@La Bête du Gévaudan
En vous relisant, éventuellement, avant d’envoyer le post, vous auriez du mesurer la contradiction interne de vos propos :
« Le capitaliste propriétaire des robots doit trouver des clients : il doit donc vendre à un prix abordable à la classe populaire. En retour, il recevra des services.
Pour moi il n’existe pas de différence entre les biens et les services. Ce sont en réalité tous des services. On paye aussi bien le boulanger (pour son pain) que le coiffeur (pour une coupe). Les consommateurs vont donc acheter à bas-coût les services produits par les robots. En échange, ils produiront eux-mêmes de nouveaux services non-robotisés. »
>>> le pseudo « capitaliste propriétaire des robots », que ce soit Bezos, Musk ou un autre, n’est jamais qu’un seul individu avec ses besoins individuels en biens et services qui ne sont jamais que ceux d’un seul individu, aussi mégalomaniaque soit-il ! Par conséquent il ne peut y avoir d’équilibre dans l’« échange » entre lui et la foule des consommateurs populaires, qui, eux, travaillent tous, chacun en tant qu’individu également, pour échanger le « produit » économique de son travail en services rendus à ses semblables contre des biens produits finalement par une armée de robots, et non pas par Mrs Bezos, Musk, ou quelques autres individus devenus en quelque sorte les « maîtres des robots »...
Non, au delà des implications financières à grande échelle, l’échange réel se fait donc bien entre une armée de robots et la foule des consommateurs, c’est à dire quasi directement entre le cycle de renouvellement du capital fixe, celui des machines robots, et le cycle de renouvellement du capital variable, celui du travail humain du secteur tertiaire, « improductif » en termes de biens matériels.
Il y a donc bien une confrontation insoluble en termes d’échange des produits du travail, une contradiction qui n’existait donc évidemment pas du temps de Bastiat, quand il s’agissait encore d’échanger les produits du travail de la classe ouvrière industrielle en pleine expansion contre les services des travailleurs du secteur tertiaire, lui même en train de prendre son envol en termes de développement économique.
C’est ce qui manque complètement dans l’analyse de Bastiat en termes d’analyse de production de la valeur économique et de la circulation du capital, même à son époque, parce que précisément il veut absolument confondre production de biens et de services, alors qu’il persiste toujours une différence, quoi que l’on fasse :
Tant que le boulanger est quasiment un artisan ouvrier qui produit encore essentiellement le pain à la sueur de son front et avec sa force de travail humaine, il peut encore éventuellement l’ « échanger » contre la « sueur » du coiffeur qui lui coupera les cheveux, mais si demain le coiffeur est un robot, et même à supposer qu’il lui coupe aussi bien les cheveux, et pour « moins cher », je doute fort que le robot se rende ensuite à la boulangerie pour y acheter du pain dont il n’a évidemment que faire !
>>> alors que selon vous >>> « Les consommateurs vont donc acheter à bas-coût les services produits par les robots. En échange, ils produiront eux-mêmes de nouveaux services non-robotisés. » >>> en vous relisant, vous auriez du normalement percevoir le non-sens de votre phrase.
>>> le boulanger ne produit pas pour les robots, et même et surtout, du reste, s’il est un jour prochain lui-même remplacé par un robot, et un robot n’aura jamais pour fonction de couper les cheveux d’un autre robot !
>>> On ne peut donc que constater ces deux tropismes fondamentaux de l’évolution actuelle de la société :
1 _ le cycle de renouvellement du capital fixe, celui des machines, tend à s’autonomiser de plus en plus complètement du cycle du travail humain productif et du cycle de capital productif qui va encore avec.
2 _ l’autonomisation de plus en plus poussée des machines robotiques, grâce notamment à l’IA générative, tend à autonomiser complètement leur propre cycle de reproduction, indépendamment des besoins humains réels.
>>> le point de bascule se produira par la mise en réseau IA de l’extraction des ressources naturelles avec le cycle de reproduction des machines robots
>>> les « apprentis sorciers » Bezos, Musk et autres, aussi « géniaux » soient-ils, seront alors eux-mêmes réduits au stade de larves inutiles, sinon de parasites à éliminer, par leurs propres créatures robotiques.
Luniterre