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Vincent Delaury

Vincent Delaury

J'évolue dans la sphère des arts plastiques qui vient d'ailleurs croiser celle du cinéma et de ses avatars. J'aime les coups de gueule, les coups de coeur et j'adhère plus que tout à cette phrase culte qu'on attribue à un polémiste de génie : " Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je me ferai tuer pour que vous puissiez exprimer votre avis ! " (Voltaire). Dont acte.

Tableau de bord

  • Premier article le 29/05/2007
  • Modérateur depuis le 04/06/2007
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Derniers commentaires



  • Vincent Delaury Vincent Delaury 4 novembre 21:55

    @In Bruges

    « En matière de monstres, je reste italien, je préfère Dino Risi. » Je valide le cachet… italien ! Des « Nouveaux Monstres » (de Dino Risi, entre autres, film à sketches génial ! Mes deux préférés : « Auberge ! », les jets de nourriture gargantuesques en cuisine et, en salle, les consommateurs trouveront cela délicieux !, et « L’Éloge funèbre », avec les mines sinistres au cimetière au début, pour finir en euphorie burlesque, sous les regards amusés des visiteurs du lieu et des ouvriers au travail : histoire de rire de la mort pour mieux la déjouer), au grand Marco Ferreri (« La Grande Bouffe »), sans oublier « La Dernière Femme » et « Rêve de singe », tous deux avec Gérard Depardieu, un acteur « monstrueux ». Tenez, il est beaucoup question de bouffe dans « Hope » : ce n’est certainement pas un hasard. Un film bancal, « monstrueux » dans tous les sens du terme, oscillant entre trivialité « régressive » et somptuosité grandiose. Quant à « Drive My Car », que vous évoquez, je n’ai pas tellement accroché (beau mais froid et légèrement soporifique), malgré le plébiscite de la presse établie. Au pays du Soleil-Levant, c’est Kitano, mon « chouchou », nippon ni mauvais (surtout à part), et lui aussi formidablement oxymorique ! smiley



  • Vincent Delaury Vincent Delaury 4 novembre 20:04

    @In Bruges

    Bien vu ! C’est tout le génie de cet oxymore sud-coréen, à l’œuvre en cuisine comme au cinéma (ambiance de la frousse, attention les secousses ! Montagnes russes en vue et, soit dit en passant, les deux Corées sont en soi oxymoriques, ou du moins championnes des grands écarts) : une douce violence, une beauté monstrueuse, une poésie de l’horreur… Bong Joon-ho, Park Chan-wook et Na Hong-jin, le « petit nouveau » (au perfectionnisme maladif, dit-on, et encore plus caustique que ses aînés), en sont les magnifiques artisans. Amélie Nothomb ne dirait pas le contraire : les monstres ont parfois une humanité que les humains ont perdue. Bref, le cinéma coréen, c’est l’art délicieux de nous mettre sens dessus dessous, avec les pieds dans le plat (disruptif) ! Bon appétit… mais indigestion possible ! smiley



  • Vincent Delaury Vincent Delaury 4 novembre 17:25

    @S.B.

    La peur naît de ce qu’on ne montre pas trop. Eh oui, entièrement d’accord ! « Blow Up » (1966, Antonioni), pour l’image : une enquête dans la photo. « Même les arbres font peur, et le vent qui fait bouger les branches est une lourde menace » : oui, je me souviens très bien de cela, dans cet « espace vert » justement sujet à caution… On agrandit la photo et, hop, effet loupe : un détail intrigant se révèle au fond de l’image, un revolver qui sort des feuillages. Un certain Lynch s’en souviendra, par exemple (l’oreille découverte dans l’herbe de « Blue Velvet »). Sans oublier sa « déclinaison » sonore, « Blow Out » (1981, De Palma), où l’on cherche à détecter un assassinat au moyen d’un enregistrement sonore. Là, le son prime sur l’image, ce qui renforce encore la suggestion et le mystère. « Mais c’est vrai qu’il y a une grande virtuosité « réalistique » dans « The Host » et que « Parasite » est cruellement génial. Bong Joon-ho a beaucoup de talents, au pluriel. » On est raccord ! « Réalistique », terme amusant. On pourrait dire aussi « superréaliste » (avec, dans « Parasite », un goût fort prononcé pour les détails, comme cette petite famille Kim de « parasites », un temps géniaux, fascinée notamment par la pierre de lettré censée lui apporter la richesse, objet servant de fil conducteur ironique pour illustrer l’illusion de l’ascension sociale). Et, par exemple, il n’est pas rare de lire que la sculpture hyperréaliste de l’artiste australien Ron Mueck est, pour reprendre les mots d’Hervé Chandès, commissaire d’exposition, « extra-réaliste ». Bref, image et son, puis sculpture : trois manières de pousser le réel jusqu’au trouble. smiley



