Bonjour,
Décidément, si tout change, ceci, techniquement et scientifiquement, on serait même dans le changement pour le changement et une véritable fuite en avant économico technoscientiste ; au bout du compte, et ceci, humainement : rien ne change réellement ! En même temps, et à sa décharge, l’humain, le principe même d’humanité est tellement négligé dans cette civilisation rationalo technoscientiste : comment pourrait-on nous améliorer dans ce domaine ?
Cette crise des « subprimes » aux Etats-Unis, l’affaire des subprimes, qui, comme vous le dites, jette à la rue des millions d’emprunteurs américains, fait penser, pour ceux qui connaissent l’histoire, à Thomas More ; à son « Utopia », cet ouvrage dans lequel il relate le mouvement dit des « enclosures » : l’affaire des enclosures !
Un mouvement, qui, dans l’Angleterre du 16 è siècle, en même temps qu’il jette sur les chemins des masses de gens dénués de tous moyens d’existence, marque dans le monde rural l’irruption de la propriété privée capitaliste. En effet, stimulé par le développement de l’industrie lainière anglaises, ce mouvement voit la création de grands élevages de moutons « privés » par l’aristocratie tudorienne. Une « privatisation » qui se réalisera au détriment des terrains communaux et de leurs usages collectifs, qui, auparavant, étaient liée aux anciennes « tenures » et permettaient traditionnellement aux nombreuses populations paysannes de subsister dans le cadre du domaine féodal. Un mouvement mené avec évidemment des conséquences sociales dramatiques, mais aussi et surtout avec une brutalité absolument inouïe que dénonçait Thomas More dans la première partie de son « Utopia ». En fait, Thomas More était effrayé par les ravages qu’engendrait dans son pays, cette course au profit d’une « aristocratie » tudorienne à laquelle il appartenait pourtant mais qu’il critiquait et combattait : il le paiera d’ailleurs de sa vie !
L’humanité, écrivait Gorge Bernard Shaw, serait depuis longtemps heureuse si tout le génie que les hommes mettent à réparer leurs bêtises, ils l’employaient à ne pas les commettre. Si seulement c’était vrai …qu’ils réparaient réellement leurs erreurs ; le plus souvent les hommes persistent dans l’erreur et même dans l’horreur et, si nécessaire, l’histoire de l’humanité est là pour en témoigner, et, pas que l’histoire ancienne, même et surtout l’histoire récente ! Tout ceci pour la simple mais mauvais raison que nous nous inscrivons dans la fuite en avant, celle économico technoscientiste, que nous ne justifions plus le présent que par le futur, par l’anticipation, et que nous négligeons, dans nos processus cognitif un concept qui pourtant nous est propre, au moins individuellement, on ne peut plu inné même, autrement nous payons cache nos erreurs, et qui s’appelle l’introspection cognitive !
Nous sommes sensés, collectivement, être plus intelligents ; alors, pourquoi collectivement, au plan du savoir collectif, de sa rationalité, l’introspection est-elle totalement bannie ? Avec Descartes, comme si le savoir était essentiellement devant nous, à découvrir, nous avons fait table rase du passé, et désormais : nous ne justifions plus le présent que par l’avenir ! Le savoir n’est pas uniquement devant nous à découvrir, ceci, dans de nouvelles expériences, mais il est également derrière nous dans des expériences passées, certaines et non hypothétiques, et, sans aucun doute, tellement riches d’enseignements !
Ecometa
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