Zelensky est beaucoup plus issu des circonstances que d’un plan délibéré. Fort de la popularité d’une série télé de président honnête, il s’est présenté en challenger improbable au président sortant Porochenko devenu impopulaire, il représentait alors une alternative considérée comme plus conciliante.
Mais il a été sous influence de la tendance nationaliste et de pressions contradictoires, ne pouvant résoudre le conflit ’’semi gelé’’ du Donbass.
Le déclenchement de la guerre est une autre ’’circonstance’’, il a endossé le rôle du faible attaqué par le fort, mais qui résiste malgré tout. Il s’est grisé de ses succès de communication incontestables, et d’une résistance inattendue de la défense ukrainienne (moins faible militairement que l’on croyait, car fortement renforcée suite à la Crimée et la crainte d’un coup de force plus global -qui a eu lieu-). De ce fait, il veut passer dans l’histoire comme un héro intransigeant, et a compris que les dirigeants atlantistes culpabilisaient d’avoir mis l’Ukraine en position de danger en voulant l’attirer dans son giron, il exige toujours davantage et reproche de ne pas en faire assez, et les experts de plateau télé abondent dans ce sens (c’est télé Kiev sur toutes nos chaines).
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Mais le bon sens élémentaire montre qu’il n’y a pas une once de probabilité de reconquête militaire des frontières d’avant 2014, les parrains occidentaux le savent, et Zelensky doit bien le savoir lui-même.
On ne voit d’issue possible qu’un compromis territorial comme lors de la guerre soviéto-finlandaise de 1939, mais cette fois avalisé par l’autodétermination sous contrôle international des territoires disputés, et un accord global de sécurité européenne.
Chacun pourra tenir un narratif de semi victoire, pas tout perdu pour les uns, un peu gagné pour les autres.