Pour moi, tout le monde s’en fout parce que quand j’en parle à mes proches et amis, on considère que les banlieues sont devenues de facto des territoires étrangers et que ça parait aussi lointain à des gens qui n’y vivent pas que le Paraguay ou la Birmanie.
Pascal Praud, journaliste de CNEWS, s’est étonné du silence des autres médias.
Autour de moi, peu de gens parlent des banlieues par rapport à ce qu’il s’y passe depuis le début du confinement, à la limite j’ai pu constater plus d’exaspération de voir les Parisiens ou le patron du Medef partir sur les routes pour passer le confinement dans un endroit de leur choix. J’ai également entendu plus de critiques sur le gouvernement, par rapport aux consignes (notamment les plus récentes) de laisser les banlieues gérer le confinement à leur guise, que sur les banlieues elles-mêmes.
J’y vois une raison très simple ; les parisiens ou les gens influents sont critiqués par manque de respect des règles communes qui devraient s’appliquer à l’ensemble de la population française, mais je doute qu’on réfléchisse de la sorte pour les banlieues.
Tout se passe comme si au fond la sécession de ces territoires avait été intériorisée et avalisée, et que les affaires internes à ces zones ne relevaient plus tellement de questions liées à la société française (en un mot, que « ça ne nous concerne plus »). Et que du coup, on parle peu des banlieues parce qu’il s’agit d’un sujet secondaire, et que l’on privilégie toujours l’actualité nationale à celle de l’extérieur.
« Raciste », je serais loin d’aller jusque là. Ceci dit c’est un article très orienté, dans la mesure où je peux vous assurer que là où je vis en France, le non-respect du confinement est massif. Quand je discute autour de moi, l’incurie des autorités et l’absence totale de fil conducteur semblent avoir joué un rôle déterminant.
Remarque personnelle ; le respect du confinement dans les banlieues est certes des plus relatifs, mais ça a été pareil à Paris, qui a perdu des centaines de milliers d’habitants qui sont allés faire gonfler la population des stations balnéaires. Evidemment, ce n’est pas l’auteur qui va en parler.
Quant au « miracle » de Giuliani... Je n’ai pas d’à priori sur le détail de sa politique (au passage, il faudrait plus que deux lignes pour faire l’analyse globale d’une politique de sécurité d’une municipalité de cette taille et sur près d’une décennie), mais d’autres grandes villes de cette taille aux USA ont connu une baisse de la criminalité, et le mouvement s’est enclenché avant Giuliani (et avant les élections de 1993). https://en.wikipedia.org/wiki/Rudy_Giuliani#/media/File:Giuliani_crime_rate.png