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En réponse à :


armand armand 13 octobre 2006 18:09

@Gigi

La discussion porte moins sur la réalité des massacres, même en Turquie, que sur l’utilisation du terme juridique « génocide ». Ce qui complique la lecture des faits c’est que, contrairement aux Allemands, les Turcs à la même période étaien eux aussi victimes de massacres, et que toute la politique des états chrétiens, et surtout de la Russie tsariste, était de démembrer l’empire ottoman en provoquant des insurrections. Dans les Balkans, notamment, des milliers de Turcs musulmans ont été victimes de massacres. Il ne faut pas oublier non plus que vingt ans plus tôt d’autres massacres ont visé les Arméniens sans qu’il soit possible de savoir si le sultan était au courant, ni s’il pouvait s’y opposer. A la différence de l’Allemagne nazie, l’Empire ottoman avait en principe un autocrate à sa tête, en réalité, tous les sultans entre 1861 et 1920 ont été renversés par des cabales. Et la volonté claire et nette d’extermination est venue d’une clique totalitaire au pouvoir pendant moins d’une dizaine d’années-les « Jeunes Turcs ».

Les Ottomans ont conquis l’empire byzantin comme les lointains prédécesseurs des Byzantins, les Romains, ont conquis le royaume macédonien qui régnait sur Byzance. A travers le monde des états se sont anéantis sans vergogne rendant très difficile de déterminer quel peuple est le « légitime » possesseur d’une terre. Il est vrai aussi qu’une parole amicale adressée par la Turquie à la Grèce signifiant que les Turcs s’estiment, eux aussi, héritiers de Byzance, serait appréciée - mais il ne faut pas oublier que la Grèce a failli dévorer la Turquie en 1920. Les Occdentaux ont souvent du mal à appréhender la complexité turque, se contentant de séjours touristiques sur la côte égéenne : c’est un pays véritablement revenu de loin, qui a failli disparaître, après avoir été au centre d’une des plus brillantes civilisaions. En même temps l’identité turque moderne, laïque et républicaine (et sincèrement telle) se double d’une mémoire orientale à la fois vantée et refoulée (pensez, un changement d’alphabet radical, rien que ça, ça laisse des traces). Et la Turquie a autour d’elle l’exemple de tant de pays qui n’ont connu que les guerres, les coups d’état, l’arriération, depuis des dizaines d’années. C’est pour cela que le nationalisme turc a souvent quelque chose de contraint, et a du mal à se soumettre à une autocritique comme celle que les Occidentaux pratiquent, de peur qu’en conséquence l’union nationale s’effiloche..

Pour bien comprendre,les romans du dernier prix Nobel, Orhan Pamuk, sont précieux.

Oh, et j’allais oublier : Sainte Sophie n’est plus une mosquée, mais un musée depuis la République...




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