Article intéressant et clair, qui rappelle bien les éléments du problème.
Mais ce passage aurait mérité plus de développements :
« sous la responsabilité de l’Éducation nationale sur laquelle pèse l’obligation de mise en oeuvre du droit fondamental pour l’enfant handicapé d’être scolarisé en milieu normal. Chaque école est tenue d’accueillir les enfants handicapés sans discrimination. Il n’est dérogé à cette règle que si, après une étude approfondie de la situation, des difficultés importantes rendent cette scolarisation objectivement impossible ou trop exigeante pour l’élève. »
En inscrivant dans une loi une sorte de droit fondamental d’être scolarisé en milieu normal, on place les enseignants entre le marteau et l’enclume, à savoir entre la pression des parents qui se réferrent à ces textes pour exiger l’intégration, et la conduite quotidienne de la classe qui peut être plus ou moins perturbée selon le type et la gravité du handicap. Manquent des témoignages d’enseignants qui peuvent être très déstabilisés par cette obligation, par ces enfants particuliers qu’ils ne savent comment gérer et qui peuvent perturber considérablement leur cours. Comme toujours, nos politiciens ont voulu faire une belle loi avant d’en discuter les modalités d’application, de tester sur le terrain les problèmes (nombre d’auxiliaires nécessaires, pour quel type de handicap, etc)en expérimentant dans quelques régions.
Car sans entrer dans le débat sur la normalité, la formule même « milieu scolaire normal » sous-entend le tabou de non-normalité du handicap.
Chacun sait qu’à l’évidence certains handicaps empêchent de suivre une scolarité normale, même dans une ou deux classes d’écart. Les arguments très valables d’apprendre à vivre ensemble, d’apprendre les différences, la tolérance, ne doivent pas nous empêcher de poser les problèmes sinon on tombe dans le politiquement correct.
« il n’est dérogé à cette règle que si », « après étude approfondie »
Donc manquent des précisions à ce sujet : qui décide, quelle commission paritaire va décider que tel ou tel enfant ne peut raisonnablement pas intégrer, même avec un auxiliaire ? Et cette décision sera-t-elle prise avant, ou seulement après des tentatives d’intégration ?