Bonjour @juluch,
Merci pour votre commentaire particulièrement lucide qui apporte un éclairage indispensable à la compréhension de cette tragédie.
Vous touchez là du doigt le nœud gordien de l’histoire ukrainienne de cette période. L’accueil initial d’une partie de la population envers la Wehrmacht, perçue à tort comme une armée de libérateurs, s’explique précisément par le traumatisme des exactions du NKVD que je décris dans l’article, combiné au souvenir encore brûlant de la Grande Famine (l’Holodomor) des années 1930. L’horreur soviétique a, hélas, poussé certains dans les bras de l’horreur nazie.
Comme vous le soulignez très bien, l’illusion fut de courte durée. Le projet nazi pour l’Est (le Generalplan Ost) n’avait aucunement prévu l’indépendance de l’Ukraine, mais bien la colonisation des terres et l’extermination ou la mise en esclavage de ses populations slaves, considérées comme des « sous-hommes » par l’idéologie nazie. Ceux qui ont choisi la collaboration ont souvent fini broyés par la machine de guerre ou déportés après le retour de l’Armée rouge.
Votre conclusion est d’une brûlante actualité. La mémoire de ces traumatismes croisés — où chaque camp instrumentalise les crimes passés de l’autre — s’est transmise de génération en génération. Ce passé non digéré, où rien n’a été pardonné, constitue effectivement l’un des moteurs mémoriels et psychologiques du conflit dramatique que nous observons aujourd’hui.