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tiptop

Je suis enseignant et chercheur en histoire contemporaine travaillant sur les mondes africains et le fait politique.

Tableau de bord

  • Premier article le 03/04/2007
  • Modérateur depuis le 06/11/2007
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Derniers commentaires



  • tiptop 16 janvier 2015 18:59

    Cher Roland lisez donc. cela devrait vous intéresser.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/tiptop/070115/enseigner-vivre-oui-mais-comment

    Extraits

     Les enseignants se heurtent souvent à un problème délicat et crucial pour les élèves : donner du sens aux apprentissages. Le dernier ouvrage d’Edgar Morin Apprendre à vivre – au titre un poil ronflant – soulève d’importantes questions et pose quelques pistes intéressantes pour penser l’éducation dans un monde global. Ce qui m’importe ici est d’essayer d’en dégager un certain nombre de conclusions pratiques pour l’enseignant : une nouvelle voie pour articuler le local (savoirs pratiques dans la classe) avec le global (éclaircissement des grands enjeux contemporains dans un monde en mutation rapide et profonde)[1].

     Edgar Morin est un penseur de la complexité, de l’identité et de la connaissance (d’un point de vue anthropologique). Sur ce dernier point, Apprendre à vivre fait écho, aux Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur publié par l’Unesco. Son constat sur la crise de l’éducation prend le contrepied de beaucoup d’analyses contemporaines. Si presque tout le monde admet qu’il y a bien aujourd’hui une crise de la culture[2], peu s’accordent sur le sens à donner à cette crise. Pour lui, elle s’exprime d’abord par la disjonction entre la culture scientifique et les humanités. La parcellarisation des connaissances en disciplines aggrave l’inculture générale. Si le problème est structurellement saillant à partir du collège, cette disjonction entre prose et poésie se retrouve aussi également dans le primaire, phagocyté par le haut, où pourtant le maitre unique a beaucoup plus de marge de manœuvre. Les injonctions ministérielles depuis plusieurs années, du socle commun des connaissances jusqu’aux programmes 2008, ont entériné cette disjonction, sous la pression vraisemblablement de lobbies disciplinaires et de pseudo analyses à forte teneur idéologique[3].  Pour avoir expérimenté une classe de cycle (CE2, CM1 et CM2), articuler le socle commun avec les programmes était déjà une vraie gageure tant les nombreux items - le savoir découpé en tranches – pouvaient nous faire perdre le fil d’un véritable projet éducatif, pour peu bien entendu que l’on en ait un. Effectivement, « L’esprit de la programmation actuelle casse ainsi les curiosités naturelles qui sont celles de toute conscience qui s’ouvre sur l’humain, la vie, la société, le monde ». Edgar Morin nous rappelle à juste titre que les enfants sont à l’aise avec la complexité : « Je suis convaincu que c’est dès l’école primaire que l’on peut essayer de mettre en place – en activité – la pensée reliante car elle est présente à l’état sauvage, spontané, chez tout enfant ». Et trop souvent l’enseignant confond le complexe avec le difficile, le simple avec le facile.

     Or Edgar Morin fait le juste constat que « l’hyperspécialisation empêche de voir le global (qu’elle fragmente en parcelles) ainsi que l’essentiel (qu’elle dissout). Or les problèmes essentiels ne sont jamais parcellaires et les problèmes globaux sont de plus en plus essentiels »[4]. Il plaide donc pour une école de la vie, qui pratique dès le primaire un programme interrogatif. Interroger l’homme, découvrir sa triple nature biologique, psychologique (individuelle), sociale.

     Plusieurs pistes en ébauche me semblent alors intéressantes à suivre dès le primaire. [....]

    http://blogs.mediapart.fr/blog/tiptop/070115/enseigner-vivre-oui-mais-comment



  • tiptop 11 janvier 2015 20:08

    Voila un bon exemple de délires que je dénonçais plus haut.

     Des maires qui participent acdtivement à l’islamisation de la France

    Faut-il rire ou pleurer face à de pareilles élucubrations ??



