moment où un contrôle indépendant de tous les faits sur place et dans leur déroulement n’est pas possible. Et bien que le massacre de Houla se soit produit selon la version décrite ici, aucune conclusion ne peut en être tirés pour d’autres atrocités. Comme par le passé au Kosovo, chaque massacre devra être examiné séparément après cette guerre.

    Quels autres faits soutiennent cette version ? Le F.A.Z. n’a pas été le premier à informer d’une nouvelle version du massacre de Houla. Simplement, les autres rapports n’ont pu trouver leur place à contre courant des grands médias généralistes. Le journaliste russe Marat Musin (1), qui travaille pour la petite agence de presse Anna, s’était arrêté les 25 et le 26 mai dans Houla. Il a été en partie témoin oculaire, et a publié les déclarations d’autres témoins oculaires. En outre, le journaliste néerlandais indépendant spécialiste des questions arabes et vivant à Damas Martin Janssen a pris contact après le massacre avec le cloître jacobin à Qara, qui dans le passé a recueilli beaucoup de victimes du conflit et dont les nonnes se sacrifient dans leur action humanitaire.

    Des rebelles ont décrit leur version du massacre à des observateurs des Nations-Unies

    Les nonnes lui ont décrit comment, lors de ce 25 mai, plus de 700 rebelles armés, arrivés de Rastan, se sont emparés devant Taldou d’un poste de contrôle de l’armée, comment ceux-là après le massacre ont empilé les cadavres des soldats et des civils tués devant la mosquée, et comment ils ont raconté le jour suivant leur version du massacre prétendu de l’armée syrienne aux observateurs des Nations-Unies devant les caméras des télévisions favorables aux rebelles. Le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon a annoncé le 26 mai lors du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, que les circonstances exactes n’étaient pas claires. Cependant les Nations-Unies furent quand même en mesure de déclarer "qu’il y a eu des tirs d’artillerie et de grenades. En outre, il y a eu d’autres formes de violence, parmi lesquelles des coups de feu à bout portant et des sévices sérieux".

    Nous pouvons reconstituer le déroulement suivant des faits : après la prière du vendredi 25 mai, plus de 700 [rebelles] armés sous le commandement d’Abdurrazzaq Tlass et Yahya Yusuf, répartis en trois groupes qui venaient de Rastan, Kafr Laha et Akraba, ont attaqué trois postes de contrôle de l’armée autour de Taldou. Les rebelles bien supérieurs en nombre et les soldats (la plupart également sunnites) se sont livrés à des combats sanglants au cours desquels deux douzaines de soldats, principalement des engagés volontaires, ont été tués. Pendant et après les combats, les rebelles ont éliminé, aidés par des habitants de Taldou, les familles Sajjid et Abdarrazzaq. Celles-ci avaient refusé de se joindre à l’opposition.

    Rainer Hermann

    original : http://www.faz.net/aktuell/politik/arabische-welt/syrien-ein...

    traduction : http://www.reopen911.info/News/2012/06/17/syrie-le-frankfurt...

    Note de la rédaction :

    (1) Le journaliste Marat Musin a aussi confirmé la présence d’officiers français sur le sol syrien, capturés par l’armée régulière et qui ont fait l’objet de négociations dont les termes sont restés secrets pour leur expulsion via le Liban.

    Source  : http://www.legrandsoir.info/syrie-le-frankfurter-allgemeine-zeitung-confirme-les-rebelles-sont-responsables-du-massacre-de-houla.html

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