@Krokodilo,
Sur le sabotage de Nord Stream, vous avez raison : l’enquête allemande pointe bien vers une équipe ukrainienne et le silence gêné de nos gouvernements face à cette attaque contre nos intérêts énergétiques est tout à fait critiquable. On peut tout à fait soutenir l’Ukraine face à l’agression russe tout en dénonçant ses coups tordus.
Là où nos lectures divergent, c’est sur les causes de cette guerre.
L’argument de la « protection des populations du Donbass », bien que validé par la rhétorique du Kremlin, ne tient pas face aux faits. L’ONU n’a jamais validé cette invasion. Le conflit au Donbass en 2014 n’était pas une guerre civile spontanée, mais une insurrection armée, financée et encadrée dès le premier jour par des officiers russes comme Igor Guirkine. Quant à « l’Allée des Anges », chaque enfant mort dans cette guerre est un drame absolu, mais l’immense majorité des victimes civiles au Donbass a été tuée au plus fort des combats en 2014-2015, initiés par cette ingérence. Entre 2016 et 2021, le nombre de victimes civiles avait d’ailleurs drastiquement chuté. L’invasion de 2022 n’a rien « protégé » du tout : elle a transformé le Donbass en un champ de ruines et fait des dizaines de milliers de morts supplémentaires, y compris parmi ces populations russophones.
Enfin, l’Histoire et la géographie partagées sont réelles, mais elles ne donnent aucun droit de propriété. Les Ukrainiens et les Russes ont des liens familiaux immenses, c’est vrai, et c’est précisément ce qui rend cette agression encore plus tragique. Mais partager une culture ne signifie pas vouloir partager le même gouvernement, surtout quand ce dernier choisit la destruction et la soumission.
On peut débattre des erreurs de l’OTAN ou de la diplomatie occidentale, mais à la fin, c’est bien Moscou qui a décidé de franchir une frontière avec des colonnes de chars pour rayer un État souverain de la carte.