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  • vigie 13 octobre 2006 14:07

    @ marsu

    Mon agacement du devoir de repentance ne veut pas dire que je fais table rase du passé à mon profit ou du moins au profit d’une conscience compartimenté, ce serait trop simple. Aussi entre le moment ou je jette mon galet sur l’eau et le moment ou il rebondit, entre l’effet et la résultante, comme toi je fais la différence. Je n’oublie rien, mais je me sers du passé pour comprendre notre devenir a l’intersection je peux mieux choisir ma destination, et je peux me retourner sans amertume, délivré du poids du misérabilisme. Je trace ma route plus serein et conscient qu’être un humain ce n’est pas seulement avoir des certitudes et des remords.

    bien a toi.



  • vigie 13 octobre 2006 13:24

    @ patrick

    Pourquoi est t’il si difficile d’avoir une posture morale, en disant basta il y en a assez de nous prendre pour des repenties du passé colonial, la nation n’a pas que des fautes faut quand même pas pousser, c’est assez réducteur. quid ? Des milliards pour l’intégration et l’accueil des populations, des soins de santé gratuits de la cmu, la Sécu, les stages d’insertions, la scolarité gratuite. les logements sociaux. Alors bien sur tout n’est pas rose, mais dans quelle société l’est t’elle en utopia peut être ? .

    Rien malgré nos malheurs ne doit nous absoudre d’un effort sur nous même, et se réfugier avec frilosité dans un passé qui ne nous appartiens déjà plus, se victimiser a outrance pour « certains » et se complaire dans un statut d’assisté mental en exigeant au travers d’une mémoire comptable une indemnisation générationnelle. La mortification a des limites qui sont déjà atteinte, et personnellement je ne suis pas prêt a continuer mon chemin pendant des années sur le même registre. Et réflexion et compréhension ne me feront pas prendre les chemins de compostelles en me flagellant à longueur d’année la mémoire.

    Les Algériens n’ont pas fait leur révolution culturelle quand on voit dans un pays riche a milliards de gaz et de pétrole ou des franges de populations vivent comme des indigents, ou une armée omnipotente tire les ficelles d’un développement confisqué. Les premiers colonialistes des temps modernes se ne seraient pas eux. Si la France a commis des erreurs, il semble qu’elle ne soit pas la seule. Je ne donne pas de leçons, mais ils ont du boulot.

    Pour la reconnaissance du génocide arménien, les intérêts économiques étouffent le sens moral, et j’aurai aimé que d’autres peuples avant la France, depuis le temps la dénoncent, mais la les consciences s’étouffent, c’est vrai qu’il n’y a rien a y gagner. La France n’était peut être pas dans une position facile et ce n’était peut être pas a elle en premier de le dénoncer cela pourrait paraître suspect au vu de notre histoire, cela aura des répercutions au niveau diplomatique. Mais pourquoi l’Europe ne l’a t’elle pas dénoncé, et tous les communautarismes défenseur de la vérité historique ou sont t’ils. Mon dieu on a la mémoire des ses indignations sélectives.

    Toujours autant de vent sur la dunette, attention avis de bourrasque sur les consciences.



  • vigie 13 octobre 2006 12:19

    @ zen

    « Une JUSTE mémoire ,revisitée par une histoire objective ,pourra seule nous sortir des ruminations justement condamnées. »

    Qui en est encore capable ? , Je ne vois que violence verbale exigence de repentance, je ne trouve pas de situation apaisée propice a un échange bienveillant moi, mais plutôt un discourt partisan et partial, ne rêve pas zen, ne vois tu pas rien qu’avec les indigènes de la république pour ne citer que cela l’émergeance de groupuscules haineux. Rien ne sera épargné à la république et moi je ne fais pas allégeance de repentance perpétuelle.



  • vigie 13 octobre 2006 11:46

    @ saint sébastien

    « Je comprends pas bien votre position » ha ! Bon alors je vais vous donner mon sentiment.

