Très bonne remarque, en effet.
Je déplore qu’aujourd’hui la critique objective et argumentée soit des plus délicates, que l’on ne parvienne plus à critiquer l’État sans être taxé de libéralisme prédateur, et dans le même temps que l’on ne puisse plus demander un renforcement de l’État sans que certains y voient du soviétisme. Chacun est de plus en plus sommé de choisir son camp, et lorsque vous dites qu’à tout prendre, vous êtes dans le « camp » du bien commun, on vous rit au nez et vous passez pour un hypocrite, un jésuite.
Il me semble que le problème sous-jacent, c’est l’oubli de ce qu’est la politique et du fait qu’elle soit à jamais nécessaire. La politique, c’est l’art de la difficile conciliation entre l’un et le multiple, l’art de permettre aux individualités d’exprimer leur potentiel dans le respect d’une matrice commune et nécessairement pérenne.