  • Vincent Delaury Vincent Delaury 2 novembre 19:45

    @Eric F

    « (...) je préfère sa version du Christ de saint Jean de la Croix, au musée Kelvingrove, où la spiritualité l’emporte sur le spectaculaire. » Moi aussi. On est raccord. Chef-d’œuvre absolu ! Dalí, à ce niveau-là, peut tout à fait rivaliser avec les grands du Siècle d’or espagnol (Zurbarán, Velázquez, Murillo, El Greco, Ribera...), il est de la même trempe. Ce qu’on appelle, quand il est à son meilleur, hein, comme ici, un génie. Peintre virtuose, grand graveur et... écrivain (roi de l’autofiction, bien avant Angot), ne l’oublions pas ! smiley



  • Vincent Delaury Vincent Delaury 2 novembre 18:09

    @Eric F

    « ...) il peut y avoir controverse sur une approche religieuse aussi gore. » Merci pour ce retour. Eh oui, les goûts et les couleurs, comme on dit ! Et Valladolid, du coup, est certainement une terre de controverses, voire de batailles d’Hernani en tous genres ! Moi, in situ, ces sculptures baroques véristes, particulièrement sanguinolentes, m’ont fait penser (interprétation toute personnelle !) au film « gore » de Mel Gibson sur « La Passion du Christ » (2004), long-métrage très porté sur le dolorisme et le sadisme, particulièrement controversé à sa sortie, pour diverses raisons, dont cette « violence esthétisante » très prononcée. Toujours intéressant d’écouter les remarques des visiteurs sur place, ou de se pencher sur la « fortune critique » des œuvres, qu’elle soit favorable ou hostile, au moment de leur création ou des années plus tard. Une visiteuse, devant l’un des Christs illustres peints par Zurbarán (l’expo au Louvre est double : « Zurbarán » + juste à côté « Sculpter la couleur. Chefs-d’œuvre du Musée national de sculpture, Valladolid »), un certain « Le Christ en croix » (1627, huile sur toile, Francisco de Zurbarán, provenance : The Art Institute of Chicago), disait à la personne qui l’accompagnait : « On dirait une sculpture ! » Ce qui est vrai, surtout lorsque ce tableau « ténébriste » est vu de loin. Une puissante lumière latérale sculpte les volumes du corps supplicié, faisant théâtralement surgir celui-ci, comme en 3D, sur un fond noir. Perso, il est tellement épuré, elliptique et « en relief » qu’il m’a fait penser au fameux « Corpus hypercubus » (1954), très spectaculaire et quasiment hollywoodien, du surréaliste Salvador Dalí, avec son clair-obscur puissant donnant une forte impression de relief et de profondeur en trois dimensions au Christ en lévitation et à la croix hypercubique ! Encore de la (grande) peinture espagnole, au passage. Zurbarán ? C’est une peinture très « sculpturale », qui dialogue merveilleusement avec les sculptures en bois polychrome de Valladolid, ses voisines de cimaises. Une sculpture religieuse de mauvais goût que celle de Valladolid ? D’aucuns le pensaient, et le pensent encore. En son temps déjà, et après ; surtout en France, plus classique, moins exubérante, voire extravagante que sa voisine espagnole (cf. le Catalan Dalí) ! La commissaire Valérie Carpentier-Vanhaverbeke rappelle, dans le petit catalogue de l’expo, qu’un certain Marcel Auguste Dieulafoy, archéologue français spécialiste de la Perse, s’était intéressé à cette question dans son ouvrage « La Statuaire polychrome en Espagne », publié en 1908. À cette époque, en France, les amateurs d’art comme les érudits accordaient encore peu d’attention à cette sculpture religieuse en couleurs, issue principalement des églises et des monastères espagnols. Dieulafoy entendait notamment réhabiliter cette pratique en la replaçant dans une histoire longue, celle de la sculpture polychrome depuis l’Antiquité, et en contestant les jugements esthétiques expéditifs qui la condamnaient au nom du bon goût. Dès 1898, il avait d’ailleurs défendu cette position devant l’Académie des inscriptions et belles-lettres : « Messieurs, il est encore de mode, presque de bon ton, de condamner au nom du goût la statuaire polychrome. [...] Condamner la statuaire polychrome en invoquant ses pires manifestations équivaut à juger la peinture sur des enseignes de village et sur des images d’Épinal ! » Bref, ça se discute, hier comme aujourd’hui, et avec ou sans oreillette à la Jean-Luc Delarue. Tant mieux, d’ailleurs : cet art est très « vivant » ! Et quand une œuvre nous fait discuter, grimacer ou frissonner, c’est qu’elle n’a pas fini de nous travailler au corps… même plusieurs siècles après sa naissance. smiley

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