Vous parlez du juif Stanley Fischer comme d’un sioniste. Certes, on peut imaginer que s’il vit en Israël, c’est qu’il est effectivement plus ou moins favorable à l’existence de ce pays, ce qui fait de lui par la force des choses, un tenant du sionisme. Cependant, je remarque que quand vous parlez d’Obama, de Merkel, de Sarkozy voire de Hu Jintao, le mot « sionistes » n’est pas le premier qui vous viennent à l’esprit pour les qualifier. Pourtant, ces individus défendent eux aussi le droit d’Israël à exister, ce qui fait d’eux des partisans du sionisme.
Si les Juifs sont les seuls à être qualifiés par vous de sionistes, ne serait-ce pas simplement parce que vous employez le mot sioniste à la place du mot juif ? Et de cette façon, il vous est loisible de les stigmatiser sans tomber sous le coup de la loi...
Ceci d’autant plus que ce Stanley Fischer ne s’est pas fait connaître par son militantisme sioniste fervent et on ne voit pas trop bien ce qui pourrait justifier de le désigner ainsi, à part bien sûr pour éviter l’emploi du mot juif.
Je disais dans un commentaire à l’intention de Gaijin ci-dessus que la vie qui est en nous n’est pas apparue il y a de cela 100.000 ans avec l’humanité, elle est née en réalité il y a de cela plus de 3,5 milliards d’années dans l’océan. Et si nous existons aujourd’hui, c’est parce que cette vie qui est passée par de multiples formes au cours de ces milliards d’années d’évolution ne s’est JAMAIS éteinte. Cela veut dire qu’elle a traversé TOUS les drames qui ont touchés cette planète depuis le commencement de la vie et a toujours survécu jusqu’au jour où elle a pris la forme des humains que nous sommes. Rendez-vous compte que nos ancêtres ont connu la catastrophe qui a causé l’extinction des dinosaures et qu’ils l’ont traversé. Combien de nos ancêtres sont morts dans la chute de cet astéroïde ? Quel apparence avaient-ils d’ailleurs et combien de femelles et de jeunes sont mort dans le feu, les hivers et les famines qui ont dû résulter de la chute de l’astéroïde ? Et pourtant, nos ancêtres ont survécu, ils ont continué d’évoluer et nous voilà aujourd’hui ici en cet instant. NOUS SOMMES DES SURVIVANTS !
La question qui se pose dès lors à nous est : Comment allons nous faire pour que la vie dont nous avons hérité, cette vie qui a su traverser victorieusement tant de tragédies, se perpétue encore 3,5 autres milliards d’années. Cela paraît inimaginable, mais c’est possible puisque nos ancêtres l’ont fait ! Toute la question est de savoir ce que nous devons faire pour y parvenir.
Et vous me parlez donc d’un idéal de développement humain où chacun pourrait subvenir à ses besoins et où ce système économique libéral qui nous inspire division et compétition à outrance serait éradiqué. Le problème voyez-vous, c’est que le jour où Darwin s’est mis en tête de décrire les lois qui régissaient l’évolution des espèces, il s’est rendu compte que d’autres scientifiques les avaient déjà parfaitement décrites avant lui. Ces scientifiques étaient les théoriciens du libéralisme et curieusement, ces gens n’avaient pas pris pour sujet d’étude les espèces animales en compétition pour leur survie, mais des acteurs économiques humains en compétition eux aussi pour leur survie. Cela signifiait que les humains, sans même le savoir,
avaient repris
exactement les mêmes lois pour fonder leurs relations économiques que celles qu’avait choisies la nature depuis l’aube de la vie sur Terre.
Pourtant, vous estimez que le respect des règles du libéralisme économique qui ne sont finalement que l’adaptation à la société humaine de la loi de la jungle, c’est-à-dire la loi de la nature qui nous a enfantés, sont bonnes à jeter au panier parce qu’elles ne respectent pas votre idéal où chacun vivrait heureux dans un monde de prospérité mutuelle. Mais qui sommes nous dites-moi pour nous croire, du haut de nos 100.000 petites années d’existence, en droit de remettre en question les règles d’un jeu vieux de 3,8 milliards d’années ?
