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Un citoyen, tout simplement....
" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]

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  • Premier article le 14/08/2006
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Derniers commentaires



  • ZEN ZEN 20 décembre 2006 15:01

    @Gem,

    Voilà ce que peut donner la notion de sociobiologie appliquée hier et aujourd’hui à la vie économique et sociale, d’après l’économiste Galbraith, qui en fait la critique :

    "Au milieu du XIXe siècle, une autre forme de déni connut un grand succès, particulièrement aux Etats-Unis : le « darwinisme social », associé au nom de Herbert Spencer (1820-1903). Pour ce dernier, dans la vie économique comme dans le développement biologique, la règle suprême était la survie des plus aptes, expression que l’on prête à tort à Charles Darwin (1809-1882). L’élimination des pauvres est le moyen utilisé par la nature pour améliorer la race. La qualité de la famille humaine sort renforcée de la disparition des faibles et des déshérités.

    L’un des plus notables porte-parole américains du darwinisme social fut John D. Rockefeller, le premier de la dynastie, qui déclara dans un discours célèbre : « La variété de rose “American Beauty” ne peut être produite dans la splendeur et le parfum qui enthousiasment celui qui la contemple qu’en sacrifiant les premiers bourgeons poussant autour d’elle. Il en va de même dans la vie économique. Ce n’est là que l’application d’une loi de la nature et d’une loi de Dieu. »

    Au cours du XXe siècle, le darwinisme social en vint à être considéré comme un peu trop cruel : sa popularité déclina et, quand on y fit référence, ce fut généralement pour le condamner. Lui succéda un déni plus amorphe de la pauvreté, associé aux présidents Calvin Coolidge (1923-1929) et Herbert Hoover (1929-1933). Pour eux, toute aide publique aux pauvres faisait obstacle au fonctionnement efficace de l’économie. Elle était même incompatible avec un projet économique qui avait si bien servi la plupart des gens. Cette idée qu’il est économiquement dommageable d’aider les pauvres reste présente. Et, au cours de ces dernières années, la recherche de la meilleure manière d’évacuer toute mauvaise conscience au sujet des pauvres est devenue une préoccupation philosophique, littéraire et rhétorique de première importance. C’est aussi une entreprise non dépourvue d’intérêt économique.

    Des quatre ou peut-être cinq méthodes en cours pour garder bonne conscience en la matière, la première est le produit d’un fait incontestable : la plupart des initiatives à prendre en faveur des pauvres relèvent, d’une manière ou d’une autre, de l’Etat. On fait alors valoir qu’il est par nature incompétent, sauf quand il s’agit de gérer le Pentagone et de passer des marchés publics avec des firmes d’armements. Puisqu’il est à la fois incompétent et inefficace, on ne saurait lui demander de se porter au secours des pauvres : il ne ferait que mettre davantage de pagaille et aggraverait encore leur sort."



  • ZEN ZEN 20 décembre 2006 14:51

    @Gem

    Votre article se situe constamment dans l’équivoque, faute de définitions rigoureuses ,et de ce fait évolue dans un malentendu constant, sur des bases de parti-pris trés discutables.

    La notion de sociobiologie est une des plus confuses et des plus dangereuses qui soit, forgées par Spencer à la fin du 19°S., dans un contexte de biologisme triomphant, d’eugénisme ignorant, et de racisme (à prétention scientifique)naissant.

    Darwin n’a jamais songé appliquer la notion de « lutte pour la vie », un de ses concepts-clé, au domaine social ou culturel. Or vous établissez indûment un parallèle entre nature et culture, et ne cessez de jouer sur des analogies discutables.Dés que l’extrapolation est faite, on peut dire n’importe quoi : qu’il est naturel que les plus puissants (riches ?)dominent,etc...Alexis Carrel, admirateur de Pétain, défendait ces thèses, et bien d’autres..cette « école » n’est pas morte, surtout aux USA...

    Je vous livre une petite mise au point mieux faite que la mienne, trés simple et trés claire :

    Spencer Herbert Le darwinisme social

    par Denis Touret, Université de Paris 1. Les grands idéologues et les autres : Darwin « Herbert Spencer (1820-1903). Dans le domaine social le darwinisme a donné naissance au XIXème siècle a une théorie - le darwinisme social - dont le représentant principal est l’anglais Herbert Spencer.

    Alors que le darwinisme est une théorie générale qui concerne l’évolution de toutes les espèces vivantes, le darwinisme social de Spencer est une application sociologique du darwinisme concernant l’évolution interne de l’espèce humaine.

    Le darwinisme social affirme que la compétition, la lutte pour la vie, affecte, à l’intérieur de l’espèce humaine, les différents groupes sociaux qui la composent (familiaux, ethniques, étatiques) de telle sorte que des hiérarchies se créent, qui sont le résultat d’une sélection sociale qui permet aux meilleurs de l’emporter.

    Or, pour Spencer, tous les groupes sociaux étant en compétition les uns avec les autres, tout ce qui peut affaiblir un groupe social bénéficie à ses concurrents.

    En conséquence, Spencer pense que toute protection artificielle des faibles est un handicap pour le groupe social auquel ils appartiennent, dans la mesure où cette protection a pour effet d’alourdir le fonctionnement du groupe et, donc, de le mettre en position d’infériorité face aux groupes sociaux rivaux.

    Le darwinisme social est politiquement utilisé par le libéralisme classique, conservateur, pour justifier de la non-intervention de l’Etat dans le domaine économique et social, intervention qui est considérée comme étant handicapante pour la Société.

    Herbert Spencer, The Principles of Sociology, 3 vol., 1876-1896, Principes de sociologie, 5 vol., Paris, 1878-1898. Herbert Spencer, Patrick Tort, Autobiographie ; Spencer et le système des sciences : naissance de l’évolutionnisme libéral, PUF, Paris, 1987. Herbert Spencer, Le droit d’ignorer l’Etat, Les Belles Lettres, Paris, 1993. »



  • ZEN zen 19 décembre 2006 17:21

    @ Canard,

    C’est vrai que le jeu est complexe. Pour faire comprendre un aspect du problème, on peut analyser simplement l’« idéologie du client », telle qu’elle est plus ou moins intériorisée par la plupart d’entre nous, telle qu’elle est produite aussi(parfois savamment) par des intérêts qui nous dépassent et dont nous sommes les effets et les acteurs (plus ou moins conscients et volontaires). Chacun se reconnaîtra en cette période festive de frénésie consommatrice..Voici :

    http://www.monde-diplomatique.fr/1998/12/LAZULY/11399

    Pour une approche plus élaborée et approfondie des savantes manipulations du système économique néolibéral,se présentant comme « naturel » et postidéologique, l’excellent petit livre de Keith Dixon :« Les évangélistes du marché » est trés éclairant...



  • ZEN ZEN 19 décembre 2006 16:19

    @Dealbata,

    Le démiurge ? Plutôt l’effet des structures, d’un système,comme aurait dit le vieux Althusser, comme le suggère « vilain Canard ». Mais un système qui peut générer des prises de conscience, des révoltes le remettant en question (dialectique entre la nécessité et la liberté).Mais c’est plus compliqué que cela...affaire à suivre...



  • ZEN ZEN 19 décembre 2006 15:44

    Celui qui m’a enlevé un point va voir de quel bois je me chauffe ! smiley

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