A aucun moment il n’a été question d’une attaque française contre les forces russes en Ukraine et moins encore une attaque contre le territoire russe.
On entretient chez nous la paranoïa d’une attaque russe contre nous dans 3 ou 4 ans, et ceux d’en face entretiennent la paranoïa d’une attaque de notre part.
Mais il y a bien un problème, non pas de troupes au sol ou chars, ce sont les tirs de missiles en « profondeur opérationnelle lointaine (*) » sur les infrastructures, de part et d’autre dans cette guerre, impliquant un support de pays fournisseurs.
(*) Dans la doctrine militaire, on distingue trois échelons de profondeur pour les feux (tirs d’artillerie, missiles, etc.) dans un conflit :
- Profondeur tactique :
- Portée : jusqu’à environ 20-30 km derrière la ligne de front.
- Objectif : appui direct aux unités au contact (infanterie, blindés).
- Exemple : canons de 155 mm (CAESAR), roquettes unitaires.
- Profondeur d’appui (ou profondeur opérationnelle proche) :
- Portée : environ 30 à 100 km.
- Objectif : neutraliser les réserves immédiates, les PC de brigade, les concentrations de forces ennemies en arrière du front.
- Exemple : systèmes comme le LRU (Lance-Roquettes Unitaire), certains missiles sol-sol.
- Profondeur de soutien (ou profondeur opérationnelle lointaine) :
- Portée : au-delà de 100 km, parfois plusieurs centaines.
- Objectif : frapper les infrastructures
critiques, les bases arrière, les chaînes logistiques, les centres de
commandement stratégiques.
- Exemple : missiles de croisière (SCALP, MdCN)
(Manuel de l’artillerie, doctrine FT-02).