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En réponse à :


Philippe MEONI Philippe MEONI 2 mars 2007 03:27

A l’attention de l’auteur :

Tout d’abord merci de votre réponse et de votre compliment concernant mon modeste article précédent. La modernité de ma démarche n’est motivée que par le seul fait que je ne détiens aucune vérité. Je suis simplement très sensible à mon environnement « existentiel » et parfois choqué par certains faits révélés dans les diverses infos qui me sont aujourd’hui proposées via les médias institutionnels.

Quand Roger GICQUEL a froidement lancé sa célèbre intro au JT « La France a peur... », je ne ressentais pas cette peur à ce moment et j’aurais été curieux de connaître combien de Français avaient ou non cette peur décriée par un homme réputé public. Eût-il suffi, à l’époque, qu’il ait bavardé, lors d’un déjeuner, avec quelques paranos pour s’autoriser à généraliser un point de vue particulier et parler au nom de tous... !

C’est peut être là le fond du problème, en fait, que de laisser les autres interpréter nos propres sentiments ne se référant qu’à un panel dont on ne peut vérifier l’impartialité... Et ce que j’attendais d’AgoraVox, en fait, c’est de pouvoir y lire toutes sortes d’informations, des plus avérées aux plus farfelues, voire, vulgaires ou choquante, et pouvoir, comme chaque lecteur, faire le tri moi-même et exclure (ou non) par un suffrage en temps réel le ou les articles, dans lesquels une majorité d’entre nous ne se reconnaît pas...

Maintenant, encore faut il faire la différence entre information et opinion... Alors, oui, si AgoraVox a vocation de devenir un média qui ne traite que de l’info, dans ce cas, le rôle du rédacteur devra effectivement être soumis à des règles drastiques sur le fond et la forme, pour peu que celles-ci soient clairement notifiées et selon des critères purement « journalistiques » excluant toute trace d’opinion personnelle. Et dans ce cas, nul doute qu’il faille aussi faire passer un test d’aptitude aux candidats rédacteurs avant de l’autoriser à publier sous contrôle d’un modérateur ou rédacteur en chef politiquement correct.

Or, quelle est la véritable vocation d’AgoraVox, puisqu’après lecture assidue d’innombrables articles publiés, j’ai pu constater qu’une grande partie d’entre eux exprimaient bien une opinion ? Et dans ce cas, quelle est la légitimité du comité de rédaction pour juger tel ou tel auteur mérite la publication ou non ? Au nom de l’incompatibilité idéologique ? Ce qui fait à mes yeux l’originalité d’AgoraVox, c’est de pouvoir sanctionner par l’expression d’un vote des personnes concernées, les lecteurs, qui ont aussi possibilité de débattre sur n’importe quel sujet soumis par n’importe quel auteur.

Alors, dans cette optique, on voit l’intérêt au nom de la liberté d’expression et d’opinion mais aussi celui d’obtenir un reflet des véritables aspirations d’une collectivité de lecteurs qui se prononcent eux même, sans en passer par les panels, au risque, certes, de déconcerter quelques médias institutionnels... Mais ce qui resterait aussi un bon outil « d’anti-certitudes » diffusée sur les ondes, les chaînes et les colonnes ?

Et je vais aller plus loin, quitte à choquer, je pense que la liberté d’expression doit aussi tolérer les formes existantes d’apologie pour des idées, des pratiques ou des mœurs réputées intolérables par ces mêmes panels... Car, comment faire la différence entre la volonté collective majoritaire et la puissance des lobbies de tous poils ? Combien d’entre nous ont été officiellement consultés sur le problème de la sécurité routière ou le tabagisme ? Pourtant, on nous laisse penser que l’ensemble des Français est d’accord avec les quelques 500 nouvelles lois qui ont été promulguées dans notre pays depuis 2004... Est-ce vraiment le cas ?

La liberté d’expression, c’est aussi faire de la politique dans le sens noble du terme, car à quoi bon débattre si ce n’est pour espérer changer quelque peu les choses ? Et dans « 5ème pouvoir », il y a « pouvoir »... Doit il rester simplement celui d’informer ou celui d’opposer une majorité d’opinions au quatre autres pouvoirs en place ? Qu’aurait dit alors Roger GICQUEL en apprenant que 80 % des 6 millions de lecteurs d’AgoraVox auraient voté pour un article dont le titre aurait été : « Non, nous Français, nous n’avons pas peur »... ?


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