Il y a de la sous consommation ou pas ? Bien sur que oui !
Mais ce n’est pas la question, évidemment !
Il s’agit de comprendre la cause de la crise capitaliste (car c’est une crise de l’économie capitaliste, du mode de fonctionnement capitaliste) et il y a deux explications :
1.- C’est une crise de sous consommation et pour la résoudre il faut augmenter la dépense publique (sous la forme des investissements d’Etat ou des salaires etc.)
2- C’est une crise de surcapitalisation, c’est à dire, le capital (les capitalistes car « le capital » n’existe pas sans eux) ne trouve pas des sources d’investissement suffisamment rentables. Il y a trop de capital.
Voilà.
Je ne comprendrai pas des capitalistes qui ne voudraient pas sortir de la crise en profitant de leur contrôle de l’Etat à travers leurs politiciens et laisser durer une crise s’il suffisait d’injecter l’argent du contribuable et des salariés dans l’économie.
Il s’agit, tout le montre, d’une crise de baisse du taux de profit, de surcapitalisation donc. Elle a été toujours, historiquement résolue par la destruction tant du capital fixe (les industries, etc.) comme du capital variable (le travail humain) en trop. C’est cela la solution capitaliste qui implique aussi la concentration des entreprises et l’augmentation de la concentration du capital.
Que c’est une « solution absurde », on est d’accord.
Hélas, jusqu’à aujourd’hui, la conscience et la force des travailleurs n’a pas été capable de mettre le système capitaliste à la poubelle.
Et pour finir avec les aberrations du capitalisme que vous signalez, peut-être un premier pas c’est voter Mélenchon, mais se faire d’illusions là dessus...C’est un premier pas à la condition qu’on soit très clairs sur la suite qui doit pointer vers une société socialiste.
Vous ne voulez pas que ce soit Keynesien...à votre aise, les noms ne changent rien à la substance.
C’est un plan qui part de l’idée qu’il s’agit d’une crise de sous consommation.
Ce n’est pas le cas.
Il faut, donc, pour la résoudre, du point de vue des intérêts de la classe capitaliste qui l’a provoquée, de supprimer le capital excédentaire. Tant le capital fixe (les usines, machines, etc.) comme le capital variable (la force de travail). Sans avoir liquidé ce capital, point de salut et ce ne sera pas l’injection d’argent dans un système qui n’investi pas parce que cela ne rapporte pas assez, qui résoudra le problème.
L’Etat va remplacer comme investisseur les entreprises privées. L’activité peut augmenter pour un temps court, mais le taux de profit ne peut pas être relevé en augmentant encore le capital disponible. Cela ne peut que faire un feu de paille car le problème de fond n’est pas résolu. Le fondement de la crise reste.
Le passé c’est l’avenir quand on ne le comprends pas. Et le présent, qui n’est que le produit du passé, n’a pas d’avenir sans intégrer, comprendre et dépasser le passé. C’est élémentaire et ce ne sont que de phrases dans une telle discussion.
La réalité est que la grande majorité des français vont se voir confrontés à un plan terrible de suppression d’emplois et de diminution brutale de l’activité, bref, une thérapie de choc nécessaire à la bourgeoisie française en concurrence à la vie à la mort avec leurs « partenaires » européens et mondiaux.
Cela veut dire que dans le cadre du capitalisme, les travailleurs doivent payer la facture pour que la machine capitaliste reparte. Si elle repart, car l’autre sortie, plus brutale mais plus sure et rapide, c’est la guerre...et tout montre aujourd’hui que les Etats s’y préparent.
Donc, il faut finir avec le capitalisme. Tâche qui apparait très compliqué vu l’état du seul opposant conséquent, les travailleurs du monde entier, divisés, embrouillés, démoralisés mais encore avec un potentiel révolutionnaire très important et un rapport sociologique très en leur faveur.
Le vote Mélenchon peut être une étape dans ce sens et c’est pour cela que je voterais Mélenchon, mais ne me demandez pas d’avaler les tours de magicien de monsieur Mélenchon. Car, si les travailleurs ne trouvent pas les outils organiques et théoriques pour finir avec le capitalisme on va tout droit vers la guerre et/ou l’augmentation de la misère et de la dictature du capital.
Le projet de relance keynesien de Mélenchon, défini comme tel par lui-même, ne peut pas marcher à terme. D’ailleurs les autres « relances keynesiennes » celles des années entre les deux guerres n’ont pas marché non plus, malgré la propagande et les « souvenirs » édulcorés.
Il ne faut pas confondre « relance keynesienne » et boum post deuxième guerre mondiale.
La première est un essai ratée d’augmenter les profit du capital en injectant de l’argent du contribuable, l’autre est une véritable sortie de crise.
Car le fond de la question se trouve dans la caractérisation de la crise capitaliste.
S’il s’agit d’une simple crise de sous consommation, une relance par injection des liquidités peut fonctionner. C’est la « relance keynesienne ».
