A l’attention des irréductibles groupies de l’ex comédien des finances grec.
POUR EN FINIR AVEC VAROUFAKIS
Sur
le site du CADTM*, mon camarade et ami Eric Toussaint s’est lancé dans
une éclairante analyse critique du nouveau livre égotique du chevalier
blanc Varoufakis (550 pages de « moi je ») et démontre encore toute
l’imposture du personnage.
Eric vient notamment de nous dénicher
la preuve formelle que Tsipras, Varoufakis et Dragasakis s’étaient bien
mis d’accord en secret dès novembre 2014, c’est-à-dire deux mois avant
l’élection de Tsipras, pour ne jamais appliquer le programme de
Thessalonique. Ce programme, largement adopté lors du congrès de SYRIZA
en septembre, avait été présenté, durant la campagne de janvier 2015,
comme la pierre angulaire et le cap incontournable de Tsipras et
Varoufakis en cas de victoire le 25 janvier.
Parmi les premiers à
dénoncer cette trahison, Stathis Kouvélakis m’avait également parlé
« d’arrangements probables fin novembre 2014 », mais n’en avait pas
encore la preuve. A l’époque, le mouvement social recommençait à
descendre dans la rue, avant que les émeutes et occupations ne se
multiplient début décembre, à l’initiative des anarchistes en solidarité
avec leurs camarades emprisonnés en grève de la faim, en particulier
Nikos Romanos. Craignant une insurrection sociale similaire ou plus
intense encore qu’en décembre 2008, le gouvernement de droite du premier
ministre Samaras avait alors essayé de calmer le jeu en annonçant des
élections anticipées, selon la stratégie gaulienne de juin 1968.
La
preuve de la préméditation, la voici enfin, trois ans plus tard, de
l’aveu même de Varoufakis, emporté par sa vanité qui lui fait dire
jusqu’à l’inavouable. Le Tartuffe de la gauche européiste dévoile le
pot-aux-roses dans une page de son livre :
« J’étais à Austin
(Texas) quand j’ai entendu aux informations qu’Alexis avait présenté les
grandes lignes de la politique économique de Syriza dans un discours à
Thessalonique. Surpris, je me suis procuré le texte et je l’ai lu. Une
vague de nausée et d’indignation m’a submergé. Je me suis tout de suite
mis au boulot. (…) Le Programme de Thessalonique promettait des
augmentations de salaire, des subventions, des bénéfices et des
investissements qui seraient financés par des mannes imaginaires, ou
illégales. Il comprenait également des engagements que nous ne devrions
même pas avoir à tenir. Enfin, il allait à l’encontre de toute stratégie
de négociations raisonnable pour maintenir la Grèce dans la zone euro,
tout en affirmant qu’elle devait y rester. Le programme était tellement
bancal que je n’ai même pas pris la peine de le critiquer point par
point. J’aurais tellement aimé lire un autre discours de la part
d’Alexis Tsipras ! Vous imaginez un discours qui commencerait par
Pourquoi voter pour nous ? et répondrait Parce que nous vous promettons
trois choses : du sang, de la sueur et des larmes ! »
A la lecture de ces lignes, Eric commente fort justement :
« Prendre comme référence positive W. Churchill dans une critique
publique adressée au programme de Thessalonique, c’est toute une
affaire. Churchill a organisé la répression sanglante des manifestations
et des grèves qui ont secoué la Grèce à la fin de l’année 1944 lorsque,
dans le cadre des Accords de Yalta, la Grande-Bretagne a pris le
contrôle du pays en réprimant les principales forces qui avaient libéré
le pays de l’occupation nazie. »
Une fois de plus, depuis son
départ au soir de la victoire du OXI le 5 juillet 2015, Varoufakis
sombre dans le ridicule de sa mise en scène. Mais ce qui est nouveau,
c’est que le pseudo héros des réunions de l’Eurogroupe vient de dévoiler
une fois pour toutes ce qu’il est : un traitre et un imposteur.
Yannis Youlountas
* http://www.cadtm.org/Les-propositions-de-Varoufakis-qui