Gilles, il s’agit d’approfondir pour vous-même votre rapport à votre nationalité, et votre propre sentiment d’appartenance à ce que vous appelez communauté nationale. En effet, il est possible que l’on accepte certaines choses de la nationalité, et que l’on en rejette d’autres, aussi nous pouvons nous trouver dans une situation d’ambivalence par rapport aux propos de l’auteur en aquieçant qu’à moitié ou en rejetant en partie ou pas ce qui est dit. Il s’agit en fait de parts contraires et résistantes en soi e qui nous poussent à refuser certaines choses et à en accepter d’autres. Ainsi, nous pouvons être satisfait de la nationalité parce qu’elle nous procure une certaine respectabilité et parce que c’est notre vie, notre métier qui est lié, nos loisirs qui s’y rapportent, etc..., mais toute une autre partie peut nous dégoûter, que ce soit les guerres, les impôts, la politique, le gouvernement...etc tout cela fait partie de la nationalité ! La nationalité est constitutive de notre moi, et réfléchir à la nationalité est donc réfléchir sur soi-même, sur sa propre vie. Ce n’en est qu’un fragment bien sûr. Aussi nous pouvons accepter la nationalité et tout ce qui va avec, y compris son lot d’horreurs, parce que finalement nous nous y retrouvons à titre personnel. Nous trouvons qu’il y abeaucoup plus d’avantages à accepter sa nationalité que d’y mettre fin psychologiquement. C’est tellement plus sécurisant de se sentir dans une communauté nationale qu’apatride. Mais la question d’être apatride ou pas n’est qu’une fausse question, il s’agit d’une question en réaction avec le fait d’avoir ou pas une nationalité. Nous avons peur du changement et ainsi nous essayons de voir si être apatride finalement n’est pas plus sécurisant pour l’esprit. Mais viscéralement, il semble que pour beaucoup de gens l’intérêt national, le sentiment d’appartenance national est bien plus sécurisant que le statut d’apatride. Aussi ce que cherchent la plupart des gens est un sentiment de sécurité psychologique. Bien sûr un territoire doit disposer de forces de police, d’une armée éventuellement, ou pas, mais nous nous écartons des vraies questions, il ne s’agit pas de cela qui est questionné ici, il ne s’agit pas de spéculations sur ce que serait ou ne serait pas une société idéale, mais de voir et de comprendre pour soi-même ce qu’est le nationalisme et la nationalité pour soi. Et l’auteur vous invite à regarder le monde dans sa globalité, et voir les conflits existant dans le monde, qui sont sans fin, toutes ces guerres qui s’enchaînent les unes après les autres, et cette alternance de guerre et de paix, la paix n’étant que l’intervalle entre deux guerres. Il est également assez remarquable qu’aujourd’hui les nations font la guerre pour la paix. Que se passerait-il si les nations faisaient la paix tout court ? Cette question relève bien sûr de l’imaginaire, car les nations dans leur fondements mêmes sont appelés à faire la guerre, la guerre est inscrite dans le fondement même des nations, en se séparant des autres nations, ou en constituant des blocs de nations en conflit les uns avec les autres. Aussi certains prônent la réunion communautaire des nations en blocs, mais en regardant le monde, vous voyez bien que cela est impossible, les diversités d’intérêts sont trop fortes, et toute séparation qu’elle soit extrêmement locale ou la plus globale possible, toute séparation créée par la pensée ne peut inévitablement qu’apporter du conflit.