  • tiptop 11 janvier 2015 18:00

    je viens de tomber dessus. Olivier Roy est un éminent spécialiste de l’Islam, pas un de ces pseudos experts médiatiques que l’on voit sur les plateaux télé. A lire !

    http://www.mediapart.fr/journal/france/110115/olivier-roy-la-communaute-musulmane-nexiste-pas

    EXTRAITS

    Pourquoi écrivez-vous qu’il n’existe pas de « communauté musulmane » en France ?

    C’est un fait. Il n’existe pas de communauté religieuse fondée sur l’islam, ni au niveau institutionnel, ni au niveau des écoles, ni en ce qui concerne les associations, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Pourtant le gouvernement et les médias n’ont que ce mot à la bouche, tout en voulant lutter contre le communautarisme.

    Or, si 30 % des enfants juifs seraient scolarisés dans des écoles confessionnelles (selon L’Arche n° 555, mai 2004), le chiffre concernant les musulmans ne doit pas dépasser les 0,1 % vu qu’il n’existe pas plus de 10 écoles confessionnelles musulmanes en France, les parents préférant d’ailleurs envoyer leurs enfants dans les écoles catholiques.

    Il n’y a pas, chez l’immense majorité des musulmans, de désir de communautarisation, et si le ramadan est le rite le plus respecté c’est parce qu’il remplit aussi une fonction conviviale dans des espaces en crise de convivialité ; dire que le ramadan est une pratique communautaire, c’est comme si on disait que Noël pour les chrétiens ou les festnoz pour les Bretons sont du communautarisme (il y en a qui le disent).

    On ne sait même plus faire la fête, comme aurait dit Charlie

    Vous avez récemment écrit que cet acte terroriste transforme un débat intellectuel en question quasi existentielle : s’interroger sur le lien entre islam et violence conduit à s’interroger sur la place des musulmans en France. De quelle manière ?

    Aujourd’hui, même des intellectuels antiracistes se demandent : est-ce qu’il n’y a pas quelque chose dans l’islam qui mène à ce genre de massacres ? Jusqu’ici, cette interrogation était réservée à certains pôles idéologiques : les populistes anti-immigration, la droite identitaire anti-islam et même une frange de la laïcité militante. Maintenant, cette idée est devenue un cliché et ce genre de parole s’est libéré, notamment depuis le débat sur l’identité nationale lancé par Sarkozy. C’est devenu le nouveau politiquement correct, même si des journaux comme Causeur continuent d’affirmer qu’ils brisent les tabous et le politiquement correct en posant ce type de questions. 

    Or, tout ce discours essentialiste n’est fondé sur aucune réalité sociologique, mais valorise une lecture théologique qui n’est que l’addition de quelques clichés sur la nature de l’islam (« en islam il n’y a pas de séparation entre religion et politique ») empruntés justement soit aux fondamentalistes eux-mêmes, soit à un orientalisme désuet. On ne s’intéresse pas à l’islam réel, c’est-à-dire à la religiosité et à la pratique concrète des croyants, dans leur diversité.

    La France est bien plus mixte et bien moins communautarisée qu’on ne le dit. Quand le géographe Christophe Guilluy oppose les banlieues proches, peuplées de jeunes musulmans (les musulmans sont toujours jeunes, et réciproquement), et les « périphéries » pavillonnaires peuplées de petits Blancs, il oublie que ces dernières comptent nombre de familles d’origine musulmane qui ont joué l’ascension sociale et se retrouvent dans le ghetto de la zone pavillonnaire.

    Cette cécité vient aussi du fait qu’on refuse de voir la présence des classes moyennes musulmanes dans notre société, en partie parce qu’elles ne veulent pas être vues. Mais la montée de ces classes moyennes est flagrante. On n’a pas besoin de statistiques ethniques pour prendre un annuaire et voir le nombre de médecins avec un nom arabe dans une ville moyenne, consulter la liste des professeurs d’un collège de province ou le nom des conseillers financiers d’une agence bancaire de la banlieue ouest parisienne.



  • tiptop 11 janvier 2015 18:00

    je viens de tomber dessus. Olivier Roy est un éminent spécialiste de l’Islam, pas un de ces pseudos experts médiatiques que l’on voit sur les plateaux télé. A lire !

    http://www.mediapart.fr/journal/france/110115/olivier-roy-la-communaute-musulmane-nexiste-pas

    Pourquoi écrivez-vous qu’il n’existe pas de « communauté musulmane » en France ?

