PS. ce que je dis à propos de l’argent est dans doute vrai aussi avec les « 15 minutes de célébrité » (càd, que la télé peut prendre une figure d’autorité en promettant une portion de célébrité audiovisuelle)
un point qui me semble très important à propos de ce jeu sur France 2 est qu’il est permet de gagner de l’argent (c’est ce que j’en ai compris en tout cas). => Dans le cas présent, on peut se demander si la télé a-t-elle une autorité en tant que telle ou, si cette autorité lui est-elle conférée par l’argent qu’elle peut distribuer. perso, je penche pour la 2ème option...
Certains économistes dont j’ai oublié les noms et même l’école de pensée présentent l’économie comme étant l’étude des récompenses et des sanctions (incentives en anglais). Pour eux, elles sont de 3 natures : financière, sociale et morale. Pour reprendre quelques uns de mes posts récents, je dirais qu’aujourd’hui, il y a un très fort biais vers l’aspect financier en ce qui concerne les récompenses et un autre vers l’aspect social en ce qui concerne les punitions. Les entreprises, les entrepreneurs et même plus largement les individus dits « performants » sont ceux qui génèrent du cash ( que ce soit à la Bourse, dans Capital, dans les journaux people lorsqu’il s’agit de parler de tel ou tel blaireau plus ou moins bankable ayant acheté telle ou tel yacht/villa de vancances, dans la cité HLM lorsque le voisin revient avec sa nouvelle voiture ), et les « salauds » le sont au regard de leur comportement social. Il me semble que ces réflexes sont à bannir : le premier pousse à la course à l’argent, quant au second, il n’est pas pertinent - aujourd’hui en tout cas -, car le jugement dont le dirigeant d’entreprise se soucie n’est pas celui-là ! Espérons un avenir où l’entreprise performante sera celle qui innove, et/ou qui crée des emplois, et/ou qui assure la restauration d’un élément du patrimoine, l’argent restant à sa place, somme toute secondaire !
A propos de votre question centrale, telle que vous l’exposez dans le titre notamment, je ne pense pas que ce soit un renversement : ça fait toujours partie des « 15 minutes de célébrité » de Warhol. La seule chose que cette histoire rappelle c’est que personne n’est écarté a priori de cette aspiration. Comme vous, j’ai particulièrement été frappé par les réactions du public avant qu’elle ne commence à chanter et qui est totalement « emporté » à la 1ère note : les grimaces de dégoût que l’on observe au début me laisse au contraire bien pessimiste sur un renversement de quoi que ce soit ! Ces personnes du public étaient tout de même venues là pour écouter des chanteurs, et non, normalement, voir un concours de beauté ! Cet épisode est pour moi très symptomatique de notre société, qui ne date pas d’hier ! Montaigne ne dénonçait-il pas, déjà au XVIème siècle, notre préférence pour le Paraître au détriment de l’Etre ?
Monsieur Jornet, j’avais en effet écrit cet article en juillet, mais force est de constater que ce type d’article ne change rien à rien : il n’y a pas lieu de m’en féliciter (d’ailleurs, je ne suis pas particulièrement « fier » de cet article dont la qualité n’est pas au niveau que je considère nécessaire pour faire avancer le schmilblick : il est à peu près ordonné et structuré,mais le « fond » est incomplet. En pensant au temps qu’a demandé sa rédaction, au temps qui me reste à la fin de mes longues journées de travail, et au résultat obtenu, je ne rédige plus d’articles ! )
Sur le fond, de toute façon, je ne crois pas particulièrement au changement : les comportements qui sont à la source des dysfonctionnements dont nous sommes témoins sont les plus largement partagés et ne sont pas près de changer je le crains. Je pense à l’individualisme, au narcissisme et à leur corollaire économique : la différentiation par la consommation.