    Je pense que des débats il y en a eu suffisamment depuis de nombreuses années, et que la société francaise doit pas faire de l’histoire une expiation quotidienne et mortificatrice. Tout a été dit et surtout le pire. j’en ai assez des donneurs de leçons des yaka faut kon ! de l’histoire qui nous donnent leur vision parcellaire et simplificatrice sur un problème aussi complexe. Je n’ai aucune envie de crier avec la curée par qu’il est de bon ton de jouer au justicier de l’histoire, m’appropriant au passage la bonne conscience ambiante et m’érigeant en référence de valeurs dont je serai le détenteur. C’est un peu facile d’arriver en hérault des injustices du passé, et quelques années après distribuer des bons points, quelle autorité morale représentons nous ? Je m’interroge sur les erreurs, mais je ne n’admoneste pas mon contemporain tant qu’il respecte une certaine neutralité ou plutôt bienveillance intellectuelle. Je ne m’érige pas en docteur honoris-causa de l’histoire, je donne mon avis en toutesincérité, avec ma sensibilité en essayant d’être humble et mesuré en espérant une certaine réciprocité.

    Si le pays ne s’était déjà beaucoup (trop) interroger je trouverais cela grave, mais il l’a déjà largement fait, et en sous main il y a des relents d’odeurs pécuniaires qui dérangement mon odorat. Certains ne veulent pas d’une reconnaissance morale. Vous dites « reléguer le citoyen, l’enseignant ou l’historien au rang de simple consommateur de la vérité historique ? Je trouve cette position condescendante vis à vis de vos compatriotes ! »

    Le problème c’est que chez certain il y a une volonté falsificatrice de l’histoire, et de consommateur on passe facilement a manipulateur, l’historien ne peut être le comptable de l’histoire par procuration, son rôle c’est d’avoir une vision globale, et non partisane, ce qui est déjà avouons le pas si facile.

    pascal blanchart disait a ce sujet : « Le métier d’historien n’est pas de faire la comptabilité des éléments positifs et négatifs pour s’attacher à une période ou à un moment de l’Histoire. Personne n’aurait, par exemple, l’idée de s’intéresser à la présence romaine en Gaule ou aux grandes explorations en Afrique à travers une lecture positif/négatif. Ce genre d’appréhension de l’Histoire renvoie plus à un débat idéologique qu’à une réelle posture d’historien. La notion même de « positif » ou de « négatif » induit un jugement de valeur a posteriori sur une histoire extrêmement complexe, ambiguë et paradoxale. Certes, parler des écoles, des hôpitaux ou des routes donne un sentiment d’action positive, mais il convient aussi de rappeler qui a construit ces routes, le faible nombre d’enfants dans les écoles et la nature de la construction de ces services de santé, qui, en dehors même du champ colonial, auraient pu tout autant exister. Cela signifie tout simplement que le simple fait aujourd’hui d’appréhender de cette manière le passé colonial n’est déjà plus faire œuvre d’historien. »

    Quand a la condescendance que je pourrais avoir pour mes compatriotes, je vous en laisse juge .

    Doit-on demander pardon d’avoir colonisé ? Pascal Blanchard : Non. Car nous ne sommes pas aujourd’hui les héritiers « génétiques » de ceux qui ont colonisé hier. Les « valeurs de la République » sont-elles à renouveler au vu de l’héritage paradoxal qu’elles charrient ? Pascal Blanchard : « Les valeurs de la République sont par définition tout le temps à renouveler, à la fois pour s’adapter au temps, pour s’adapter aussi à la diversité de la nation, et pour tout simplement se renforcer chaque jour sur des principes fondateurs. Sinon, la République se condamne elle-même à un repli identitaire. Il n’y aurait rien de pire que de voir émerger un « communautarisme républicain ». » Donc si nous continuons comme ca nous allons exacerber les communautarisme, quand les francais se sentiront constamment et perpétuellement agressé de toutes part, par leur histoire, la réaction n’en doutons pas sera à la mesure de l’attaque, aussi point n’est besoin d’en rajouter comme dirait maxwell( le café bien sur ) les générations qui suivent ne sont pas les liquidateurs pour solde de tout compte d’un passé qu’elles n’ont pas connu ou du moins de manières parcellaires, de toutes façons cela ne leur donne pas de quitus moral.

    S’interroger pour mieux comprendre oui ! , Mais se flageller à longueur d’années en tentant de réécrire l’histoire pour faire de chaque francais un martyr en puissance, il y a un monde. Ce qui est important c’est l’unité de la nation et sa capacité a se tourner vers l’avenir, refaire le monde a rebours en recherchant les responsabilités est illusoire, ou nous marchons ensemble malgré nos erreurs, ou nous nous déchirons il n’y a pas de juste milieu.



