Imaginez que pour une question d’équité, on incite les banques à s’exposer davantage sur la dette grecque. Imaginez ensuite que la crise s’étende ou un défaut de la Grèce sur sa dette. Qui paiera pour éviter aux banques surexposées la faillite ? Vu que ce ne sont pas les Grecs, ce sera vous et ce sera moi. Et si nous ne pouvons pas payer, eh bien les banques vont faire faillite en provoquant comme dans un jeu de dominos la faillite des entreprises françaises qui mettront elles-mêmes en faillites les artisans et commerçants lesquels ne pourront plus rien vendre vu que tout le monde sera au chômage.
Donc, il faut être sérieux, le désir de justice est une chose, la prudence en est une autre et on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis, ceci quand bien même la rudesse du siège qu’elle nous offre, nous aurait fait la prendre en horreur. Car on est toujours mieux sur la branche quà flotter dans les airs en attendant l’impact de notre cul avec le sol, surtout si cet impact doit nous coûter la vie...
Quand on a rien a perdre, c’est sûr que l’on ne craint pas la crise. Mais la France n’est pas majoritairement peuplée de SDF que je sache ?! Parce qu’à part ceux qui n’ont strictement RIEN, sinon les vêtements qu’ils portent, PERSONNE ne peut se croire à l’abri d’une nouvelle crise comme celle des subprimes. Vous pourriez perdre votre emploi, vous pourriez perdre vos allocations chômage, vos aides sociales, vous pourriez perdre votre logement ou le droit à y vivre. Le peu dont vous jouissez, si misérable vous semble-t-il, vous pourriez quand même le perdre si les banques faisaient faillite après un défaut sur la dette grecque. La sécurité sociale ? Terminé ! Votre emploi de fonctionnaire ? Terminé ! Vous seriez dans la rue à pleurer et hurler comme les Grecs en sachant que PERSONNE ne viendra à votre secours. P E R S O N N E !
Oui mais qu’adviendrait-il si les Français étaient à ce point lassés de Sarkozy qu’au cours la campagne Borloo lui passait devant et de ce fait, au lieu d’être troisième, le président de la république se retrouvait quatrième. Au profit de qui jouerait alors le vote utile de la droite : de Borloo ou de Sarkozy ?
De Borloo c’est probable, sans compter que celui-ci se sentirait alors en droit de demander au président de se retirer de la course afin ne pas favoriser une possible présence de le Pen au second tour. Quel drame pour Sarkozy car on ne voit pas trop comment il pourrait faire autrement que de jeter l’éponge.
Et l’on imagine d’ailleurs aisément les cris d’exubérance de la foule le jour où Sarkozy annoncerait piteusement son retrait. Pauvre homme, quelle humiliation ce serait pour lui, Carla et le nouveau né !
Je ne sais pas quel travail vous faites pour vivre, mais si vous y tenez et que vous n’affectionnez pas davantage que moi l’idée de faire vivre votre famille dans la rue, alors au lieu de les dénigrer, remerciez plutôt ceux qui, comme le directeur adjoint du FMI, veulent vous préserver des conséquences désastreuses qu’une gestion purement idéologique de la crise grecque pourrait avoir.
Car, comprenez bien que ce qui nous pousse à ne pas vouloir impliquer davantage les banques, c’est la crainte comme le dit John Lipsky, de fragiliser les établissements bancaires au risque de provoquer un nouvelle crise systémique à la suite de celle des subprimes.
Le problème ici posé n’est donc pas de savoir s’il serait plus équitable d’impliquer davantage les banques, mais si cela serait PRUDENT !!! Une nouvelle crise systémique nous laisserait cette fois vraiment, mais alors VRAIMENT sur les genoux.
Encore une chose : Mélenchon aspire à une alliance de gouvernement avec le PS en cas de victoire. S’il savait par conséquent que sa défaite est inéluctable et que par son désistement il peut éviter d’entraîner avec lui le PS, alors il se désisterait quoi qu’il en dise et quoi qu’en pensent les naïfs. S’il agissait autrement et que le candidat PS l’emportait quand même, c’en serait alors fini de l’alliance avec le PS. Les socialistes refuseraient de passer des accords avec le front de gauche pour les législatives et se tourneraient vers les centristes, marginalisant ainsi le front de gauche comme le FN.
Mélenchon n’est pas un imbécile, il sait que les socialistes ont les moyens de le détruire et il se désisterait donc.