J'évolue dans la sphère des arts plastiques qui vient d'ailleurs croiser celle du cinéma et de ses avatars. J'aime les coups de gueule, les coups de coeur et j'adhère plus que tout à cette phrase culte qu'on attribue à un polémiste de génie : " Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je me ferai tuer pour que vous puissiez exprimer votre avis ! " (Voltaire). Dont acte.
Merci pour ce retour, cher lecteur. Leonora Carrington est une sacrée découverte. Et dire qu’au départ j’y allais un peu à reculons, sans trop y croire. Simple coup de pub autour d’une exposition ou véritable cabinet de curiosités, puits sans fond d’une artiste restée quelque peu sous les radars chez nous ?
Au début, je résiste. Puis les tableaux se parlent entre eux. Puis ils nous parlent. Puis ils en font craquer... les murs ! L’inerte (la chose peinte) prend vie. La magie opère.
Il y a du Bosch, du Max Ernst, du Dalí, bien sûr, mais aussi du Frida Kahlo : une certaine « mexicanité » à l’œuvre. Et tant mieux si « la » Kahlo, superstar, n’est plus seule. La peinture mexicaine, et la peinture tout court, trop longtemps racontée au masculin, compte d’autres femmes puissamment inventives : Leonora Carrington, montreuse d’ombres et porteuse d’histoires, mais aussi l’architectonique Remedios Varo. Toutes deux méritent d’être (re)découvertes d’urgence.
Cette exposition mêle malicieusement peinture, imaginaire débridé, éternel féminin, part d’ombre (les murs craquelés du parcours en savent quelque chose... Fantômes joueurs, êtes-vous là ?), fantastique médiéval, tarot, récits ésotériques, symbolique religieuse, magie et spiritisme. Une vraie aventure de l’œil. Youpi.
Merci pour votre lecture attentive et votre commentaire, qui ouvre la réflexion. Je vous rejoins sur les profondes transformations à l’œuvre. En revanche, je plaide pour ces blancs : je les apprécie. Ils voilent autant qu’ils révèlent ; c’est peut-être là que réside une part de la magie : ils respirent, filtrent le regard, laissent l’œil achever l’image… C’est aussi ce qui, à mes yeux, rend la peinture d’Alioune Diagne si singulière. Quant aux évolutions de l’Afrique, elles nourriront longtemps les artistes… à condition de ne pas les réduire à la seule géopolitique.
Merci du merci ! Ça fait vraiment plaisir. Si cet article donne envie de découvrir Alioune Diagne, alors le pari est gagné. Son travail montre qu’on peut préserver une mémoire culturelle vivante tout en regardant résolument vers l’avenir.