33 ans, travaillant dans le commerce des énergies renouvelables et diplomé en Biologie, je suis un globe-trotteur dans l'âme et me passionne pour la Chine, le Japon, les logiciels d'échange en P2P, le DIY, ainsi que la diffusion du savoir sur Internet.
Ah oui... Pour finir, je suis également un incorrigible Breton :-p
Mais aussi le fait que ceux qui essaient de la jouer « réglo » finissent par s’épuiser à force de tenter de gagner leur vie et travailler sans arnaquer celui qui est en face et en maintenant un minimum de conscience professionnelle...
Bien entendu après quelques mois ils se rendent comptent que les dés sont pipés et qu’à moins de franchir la ligne rouge il est impossible de gagner sa vie dans ce métier.
Du coup une partie abandonne ses principes et deviennent des escrocs...
Alors que l’autre abandonne ses illusions et se fait virer par manque de résultats.
Je précise que je me suis retrouvé dans la seconde catégorie mais que je me suis tout de même arrangé pour m’incruster aussi longtemps que possible (inventer des excuses pour ne pas se faire virer alors qu’on n’a que peu de résultats et qu’on refuse de cloquer des petits vieux facilement influençable est tout un art, vous pouvez me croire)...
Faut me comprendre, j’avais un CV à me forger.
Par contre l’expérience acquise n’a pas de prix !... Quand vous avez vu ce que j’ai vu et vécu ce que j’ai vécu, le commerce n’a plus de secrets pour vous !
Maintenant au moins je comprend pourquoi on dit que les meilleurs commerçant sont tous un peu voleurs... C’est juste la taille du « un peu » qui varie en fonction de la boite
Malheureusement la société en question aurait tôt fait de me trainer en justice s’il me venait l’idée de la désigner trop précisément...
A noter cependant que je dispose toujours des noms de quelques personnes qui seraient disposées à témoigner en ma faveur si le pire devait se produire.
Néanmoins le terme « goret » par lequel les responsables avaient l’habitude de désigner les commerciaux derrière leurs dos devrait suffire à identifier la société à laquelle je fais référence.
...Et dire que ces idiots pensaient que nous étions dupes et que nous ne nous doutions pas de la façon dont nous étions qualifié par nos responsables...Quelle bande de crétins imbus d’eux-même !
Quant à la méthode de vente... Ça m’évoque trop furieusement certains souvenirs pour que ça ne puisse pas être ça...
Mais juste pour que vous compreniez mieux, au sein de ce genre de boite, un vocabulaire particulier avait cours...
Ainsi un client était « une tomate » (comprendre « une bonne poire »)... Un commercial était « un goret »... Un client mécontent était « une torche »... Etc...
C’est vous dire le respect de l’être humain au sein de ces glorieuses institutions qui pour forcer la main des pigeons avaient recours à des D.O. (Demande d’Opportunité) consistant en une mascarade théâtrale visant à faire croire par coup de fil interposé qu’une opportunité de remise était disponible là, maintenant, tout de suite... Et que le client devait dire oui ou non sur l’instant sans réfléchir.
Pour info, la remise est toujours la même et systématiquement proposée... Soit pour forcer la main de « la tomate »... Soit pour conforter la vente et le dissuader de se rétracter (parce que sinon il perd la remise).
Il faut comprendre que le boulot du commercial est d’hypnotiser le type en face en lui faisant gober l’idée que le produit qu’on lui propose est le meilleur et qu’en plus il en a désespérément besoin (ce qui la plupart du temps est totalement faux !).
L’objectif est de répondre à chacune des objections du pige... Heu... Du prospect, en le maintenant dans ce que l’on appel « l’entonnoir de la vente » afin de l’amener à la fin sur la seule objection qu’il reste.
A savoir : Le Prix !
C’est pour cela qu’il sera important pour le commercial que tous les décisionnaires soit là lors de sa visite afin de ne pas se retrouver face à la seule objection à laquelle il ne peut pas répondre : « il faut que j’en parle à ma femme / mon mari / mon chat / ma belle-mère / etc... On voit ça et on vous rappel demain... »
Là le commercial est niqué... Il peut remballer ses affaires et dire au revoir... Autant dire que la vente est baisée, parce que dans ce cas là « la tomate » peut entretemps se rendre compte que le commercial a essayé de lui refourguer de la merde à un prix indécent.
Bref... Tout ça pour dire qu’il faut à la fin la seule « objection » qui reste à « la tomate » doit être le prix et que la D.O. doit être là pour casser ce dernier obstacle et arracher le bon de commande.
Reste ensuite au « goret » à « conforter la vente » en revenant voir « la tomate » afin de le dissuader de se rétracter avant que ne se termine le délai prévu par la loi Scrivener.
Une fois les 7 jours passés, tout le monde à l’agence peut souffler car l’affaire est officiellement dans le cul de l’âne...
Reste plus qu’a trouver un autre pigeon afin de pouvoir atteindre l’objectif (inatteignable bien entendu) que votre responsable d’agence vous a fixé en début de mois.
Pour avoir travaillé dans le domaine de la vente aux particuliers au sein d’une société bien connue pour ses méthodes de vente peu scrupuleuses (les initiés reconnaitrons...), le témoignage que vous apportez me parle tout à fait et je corrobore totalement vos déclarations...
