Les métaphores par lesquelles on avait annoncé la fin du monde avaient été mal interprétées. Ainsi, quand les prophètes avaient dit que les fondements de la terre allaient s’ébranler, cela s’appliquait aux institutions sociales qui allaient être attaquées et détruites, et non au globe terrestre et à ses conditions physiques.
Quand ils avaient dit que le soleil, la lune et les étoiles allaient s’obscurcir et s’éteindre, cela se rapportait aux lumières de l’intelligence comparées aux astres du ciel et qui (suivant l’expression antique) allaient être mises sous le boisseau par l’homme pervers.
Et c’est bien ce qui se produisit, puisque les conquérants qui arrivaient au pouvoir avaient toujours pour premier soin d’étouffer la pensée, souvent même de faire brûler les livres dès qu’ils prenaient possession du trône.
Toutes les métaphores annonçaient le renversement du « monde intellectuel » et le règne de la brutalité.
Ainsi, quand Isaïe dit, apostrophant Babylone : « Brillante étoile, comment es-tu tombée du ciel ? », elle fait une allusion à la ruine du règne de l’Esprit féminin en Chaldée. Ce style était celui de l’époque.
Cicéron écrit à Atticus, en parlant de Pompée déchu de sa popularité et de sa grandeur : « En effet, il était tombé de la hauteur des étoiles. »
Précisons que le mot « Déluge », surtout connu par le récit de l’Arche de Noé dans la Bible, est symbolique et indique la « Vague humaine » qui déferla sur le monde pour le bouleverser. Ram, Tamerlan, Gengis-Khan, Alexandre, César, sont des hommes de « déluge », des hommes de « nuit » détruisant sur leur passage les œuvres de l’esprit féminin, semant partout des ruines où régnaient des idées, brûlant les livres pour cacher les Vérités.
Ce soulèvement, provoqué par l’invasion de la barbarie des hommes forts, des brutes, dans le monde régi par des femmes, est devenu une grande inondation parce que, dans le symbolisme antique, on représentait l’Esprit de Vérité par le feu qui brille, par la torche qui éclaire, et l’erreur qui est son contraire par l’eau qui éteint le feu ; l’eau, symbole de l’ignorance qui éteint les lumières, devient le domaine du dieu mâle, Poséidon ou Neptune, et on créé le baptême par l’eau, par opposition à la purification spirituelle par le Feu : en Grèce, on a le déluge d’Ogygès, celui de Deucalion et de Pyrrha ; en Scythie, celui d’un autre Deucalion ; chez les Hindous, celui de Satyavrata ; chez les Mexicains, celui de Coxcox ; chez les habitants de la Floride et les Apaches, celui de Massou ; les Frisons appartiennent à la race « de la chute de l’homme » ou « Déluge de Lao », que quelques symbolistes font remonter à 12.000 ans environ avant le submergement de l’Atlantide ; le déluge des Brahmanes fut appelé Dinapralaya. La légende du déluge universel a inspiré Raphaël qui nous a montré les hommes dans l’eau cherchant à y entraîner les femmes. Donc, à son époque, on savait encore ce que signifie le symbolisme.
NB : L’Apocalypse est un livre écrit par un auteur qui se répand en doléances sur le mal qui règne partout, sur le sort des opprimés victimes des religions et des institutions nouvelles des hommes.
Il s’élève contre Jézabel, désignant ainsi les femmes perdues qui suivent les Paulinistes. Il accuse les Nicolaïtes et les Juifs qu’il appelle « ceux de la synagogue de Satan », et annonce, une fois de plus, le retour de la Femme-Messie.
Ce livre, tout rempli de réminiscences de l’Ancien Testament, a évidemment été altéré par les Jésuistes qui y ont mis, après coup, leur Jésus, leur Dieu Père, leur personnel ecclésiastique et les douze apôtres à la place des douze tribus, ce qui fait qu’ils apparaissent comme contemporains des prophètes. L’Apocalypse a dû être écrite avant la destruction du temple ; les remaniements qu’elle a subis, peut-être plusieurs fois, ont dû commencer dans le IIème siècle, L’ancien symbolisme, dont la signification était connue et facile à comprendre, y devient un surnaturel fantastique en prenant les idées abstraites symbolisées pour des réalités concrètes. Cette transformation de l’idée se retrouve dans tous siècles, c’est l’éternel manteau de l’ignorance et de la bêtise posé sur l’éternelle Vérité.
L’Apocalypse en est un des plus frappants exemples. Ceux qui savent la lire et la comprennent y voient de grandes choses, de tout temps elle a eu un grand prestige. Ceux qui ne comprennent que la lettre sans apercevoir l’esprit n’y voient qu’une vision étrange d’un illuminé.
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