L’auteur a un triple mérite : le labeur, la persévérance, et le tempérament artistique pour certains diagrammes colorés. Mais dès la première courbe il y a un biais : il aurait été plus honnête de faire figurer la droite tendancielle de 2010 à 2019 (donc hors épisode covid) pour mettre en évidence l’effet du covid en 2020, qui est alors bien plus marqué.
Il y a certes un aspect « moisson » (rattrapage) mais il est très loin de couvrir la totalité de la surmortalité (de l’ordre de 45 000 par rapport au seul effet moisson). Vue la moyenne d’âge des personnes décédées du covid, il est vrai qu’une grande part est une « anticipation » qui « s’amortira » en quelques années (alors que la mortalité liée à une maladie touchant les jeunes ne se verrait que longtemps après).
Concernant les mesures restrictives prises dans la plupart des pays touchés par l’épidémie, il serait puéril de nier que la contagion baisse inéluctablement si on réduit les contacts et interactions entre individus. Le problème est plutôt que ces mesures restrictives ne peuvent évidemment pas constituer une situation « soutenable » dans la durée. Donc on pouvait à la limite comprendre le confinement initial lors du surgissement d’une épidémie non encore connue, mais cela aurait du rester « one shot », avec préparation d’autres approches pour éviter ou contenir les cas suivants de recrudescence.
Ceci dit, les négateurs de la réalité de l’épidémie sont également réfractaires aux mesures barrière pour éviter les contaminations (masque, lavage de mains, limitation des rassemblements de masse...), pour eux,« circulez, il n’y a rien à voir ».
Il y a un juste équilibre à trouver, entre les catastrophistes coercitifs et les négateurs réfractaires.