Poser de telles questions sur le passé est illusoire, notre mémoire étant tellement courte (et tellement prompte à considérer, dans tous les domaines, qu’« avant c’était mieux »). En interpréter les réponses l’est encore plus ! (votre interprétation porte sur la pratique du pouvoir par Sarko, mais peut-être que la vérité est que les Français préfèrent avoir un Président assez âgé : ce qui doit pouvoir se défendre aussi, quand on considère la carrière de Giscard...) Songez par ex. que les Russes considèrent que les 2 plus grands personnages de leur Histoire sont, dans l’ordre, Nicolas II et Staline...
Le passage intéressant de votre article est à la fin, quand vous écrivez que de toute façon le Président de la République n’a plus vraiment de pouvoir. J’ai récemment vu une émission fort intéressante sur la vitesse, au cours de laquelle étaient interrogés des philosophes, des médecins, des sociologues, etc. Le point sur la politique m’a semblé très juste : le développement technique permet aujourd’hui aux entreprises d’effectuer des transferts de plusieurs millions de $, d’€, de kilos de blé, etc. en quelques secondes et de faire travailler ensembe en temps réel des individus dispersés aux 4 coins du globe. La vitesse des réseaux leur a apporté une capacité d’adaptation prodigieuse, une « agilité », vantée en son temps par Microsoft. D’un autre côté, les décisions du dirigeant politique, où qu’il soit, et quel qu’il soit, ne s’exécutent pas aussi rapidement. Les 35 heures en sont un exemple confondant : on parle encore des effets positifs ou négatifs de cette décision 10 ans après ! (Entre temps, bien sûr, les entreprises ont eu 1000 fois le temps de trouver des contournements). Le transfert des pouvoirs vers l’Union Européenne ou leur retour ne change rien à celà !!! le transfert des pouvoirs vers les organes Européens a été, entre autres, opéré afin d’avoir en face des mastodontes du privé un pouvoir public fort, pouvant imposer des décisions. Autant dire que ça n’a pas complètement réussi Cependant, il me semble que les institutions Européennes ne sont pas complètement désarmées : voyez par exemple les contraintes imposées à Microsoft...
Si, si, c’est possible : le Parlement peut s’auto-saisir, en tant que Haute Cour et destituer le Président de la République. Pour qu’il y ait destitution, il faut que le Congrès la vote à la majorité des 2/3. (articles 67 et 6_ de la Constitution) C’est d’ailleurs ce qu’avait tenté de faire Montebourg contre Chirac au plus fort des investigations du juge Halphen.
Votre article m’a d’abord fait sursauter et a fini par m’horripiler : pour paraphraser les Tontons Flingueurs, des idioties on en lit, mais, là, c’est une synthèse. En quelques lignes, vous concentrez de nombreux maux de la société française : l’esprit vachard « cher » à De Gaulle, la traditionnelle arrogance vis-à-vis de l’étranger (« Ils sont fous ces ... »), le repli sur soi, l’égoïsme des élites et l’absence totale de pragmatisme, pour ne citer que ceux-là.
1.On a l’impression que vous ralez pour raler, que vous le faîtes en considérant qu’il est de bon ton de le faire ici.
2.Vous et les râleurs de votre espèce, êtes les premiers à maudire la communication institutionnelle des entreprises, à considérer - souvent à raison - qu’elles ne font que du marketing et de la com’, et là, telle Bernadette Soubirous, vous avez une apparition : la DRH de L’Oréal !! Si elle dit ce que vous rapportez c’est que ça doit être vrai, c’est sûr !!! Je sais un petit peu comment ça se passe chez eux : en effet, il y a beaucoup d’étrangers, en effet, tout le monde parle français, mais ceci n’est valable que pour les conversations « conviviales », autour de la machine à café ou au déjeuner - ces conversations sont importantes, notamment pour bien se sentir à son boulot, j’y reviendrai plus tard -, mais pour les réunions de travail un peu techniques et compliquées, les participants parlent anglais, car la maîtrise du français n’est pas suffisante. Contrairement à tout votre baratin, les entreprises travaillent beaucoup en anglais (énormément même, et de plus en plus). Certains anglophones d’ailleurs parlent maintenant de « Global language ». Soyons un peu pragmatiques pour une fois et cessons de nous palucher avec notre glorieux passé : on peut regretter le XVIIIème siècle, où le Français était la langue internationale, la lingua franca, mais il a clairement cédé sa place d’alors à l’anglais.
