Je crois qu’on a tous beaucoup de mal à se placer dans le contexte mental d’une époque plus ou moins éloignée. La saignée de 14-18 a discrédité chez beaucoup - y compris des militaires - tout recours à la force. Beaucoup qui avaient connu les gares de triage où passaient des millions de poilus, dont des centaines de milliers qui ne revenaient pas, ont estimé que rien, qu’aucune cause, ne méritait de faire revivre cela. Alors quoi de surprenant à l’effondrement de 1940 ? C’est déjà beau qu’un petit nombre, dès le départ, se soit ressaisi. Evidemment, accepter l’armistice dans un premier temps n’impliquait pas nécessairement collaboration. J’ai peur, hélas, que cet état d’esprit soit de retour en ce moment. Certes, la guerre ne résout rien, bien des fois, ou alors la politique doit accompagner les armes (Cambronne nous a rappelé que la France avait bel et bien gagné la guerre d’Algérie sur le terrain), et l’aspect relations publiques prend de plus en plus de place (au fait, il semblerait que Colin Powell ait arrêté l’offensive de la première guerre du golfe après avoir visionné les images de l’immense convoi irakien détruit par les flammes - il craignait un retournement de l’opinion publique et était lui-même choqué par l’ampleur du massacre)
Effectivement les démocraties doivent compter avec ce facteur.
Post Scriptum : L’entêtement peut aussi coûter très cher : je me souviens d’une intervention en cours de tactique : Peu après les premières grandes batailles de 1914, l’armée française avait massé une très importante force de cavalerie et celle-ci se trouver prête à s’engouffrer dans le point faible du dispositif allemand, une brèche entre deux armées. Seulement aucun général ne croyait à l’avenir de cette arme, et l’ordre d’attaquer ne fut jamais donné. En même temps, juste avant la guerre, on avait réintroduit les lances même pour des unités qui n’en avaient jamais eues...