@Alex la Plume
Dès 1877, Lord Shaftesbury, millénariste évangélique, voit en la Palestine « le moyen le moins cher et le plus sûr » de sécuriser la Route des Indes, au profit de Sa Majesté. « Proto-sioniste victorien »
passionnément chrétien, comme le qualifie l’autrice, le parlementaire
et journaliste Laurence Oliphant propose, au dernier quart du XIXe siècle, de conquérir la « Grande Syrie » — territoire qui correspond aujourd’hui à la Syrie, au Liban, à la Jordanie et à la Palestine — en y imposant « le
même système que nous avons adopté avec succès au Canada à l’égard de
nos tribus indiennes, qui ont été confinées dans leurs réserves et
vivent ainsi en paix ». On appréciera le « nos tribus »…
Oliphant méprise les juifs d’Europe de l’Est, ces pouilleux
qui fuient alors l’empire tsariste. Quant à ceux qui commencent à
s’installer en Palestine, ils « ne sont que des instruments pour réaliser la prophétie et parvenir à la rédemption des Européens chrétiens ».
Mais à l’époque, l’Angleterre n’est pas seule à s’intéresser à la
Palestine. En France, Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, propose
à Napoléon III (1851-1870) de mettre la main sur le Proche-Orient et d’y installer « un petit État hébreu qui, tout en étant sous protection internationale, relèverait de la France"
https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/quand-l-angleterre-inventait-le-sionisme,8642