    C’est un fait. Il n’existe pas de communauté religieuse fondée sur l’islam, ni au niveau institutionnel, ni au niveau des écoles, ni en ce qui concerne les associations, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Pourtant le gouvernement et les médias n’ont que ce mot à la bouche, tout en voulant lutter contre le communautarisme.

    Or, si 30 % des enfants juifs seraient scolarisés dans des écoles confessionnelles (selon L’Arche n° 555, mai 2004), le chiffre concernant les musulmans ne doit pas dépasser les 0,1 % vu qu’il n’existe pas plus de 10 écoles confessionnelles musulmanes en France, les parents préférant d’ailleurs envoyer leurs enfants dans les écoles catholiques.

    Il n’y a pas, chez l’immense majorité des musulmans, de désir de communautarisation, et si le ramadan est le rite le plus respecté c’est parce qu’il remplit aussi une fonction conviviale dans des espaces en crise de convivialité ; dire que le ramadan est une pratique communautaire, c’est comme si on disait que Noël pour les chrétiens ou les festnoz pour les Bretons sont du communautarisme (il y en a qui le disent).

    On ne sait même plus faire la fête, comme aurait dit Charlie

    Vous avez récemment écrit que cet acte terroriste transforme un débat intellectuel en question quasi existentielle : s’interroger sur le lien entre islam et violence conduit à s’interroger sur la place des musulmans en France. De quelle manière ?

    Aujourd’hui, même des intellectuels antiracistes se demandent : est-ce qu’il n’y a pas quelque chose dans l’islam qui mène à ce genre de massacres ? Jusqu’ici, cette interrogation était réservée à certains pôles idéologiques : les populistes anti-immigration, la droite identitaire anti-islam et même une frange de la laïcité militante. Maintenant, cette idée est devenue un cliché et ce genre de parole s’est libéré, notamment depuis le débat sur l’identité nationale lancé par Sarkozy. C’est devenu le nouveau politiquement correct, même si des journaux comme Causeur continuent d’affirmer qu’ils brisent les tabous et le politiquement correct en posant ce type de questions. 

    Or, tout ce discours essentialiste n’est fondé sur aucune réalité sociologique, mais valorise une lecture théologique qui n’est que l’addition de quelques clichés sur la nature de l’islam (« en islam il n’y a pas de séparation entre religion et politique ») empruntés justement soit aux fondamentalistes eux-mêmes, soit à un orientalisme désuet. On ne s’intéresse pas à l’islam réel, c’est-à-dire à la religiosité et à la pratique concrète des croyants, dans leur diversité.

    La France est bien plus mixte et bien moins communautarisée qu’on ne le dit. Quand le géographe Christophe Guilluy oppose les banlieues proches, peuplées de jeunes musulmans (les musulmans sont toujours jeunes, et réciproquement), et les « périphéries » pavillonnaires peuplées de petits Blancs, il oublie que ces dernières comptent nombre de familles d’origine musulmane qui ont joué l’ascension sociale et se retrouvent dans le ghetto de la zone pavillonnaire.

    Cette cécité vient aussi du fait qu’on refuse de voir la présence des classes moyennes musulmanes dans notre société, en partie parce qu’elles ne veulent pas être vues. Mais la montée de ces classes moyennes est flagrante. On n’a pas besoin de statistiques ethniques pour prendre un annuaire et voir le nombre de médecins avec un nom arabe dans une ville moyenne, consulter la liste des professeurs d’un collège de province ou le nom des conseillers financiers d’une agence bancaire de la banlieue ouest parisienne.



  • tiptop 11 janvier 2015 17:31

    Merci, c’est plus clair.

    Oui bien sûr il faut lutter contre ces tueurs. En espérant bien sur que nos dirigeant ne lamineront pas nos libertés publiques. .. et que nos concitoyens ne se tourneront pas vers ceux qui instrumentalisent nos peurs.

    Moi je reviens de la manif à l’instant (A Lyon...) . Impressionnante.

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