D’après mes expériences personnelles, je constate que le niveau moyen de maîtrise de l’anglais des Français est particulièrement bas par rapport à nos voisins Allemands, Hollandais (les Hollandais sont souvent très impressionnants : ils parlent couramment 3 - 4 langues, ce qui d’ailleurs révèle qu’il est bel et bien possible de réussir à acquérir un niveau « courant » à l’école...). A l’heure où, encore une fois, les échanges internationaux dans le monde professionel se font en anglais, c’est un réel handicap, ne serait-ce que pour avoir des relations amicales avec des personnes d’autres pays, pour pouvoir discuter pendant le déjeuner, mais aussi évidemment pour saisir au vol des idées, des critiques ou des informations véhiculées oralement. Je suis récemment allé passer quelques jours en Suède, où je logeais chez l’habitant, une grand-mère qui au cours de mon séjour s’occupait de son petit-fils, de 4-5 ans : les émissions de TV qu’il regardait (type Club Dorothée, pas Arte Junior) étaient bilingues, un coup en suédois et un autre en anglais !!! (d’ailleurs au passage, le sens 1er du mot bilingue est bien de savoir parler DEUX langues, mais on sens étendu est relatif à un niveau - être bilingue signifie qu’on parle une langue étrangère aussi bien que sa langue maternelle : allez voir par ex. qqch. que vous ne devez pas bien connaître, les banques de CV, comme Monster.com : vous y verrez que, dans ce sens plus commun du mot « bilingue », qu’on peut être bilingue dans plusieurs langues - je sais, c’est un peu absurde, mais c’est le cas !)
Vous parlez des personnes qui voudraient prendre la langue du pays de leurs origines comme langue au collège ou au lycée : comme vous l’a écrit un intervenant, au moins avec le CNED c’est possible ! Je vais encore ramener mon expérience personnelle sur la table (je sais, ça va commencer à être pénible ) : je ne suis pas d’origine française, et je parle correctement la langue de certains de mes ancêtres, assez peu enseignée à l’école. Pendant toute ma scolarité primaire et secondaire, en plus de l’école « française » (je faisais la distinction quand j’étais petit), j’allais prendre des cours dans un association de bénévoles - beaucoup de personnes âgées qui voulaient perpétuer la mémoire de nos origines communes. Quand est arrivé l’âge du bac, j’ai pris cette langue en LV3, et j’ai eu 20/20... Sortez de votre cabinet : des initiatives comme celle là, il y en a plein !
Ce qui m’a vraiment énérvé dans votre prose, c’est votre tirade sur la prétendue égalité des chances : elle est pathétique, et une preuve, s’il en fallait, de l’égoïsme des élites françaises ! Savez vous par ex. que l’importance des épreuves d’anglais dans les concours d’entrée des grandes écoles ne cesse d’augmenter ? Et ce, même pour les écoles d’ingénieurs, pour lesquelles le poids d’une épreuve de maths (il y en a généralement 2) est égale à celui de l’épreuve d’anglais... Ne permettre qu’à ceux qui ont des parents suffisamment aisés d’être bons en anglais revient à fermer encore un peu plus les portes de ces institutions à ceux qui n’en ont pas les moyens !
