Il me semble que chronologiquement et par importance, le ’’sionisme chrétien’’ qui existe essentiellement chez les protestants littéralistes étasuniens n’est pas la forme prépondérante. Ce n’est pas aux USA ni même au Royaume Uni qu’est né en le projet sioniste, mais en Europe centrale, dans les milieux juifs intellectuels, en réaction à un antisémiitisme spécifiquement européen.
Les bailleurs de fonds et influenceurs yankees sont venus ensuite, mais les migrants juifs étaient issus principalement d’Europe centrale et orientale, acteurs de l’implantation sur le terrain.
Par ailleurs, qualifier globalement d’« antisémite » ce courant religieux du sionisme protestant est inapproprié (cela concerne une minorité d’entre eux), car s’il vise la conversion des Juifs ce n’est pas dans une démarche hostile ou discriminatoire, ils sont en quelque sorte des ’’compagnons de route’’ du sionisme politique et nationaliste. Au delà de ce courant et d’une manière plus générale, les chrétiens américains imprégnés d’ancien testament se mettent d’une certaine manière dans la peau du peuple de l’exode et de la reconquête.