Ceci étant une précision importante est à effectuer...
Si la société à laquelle vous faites allusion est bien celle à laquelle je pense, il est important de préciser que cette dernière ne peut continuer à fonctionner qu’en s’imposant un turn-over très important afin de renouveler le stock de commerciaux qui malgré un formatage et un endoctrinement des plus serrés, finissent (lorsqu’ils ont une conscience) par se révolter contre ce système qui exige de leur part ni plus ni moins que d’escroquer les personnes qu’ils ont en face.
Bien entendu, cette incitation ne sera jamais directe, mais très fortement suggérée par des biais détournés (via leur responsables commerciaux, véritables âmes damnées du directeur d’agence et qui eux par contre présenteront les choses de manière beaucoup plus crues avec démonstration live à l’appui... Je peux en témoigner...).
Après, deux évolutions possibles pour le commercial :
1- Un sursaut de conscience (ça c’est moi...) entrainant une résistance passive dans son travail qui lui fera plonger son résultat (souvent d’ailleurs parce qu’il préviendra par un petit coup de fil discret son client concernant les dessous du produit que son responsable lui avait vanté la veille)... Le licenciement pour défaut de résultat est bien entendu au bout du chemin, mais on peut toujours gagner un ou deux moins de salaire en donnant le change et en promettant à son responsable que ce n’est qu’une petite baisse de régime passagère... (à escroc, escroc et demie !... )
2- Il se découvre l’âme d’une vraie crapule prêt à toutes les bassesses et tous les coups de putes pour amasser de la caillasse à la fin du mois. Ainsi pendant un ou deux ans, notre ami (qui finira certainement responsable commercial) mènera la belle vie en sortant en boite avec ses collègues qui lui proposeront des « concours du meilleur commercial » avec soirée tous frais payés en compagnie d’une demie douzaine de putes offerte au vainqueur (véridique !). Ceci bien entendu sous les félicitations du directeur d’agence et du directeur régional qui ne seront bien évidement absolument pas dupes des véritables méthodes employée par notre fier et valeureux goret, mais qui fermeront les yeux tant que les clients mécontents de s’être fait arnaqués n’auront pas saisi la justice... A partir de ce moment là par contre, le commercial qui jusqu’ici était poussé à vivre grand train et à croire qu’il faisait partie d’une équipe (voire d’une famille !) qui caressait auparavant sa vanité et son narcissisme dans le sens du poil, va soudainement découvrir que les amis qu’il croyait avoir n’en ont jamais été et que la société qui lui avait ménagé un nid douillet et cotonneux ajoutera sa propre plainte à celle du client dans un effort pathétique pour sauver sa propre réputation (« Cet homme a trahi la confiance que nous avions placé en lui !... Jamais nous n’aurions pu penser que [...] »). Je vous passe l’hypocrisie des responsables qui à se moment là se feront (comme des gros faux-culs) les apôtres d’une vertu qu’ils n’avaient jusque là jamais prêché, bien au contraire !
...
Bref !... Tout ça pour dire que pour qu’un tel système marche, il est nécessaire de recruter parmi une population de désespérés, sans trop de plomb dans la tête et qui seront disposés devant le succès facile à faire une croix sur leurs scrupules... Les banlieues déshéritées sont malheureusement pleines de ces âmes damnées suffisamment désespérées pour croire une fois le frigo plein et le compte en banque en positif que leur galère est terminée et que la belle vie les attend. Pour peu que leur philosophie de vie soit de niquer son prochain, tirer les gonzesses et accumuler de la caillasse, alors ils constituent des recrues idéales dont il suffira de flatter la vanité pour leur faire faire n’importe quoi...
Ces pauvres êtres se mettront alors à truander leur prochain et à se couper du reste de l’espèce humaine tout en se donnant bonne conscience et en ne réalisant pas que le système qui les a piégé les remodèles progressivement en une sorte de pseudo être humain dont l’âme a été depuis longtemps souillée par les considérations bassement matérialistes que leur nouvel environnement les encourage à nourrir et satisfaire.
Ne leur jetez cependant pas la pierre car ces malheureux individus finiront un jour par se réveiller au moment ou leur tête s’encastrera dans le mur de la réalité, leur faisant alors misérablement prendre conscience du vide abyssal qu’est devenue leur existence.
La reconversion de ces anciens « gagnants à qui tout souriait » sera alors d’autant plus difficile qu’il leur faudra avant de pouvoir ré-embrayer sur une profession digne de ce nom, désapprendre toute la merde qui leur aura été déversée dans le crâne par leurs formateurs...
Je conclurai en précisant que pour ma part, je vois dans le parcours de ce type d’individu une parabole de notre société qui glorifie l’image, les apparences et le faire paraitre tout en oubliant la réalité du monde qui nous entoure... La crise économique et morale qui balaye actuellement l’occident sera ainsi le salutaire clou du cercueil d’une période que les historiens futurs catalogueront à n’en pas douter comme ayant sa juste place au sein des poubelles de l’histoire...
D’ici là, si jamais un jour, vous voyez sonner à votre porte un jeune loup aux dents longues et habillé comme s’il allait à un mariage, évitez de lui ouvrir et surtout ne le croyez pas lorsqu’il vous assure qu’il est là pour vous rendre service et vous annoncer qu’il veut vous aider à faire des économies.