Enfin, il me semble que vous n’avez pas la moindre idée de ce qu’est le « partenariat avec Cambridge » et de l’évaluation dont il est question : il s’agit du TOEFL (Test Of English as a Foreign Language). C’est un test standardisé, que passent de très nombreux élèves dans le monde, et qui a pour but de tester le niveau de maîtrise technique de la langue : les profs d’anglais en France ne l’aiment pas a priori car il permettrait de mesurer l’efficacité (ou la non efficacité) de l’enseignement de la langue stricto sensu (hors de toutes considérations culturelles). Essayez de trouver des épreuves, vous verrez, c’est extrêment similaire
à n’importe quel contrôle d’anglais que vous avez pu passer dans votre
vie. Le coût du passage de ce test n’a rien d’exorbitant : vous pouvez aisément trouver le coût de l’épreuve, il me semble qu’il est de l’ordre d’une 100aine d’€ pour un individuel. (d’ailleurs, je suis certain que vous ignorez qu’il ne s’agit pas du Cambridge anglais, mais, horreur suprême, du Cambridge américain, dans le Massachussets)
Je vais essayer d’apporter un élément de réponse à la question centrale telle que vous l’avez plus ou moins exprimée : quelle mouche a donc piqué les Etats de laisser la Finance prendre le pas sur l’économie de production ? C’est selon moi relativement simple : à elle seule l’économie de production « ne rapporte plus assez » (tout est relatif bien sûr ) !! Examinons les marges dégagées par industrie et quelques exemples :
Considérez les dossiers Global 500 du magazine Fortune des dernières années : vous verrez qu’en 2004, parmi les 5 industries générant les marges les + importantes figurent (sauf en 2008) les pétroliers, les labos pharmaceutiques, et toutes sortes de segments des services financiers (les banques et les chambres de compensation - comme Clearstream).
Or, pour les pétroliers, si vous regardez les comptes de Total par ex., vous verrez qu’environ 25-30% de leur bénéfices sont dûs à leur activité de Trading (càd, de Bourse). En ce qui concerne les labos, je ne sais pas (mais je pense que c’est pareil : une partie très signficative de leur bénéfs. viennent de leurs activités « bancaires »). D’autre part, prenez par ex. les comptes 2007 de Renault ou de PSA : vous constaterez qu’environ 30% des bénéfices avant impôt sont dûs à leurs activités de financement (càd, à leurs organismes de crédit internes), alors qu’elles ne représentent environ que 5% de leurs chiffres d’affaires.
Ces illustrations pour les secteurs industriels montrent que les activités industrielles de production sont des sources de trésorerie pour les activités financières qui dopent les bénéfices !
Les Etats, quant à eux, taxent les entreprises sur leurs bénéfices (entre autres) : plus les bénéfices sont hauts, et plus le montant des taxes perçues est élevé ! Pas la peine de continuer le raisonnement, à ce stade la conclusion vient toute seule
On peut se demander maintenant pourquoi les marges sont faibles sur les activités industrielles alors que toutes les entreprises parlent de gains de productivité. C’est probablement lié aux pressions sur les prix imposées par les acheteurs (qu’ils soient des institutionnels ou des particuliers : pour de nombreux produits, on recherche souvent le meilleur prix...)
C’est là un point sur lequel nous n’arriverons pas à nous mettre d’accord
Je ne pense pas du tout pour ma part qu’une idéologie a nécessairement vocation à écraser les individus, à les faire taire et obéir à ceux qui l’ont promulguée ou créée !
D’ailleurs, vous disiez dans l’une de vos interventions (c’en était la substance, pas les mots exacts) que le point de vue des experts n’étaient pas digne de confiance s’il ne pouvait être contestés. En poussant un peu plus loin, vous diriez probablement que l’avis de chacun vous l’avis de tous les autres y compris celui des experts (je parle bien de l’avis, pas du fond) : c’est une idéologie, ça s’appelle le relativisme
Vous dîtes enfin qu’on ne pourrait arriver à l’humanisme : d’abord, pour moi ce terme n’a guère de sens concret sur le plan social, ensuite, comme beaucoup de mots en -isme appliqués dans la sphère politique, c’est une idéologie aussi