Vous êtes vous demandé pourquoi la nature une fois qu’elle a eût colonisé tous les espaces terrestres colonisables à continué d’évoluer et de créer sans arrêt de nouvelles espèces entrant en compétition avec les anciennes et forçant celles-ci à évoluer ou à disparaître ? Pourquoi la nature n’a pas arrêté son évolution pour permettre à toutes les créatures de la Terre de vivre enfin en bonne harmonie sans que constamment, une nouvelle espèce née de l’évolution ne vienne chasser une autre de sa niche écologique ? C’eût été pour la nature un idéal aussi noble que le vôtre, néanmoins la nature n’en a pas voulu. Elle a préféré un monde fait de violence et de compétition à outrance ou le plus faible était inexorablement forcé d’évoluer ou de disparaître. Des observateurs aussi mal inspirés que vous auraient pu penser que la vie courrait à sa perte en poursuivant cette compétition inutile et dispendieuse en énergie. Mais 3 milliards 800 millions d’années plus tard, nous sommes toujours là. Aucune crise si grande soit-elle n’est venu à bout de nous !...
Aussi étrange que cela paraisse, suivre la loi de la jungle est par conséquent la meilleure assurance que l’humanité puisse se donner de survivre.
Je vous ai lu avec intérêt et j’admets que votre idéal du progrès humain où l’homme se veut simple ingénieur de la biosphère dans le respect de la nature est très noble. Mais ce n’est malheureusement que votre conception personnelle du sens de la vie. Le problème c’est qu’il n’est écrit nulle part que c’est à cela que doit se limiter notre existence. D’aucuns verraient sans doute plus volontiers l’humanité comme un vecteur probable de la vie terrestre dans et au-delà du système solaire, plutôt que comme le simple ingénieur de la biosphère dont la Terre s’était très bien passée jusqu’ici. Alors, que pour ce qui est de s’arracher du sol terrestre, la vie jusqu’à présent n’avait pas pu l’envisager aussi sérieusement que nous.
Tout le problème voyez-vous, c’est finalement de donner à la vie et au progrès humain un sens qui vaille pour tous. Or des vérités universelles, il n’y en a pas des masses. La seule chose qui paraisse constante dans l’histoire de la vie et même dans l’histoire de l’Univers, c’est cet étrange mouvement de fuite vers la complexité qui anime toute chose. De la naissance de la matière à l’apparition des étoiles, puis des planètes, de la vie et finalement de nous, on ne peut distinguer en cet univers qu’une seule constante, c’est ce que l’on nomme le progrès ou la fuite vers la complexité. C’est en se complexifiant à l’infini que la matière (pas seulement vivante) semble être parvenu à contenir l’inexorable dégradation de l’énergie qui constamment semble vouloir ramener tout ordre au chaos.
Si nous cherchons donc un sens à la vie et que nous observons l’Univers, nous verrons une flèche qui semble nous dire : Avancez vers la complexité ! Mais pour allez où précisément, ça nulle ne le sait et c’est bien évidemment frustrant. C’est bien d’ailleurs ce qui nous dérange en économie : Nous avançons sans savoir où nous allons. Mais la vie savait-elle mieux que nous vers quoi elle avançait durant ces milliards d’années d’évolution ? Sommes-nous un aboutissement, une étape ou une erreur ? Personne ne le sait, mais il est plus plaisant d’imaginer que nous ne sommes qu’une étape et que si but il y a, il nous apparaîtra quand nous l’aurons touché.
1) Je vous dis que nous sommes la vie autant qu’un champignon marin ou une étoile de mer, vous me répondez que j’en déduis que nous sommes un aboutissement.
2) Dès lors que l’on modifie quelque chose, l’on est forcé de détruire et si comme je vous l’ai montré nous sommes en droit de modifier, alors nous sommes en droit de détruire. Le problème qui se pose est de savoir préserver les équilibres, ceci à l’instar de ce qu’à su faire la vie des milliards d’années durant.
3) Songez un peu que si nous existons aujourd’hui, c’est parce qu’une forme de vie cellulaire a pu se reproduire et évoluer jusqu’à donner l’homme et ceci depuis 3,5 milliards d’années SANS JAMAIS DISPARAÎTRE ! Or si nous avons pu survivre en évoluant tout ce temps, qu’est-ce qui vous permet d’être aussi affirmatif sur la fatalité de notre mort ? Toute l’histoire de la vie sur Terre est une lutte VICTORIEUSE contre la fatalité de la mort.
