Pour allant plus avant :
La guerre que se font les socialistes et les libéraux est un jeu de mimes entre l’auguste et le clown-blanc. Ils sont tous fruits du même arbre, celui de l’âge moderne, de la défiance de l’objet politique, de la suprématie de l’économie et du social sur toute autre considération. La différence majeure est que les libéraux, cyniques jusqu’au bout des ongles, l’assument totalement, sans vergogne, tandis que les socialistes, catholiques modernes, ont aujourd’hui quelques remords vis-à-vis de ce qui a été délaissé.
Les uns et les autres sont tous individualistes, et si les socialistes se soucient à nouveaux frais de la notion de « bien commun », c’est toujours dans une optique de charité chrétienne : soulager la misère des plus démunis. C’est tout à fait louable, mais à cela, la justice, la vraie, reste sourde et répond sèchement : « N’existe-t-il pas des déshérités qui méritent leur sort et des riches qui n’usurpent pas leur richesse ? »