A Jean-Paul Foscarvel
Suite :
La
dissolution d’un parti politique ou d’une ligue en France est en effet une mesure exceptionnelle, soumise à des procédures strictes et
encadrées par la loi.
Elle ne peut être prononcée que pour des motifs graves, notamment
lorsque l’organisation vise à porter
atteinte à la souveraineté nationale, à la démocratie, à
l’intégrité du territoire ou à la forme républicaine du
gouvernement,
comme stipulé par l’article 4 de la Constitution.
Procédures
de dissolution
Par
décret en Conseil des ministres :
Le président de la République peut dissoudre un parti ou un
groupement politique par décret en Conseil des ministres si
celui-ci :
-
-
Provoque
des manifestations armées,
-
Présente
le caractère de groupes de combat ou de milices privées,
-
Contribue
à la discrimination, à la haine ou à la violence contre
des groupes de personnes en raison de leur origine, sexe ou
orientation sexuelle,
-
S’adonne
à des agissements visant à provoquer des actes
terroristes (article
L212-1 du code de la sécurité intérieure).
-
Par
décision judiciaire :
Un tribunal administratif (comme celui de Rabat au Maroc, mais en
France, le Conseil d’État est compétent pour les recours) peut
prononcer la dissolution d’un parti si les éléments présentés
sont suffisants et fondés sur des faits concrets.
Cas
récents et jurisprudence
-
Le Conseil
d’État a
confirmé en 2024 que les
partis politiques constitués en association loi 1901 sont soumis au
régime de dissolution prévu par le code de la sécurité
intérieure. Il
a validé la dissolution du groupement Civitas,
jugé dangereux pour l’ordre public en raison de la gravité et de
la récurrence de ses prises de position.
-
En
2020, le ministre de l’Intérieur a évoqué la dissolution
du CCIF (Collectif
contre l’islamophobie en France) et de BarakaCity après
l’assassinat de Samuel Paty, mais ces mesures sont sujettes à des
recours devant le Conseil d’État, qui exige des éléments
tangibles et
non seulement des discours ou des contextes.
Suite