4) Les oiseaux ne sont pas une régressions des dinosaures. Ils sont plus évolués que leurs ancêtres et dominent encore largement en diversité les mammifères.
5) Vous avez tenté d’évaluer le progrès qualitatif de l’humain, ce qui signifie en d’autres termes le quantifier qualitativement. Je vous réponds que pour juger la qualité du progrès humain, il faudrait pouvoir déterminer un but commun. Ce dont nous ne sommes pas capables.
6) Eh bien vous vous trompez : Un téléphone filaire des années 60 et un téléphone cellulaire de l’an 2000 sont peut-être tous deux des téléphones, mais ils sont bien différents dans leur usage.
7) La seule façon de prouver que nous sommes bien en train de redescendre et que ce n’est pas une illusion, c’est de nous dire ce qui constitue le fameux sommet. C’est-à-dire de nous révéler le but de la vie (que nous aurions selon vous atteint et... dépassé.)
8) la croissance économique est fondée sur le renouvellement et l’innovation incessante de nos marchandises à l’instar de la vie et de l’évolution incessantes des espèces. D’ailleurs Darwin a repris les lois des théoriciens du libéralisme pour écrire celles de l’évolution des espèces, c’est vous dire combien la logique de ces deux processus est semblable. Or en 3,5 milliard d’années, la vie a eu le temps de nous a prouver plus sûrement qu’aucune de vos spéculations que la croissance infinie était possible. Bref, si cette idée de croissance infinie ne colle pas avec vos théories, ce n’est pas le résultat de l’expérience du vivant qu’il faut remettre en question mais vos théories.
9) Vous n’êtes pas le premier à souffrir en ce monde de l’absence d’absolu.
1) Vous dites que nous ne sommes pas la vie. C’est faux ! Nous ne sommes peut-être pas TOUTE la vie à nous seuls mais nous sommes bien la vie. L’ordinateur devant lequel vous vous trouvez n’est pas le seul fruit du génie humain, il est la somme du travail de toutes les espèces qui nous ont précédées et ont évoluées jusqu’à nous. Oui, nous sommes la vie comme un champignon marin ou une étoile de mer est la vie.
2) Encore une fois vous vous trompez. La vie adapte également son environnement pour créer et entretenir les conditions de sa survie : phénomène d’auto-régulation. La vie est le thermorégulateur de cette planète. Détruisez-la et la Terre deviendra rapidement un astre aride comme Mars.
3) Le devenir logique de toutes les espèces n’est pas la disparition comme vous dites, mais l’évolution. Les espèces qui disparaissent sont celles qui se sont avéré incapables d’évoluer.
4) Les espèces ne régressent pas non plus. Quand elles ne savent plus évoluer, elles meurent. Évoluer est la condition de leur survie.
5) Pour quantifier qualitativement le progrès technique, ceci de façon absolue, il faudrait pouvoir donner un sens commun à la vie humaine. Or si la vie à un sens, vous admettrez que personne ne le connaît ou alors que chacun à le sien. Or ce n’est pas parce que le progrès technique ne suit pas un cours qui correspond à l’idée que vous vous faites du sens de la vie et du progrès, que ce progrès technique n’en est pas réellement un.
6) Nous ne faisons pas toujours la même chose. Pour vendre et générer de la croissance économique nous sommes
constamment
contraints d’innover. Certes, nous faisons toujours des voitures mais un peu différentes d’année en année. N’est-ce pas ce qu’à fait la vie en recréant sans arrêt de nouvelles espèces alors que logiquement, une fois conquis tous les espaces à conquérir sur cette planète, le vivant aurait très bien pu cesser d’évoluer. Mais non, comme nous, la vie n’a pu s’empêcher d’innover et de se renouveler sans qu’il nous soit possible d’en déterminer le BUT !!!
7) S’il y a un sommet c’est qu’il y a un but. Or je le répète, personne ne connait le but de la vie et ne peut dire où se trouve le sommet. Rien ne dit par conséquent que nous ne soyons pas condamnés à constamment monter sans jamais espérer descende.
8) Si ce que vous dites était vrai, la vie n’aurait pas pu évoluer jusqu’à nous.
9) « Le problème avec l’horizon c’est que plus tu avances plus il recule ». C’est exact ! C’est là toute l’histoire de la vie sur Terre qui évolue sans arrêt vers un horizon de complexité qui recule indéfiniment.