A
l’époque reculée où l’homme n’avait encore pour mœurs que ses instincts, on
avait remarqué combien sa nature le portait à l’opposition, à la contradiction,
à la domination.
C’est pour enrayer ses mauvais instincts que les Mères instituèrent une
discipline élémentaire qui est toujours restée depuis dans la société, et qu’on
désigne encore par les mots « éducation », « convenance », « savoir-vivre », «
manières comme il faut ».
C’est cette retenue des mauvais instincts qui fut d’abord la Religion. La
connaissance que l’on avait des lois qui régissent la nature humaine avait fait
comprendre que l’homme doit être discipliné, « apprivoisé », pourrait-on dire,
afin de pouvoir vivre dans la société des femmes, des enfants et même des
autres hommes.
On institua donc une règle de vie commune, dont l’homme comprenait la
nécessité, car il s’y soumettait volontairement. C’est dans cette vie calme et
bien organisée qu’on élevait son esprit vers la pensée abstraite et qu’on lui
donnait les moyens de vaincre les sens dont on sut bientôt que l’usage abusif
mène à la folie.
Dans cette société idéale, l’homme ne s’appartenait pas à lui-même, il était à
la vie familiale qui devint la vie sociale, et c’est cela qu’on exprime par le
mot civilisé (civis, citoyen, à Rome, était l’homme affilié à la
communauté).
Toutes les communes, toutes les républiques furent primitivement des
associations de vie et de travail, sous les auspices d’une Déesse nationale. Et
ces républiques ont été puissantes tant qu’un même lien unissait les citoyens
entre eux comme des frères, et les unissait avec la Déesse comme avec une Mère.
La dissolution des Etats, c’est-à-dire le désordre, commença quand certains
hommes, troublés par le mauvais esprit qui engendre l’orgueil, voulurent mettre
leur personnalité au-dessus des autres, s’affranchir des lois établies et
dominer les faibles. Cette révolte fut le commencement de l’erreur sociale,
c’est-à-dire de l’injustice.
L’éducation était encore donnée chez les Gaulois par les grandes prêtresses
et prophétesses que les Romains trouvèrent dans la Gaule et dans la
Germanie lorsqu’ils allèrent combattre les guerriers de Vercingétorix et
d’Arminius.
(…)
De
toute la terre, partout la douceur de l’Enfant et la poésie de l’Adolescent ont
précédé la brutalité de l’homme adulte.
La femme celte ou la « fille » de Vercingétorix