Hélas, la crise commencée en 2008 et qui continue est une crise de surcapitalisation, d’excès des capitaux. Trop des capitaux ne trouvent pas un taux de profit suffisant pour s’investir avec un retour suffisant, et non pas une crise de sous consommation bien qu’elle a certaines de ses caractéristiques.
Donc, la solution est la liquidation du capital en excès, ce qui a été fait lors de la II guerre Mondiale. La liquidation physique d’une partie de l’Europe a liquidé le capital fixe en excès et la mort de 42 millions de personnes à supprimé le capital variable (les travailleurs) en excès.
Le centre international capitaliste l’a bien compris et procède, avec les précautions nécessaires à un rapport de forces potentiellement très défavorable car aujourd’hui le monde est composé essentiellement de salariés urbains, à liquider le capital en excès.
Le plan Fillon, ici en France, voudrait accélérer ce processus lent, ce qui va signifier l’appauvrissement considérable de ceux qui paient toujours la facture, les travailleurs.
Mais il y aura combat et ce qui est sa suite logique, bonapartisme, c’est à dire dictature plus ou moins ouverte du capital. Voilà le centre des prochaines élections. Voilà à quoi il faut s’attendre et de la part des trois candidats de la droite M., F. et MLP.
Telle est la situation objective à laquelle Mélenchon ne peut pas échapper, pire encore, il n’est avec son programme, que l’expression du « nationalisme » économique qui à précédé le repli des pays concurrents en 1929-39 et conduit à la guerre. Une tendance que l’on voit pointer partout et comme à l’époque citée, avec des profondes contradictions à l’intérieur de chaque bourgeoisie dominante.
Le seul intérêts de la candidature Mélenchon, je pense voter pour lui manque d’autre chose (l’abstention est une absurdité dont certains font vertu depuis 50 ans), est qu’il permettre de se compter à ceux qui sont positivement contre le plan Fillon (sous ses trois versions, Macron, Fillon, le Pen) et préparer, par la critique sans concessions du programme et de la personne Mélenchon, au surgissement d’une solution politique pour les grandes majorités de ce pays et du monde entier.
Fillon se trouvera soutenu par la bourgeoisie et les médias, cela commence déjà. Il n’y a pas d’autre moyen de faire passer le plan capitaliste dont « l’économie » (les intérêts de la bourgeoisie française) a urgent besoin.
Marine le Pen fera un bon premier tour et un mauvais second tour. Ses propositions économiques la mettent à l’écart. Une démagogie qui peut plaire à ses électeurs mais qui est impossible pour la finance et le patronat. Si elle arrivait par malheur, elle appliquerait, maquillé, le plan Fillon aussi.
Macron ne peut pas assurer le plan Fillon qui est le plan économique de tous. Il n’a pas une organisation politique pour freiner l’ampleur des manifestations qu’un tel plan va déclencher.
Donc, Fillon a des chances de gagner les élections.
Car ’la gauche’ ne peut pas gagner.
Hamon, qui n’a d’autre programme que justifier le quinquennat désastreux d’Hollande n’est en lise que pour essayer de sauver le P.S. et plomber Mélenchon.
Mélenchon ne peut pas arriver si les électeur PS votent même dans une faible proportion par Hamon.
N’en parlons pas d’autres candidatures.
Avenir ?
Le plan Fillon appliqué contre vents et marées soit Fillon, premier possibilité, MLP ou Macron qui gagne.
Possibilités ?
Une lever de boucliers à l’hauteur de la menace. Mais il faudra un drôle de combat pour faire reculer ce plan. Et il est fort probable qu’une réponse très autoritaire soit mise en place. Il faudra s’attacher les pantalons avec du fil barbelé.
Ou, rien du tout et la misère garantie pour les travailleurs et une partie importante des classes moyennes.
@alain_àààé En ce qui concerne « le recul d’un siècle » quand on lit « la grosse vache d’arabe » on se place au niveau du X eme siècle par la bêtise raciste qui suinte de tels propos.
La crédibilité d’une argumentation contre la loi El Kohmri tombe à plat devant de expressions colonialistes, impérialistes comme c’est le fond de tout racisme contre des peuples des pays peu développés.
Que est-ce que cela aurait changé si l’auteur de la loi aurait été Hollande ou Vals qui l’ont soutenue d’ailleurs ?
Les sympathisants du Front National qui se croient défenseurs du monde du travail vont drôlement déchanter si par malheur leur candidate gagne, car elle mettra en réalité en place le programme de Fillon et fera porter tout le poids de la crise sur les travailleurs français et immigrés.
Ils verront alors que la défense de leurs intérêts passe par l’unité des travailleurs qui vivent en France et que les idées et propos racistes ne contribuent qu’affaiblir et diviser le combat nécessaire contre les plans du capital et leurs représentants politiques, soient Fillon, Macron ou Marine Le Pen.
Il faut pas se tromper d’ennemi. Et il ne faut pas confondre quelques délinquants minoritaires avec la classe ouvrière immigrée, moins encore avec les fils des immigrés qui ont fait des études et menée une vie comme tout le monde.