  • vigie 13 octobre 2006 00:06

    Nous n’en finissons pas de nous repentir, pour tout les errements de l’histoire, nous devons être sur cette planète un des seuls peuple en repentance perpétuelle, et qu’est-ce que cela nous a apporté une tonne de débat stérile, une société en perpétuel déchirement. Et une condescendance amusée et ironique des autres nations. Nous sommes devenues un peuple de sycophante relayé par un battage médiatique incessant nous avons instituer ce sport national de pleureuse de l’histoire.

    On pourrait penser que par ce long chemin de Pénitence nous ayons enfin obtenu l’absolution et que nous pourrions regarder sereinement notre histoire en face dans une douce douleur apaise, mais que nenni ! . Pascal Bruckner : écrivait : « il y a plus de vingt-cinq ans, dans te Sanglot de l’homme blanc, j’avais cru que le sujet était clos et qu’on allait pouvoir se libérer de ce long remords colonial et repartir sur de nouvelles bases. Les attentats du 11 septembre 2001 ont changé la donne. »

    Voilà qu’au lieu de nous accorder le crédit d’un certain courage, alors que s’insinuant dans la blessure profonde, et les entailles de la douleur tous les rédempteurs redresseurs de torts sortent de leur tanière avec des arguments plus ou moins fallacieux, et vont y faire leurs nids. Cette France on va lui faire rendre gorge, et de génération en générations se transmet par atavisme la facture d’un passé ou l’on ne comptabilise que le passif, comme si les plateaux de la balance devait pencher uniquement de ce coté-la.

    Alors que d’autres nations qui niant et s’arc-boutant sur le leur on relégué aux oubliettes des pans entiers de leur histoire pour le plus grand bien de la cohésion sociale, au grand dam de la vérité historique, nous nous continuons gaillardement à farfouiller avec délice dans les crottes et les excréments de notre histoire.

    Cette tendance a la mortification n’a pas de raison de cesser. Pascal Bruckner, encore lui disait : « je pense que le devoir de mémoire a corrompu le débat intellectuel, politique et socio-logique ; on a sacralisé une mémoire qui était en réalité non pas la mémoire des faits historiques, mais une mémoire très souvent imaginaire qui flatte le narcissisme de certaines minorités. Les dégâts de la victimisation sont énormes. Chaque groupe désormais revendique une souffrance qu’il brandit comme un étendard et dont il souhaiterait qu’elle soit reconnue par tous. Le malheur descend des pères aux fils, nous sommes tous descendants d’esclaves, de colonisés, de prolétaires, de déportés. Les historiens ont perdu leur droit de cité, pas tous Bien sur. Pétré-Grenouilleau pour l’esclavage, Claude Liauzu et Vidai-Naquel pour le colonialisme, Daniel Lefeuvre pour l’Algérie, Pierre Nora ou Max Gallo pour la France, etc. Ils tentent de donner une vision plus complexe des choses, de désamorcer le piège de la mémoire affective, mais qui les écoute ? On veut se servir du passé comme d’une matraque pour taper aujourd’hui sur des cibles précises. On ne condamne plus une politique, mais l’Etat, la République, la nation, la France. Certains historiens, désespérant peut-être d’accomplir un réel travail érudit, se transforment en procureurs, en simplificateurs, se servent de leur métier comme d’une tribune idéologique pour impulser des luttes militantes. D’aucuns se plaisent à gonfler le nombre des victimes, à comparer les massacres de Sétif avec la Shoah. A ce compte, il n’y a plus de différence entre l’armée française et les Einsatzgruppen du IIIe Reich. N’est-ce pas ce qu’a laissé entendre le président Bouteflika ? »

    Aussi On traîne la France au banc des accusés victime expiatoire toute trouvé, bouc émissaire nation de toutes les erreurs, la ficelle n’est t’elle pas un peu trop grosse !!!

    Camus disait : « Il est bon qu’une nation soit assez forte de tradition et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir encore de s’estimer elle-même. Il est dangereux en tout cas de lui demander de s’avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle. »

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