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En réponse à :


easy easy 18 août 2010 19:23

Un peu plus haut, notre pote Cabanel dit que ça fait du bien de rêver.

Oui.

Mais

Il y a une chose essentielle que chacun doit garder à l’esprit sur le plan politique : En dernier ressort, le peuple est souverain (et ça vaut à partir de quelque régime que ce soit)
Peu importe les lois, les codes, les habitudes et les constitutions, lorsqu’un jour, sous l’effet de telle ou telle régression de trop, le peuple se soulève et se révolte, il a toujours raison (non de manière absolue évidemment car ça ne peut pas exister, mais par le bête principe du nombre).


Tant qu’on ne sent pas la goutte de trop, on discutaille de lois, de textes, de règlements, de police, de droit, de préférence, de constitution, d’honneur ; de patrie, de tas de belles choses du genre. Et de ces discussions encadrées implicitement par des symboles d’Autorité, on peut tirer des plans sur la comète, faire de beaux projets,de belles propositions, ou de beaux programmes, se faire des promesses, des serments, etc.

 Mais le jour où un groupe attaque la Bastille et que le reste de la masse emboîte le pas de la colère, plus aucune valeur ne tient. 
Seule la rage opère.

Et ce n’est qu’après des rivières de sang qu’on se remet à vouloir se soumettre de nouveaux à des lois à des idéaux, à un constitution.


C’est après le coup de chaud, qu’il arrive que des utopies élaborées plus tôt reviennent sur la table et fassent florès.
Mais le plus important, le plus marquant, ce qui aura marqué une rupture, ce sera le soulèvement du peuple souverain. Etant à comprendre que c’est une hystérie collective qui ne se commande pas et qui met chacun en situation extrêmement périlleuse.

Quand une révolution se produit, personne ne s’y attendait la veille encore.


Alors, sur le plan individuel, oui les rêves font du bien. Mais ça ne se traduit par rien de spécial même quand ils sont partagés. Alors que les coups de sang, les hystéries collectives, les mutineries, ça renverse tout parce que chacun voit très clairement le jusqu’auboutisme d’une masse de gens sortis de nulle part et complètement excédés. Un tel spectacle crée la panique, terrorise chacun et plus personne n’a idée de brandir même la Constitution tellement figeante ou fixante. 

Il est logique et normal, qu’avant la révolution, chacun en soit à astiquer la Constitution, ajoutant une pincée de sel ici, une pincée de poivre là. On la bichonne, on l’adore à la discuter autant. Mais quand le peuple encoléré attaque même le Palais et le Temple, les constitutionnalistes ont intérêt à décamper fissa en retroussant leur robe.

A ce sujet, ce qui s’est passé en 2005 n’avait rien d’une colère populaire contre un pouvoir qui aurait imposé une régression de trop. Personne n’a attaqué le Sénat, les prisons ou les banques. Le Pouvoir n’avait pas été remis en cause de façon très explicite. Ce qui s’était passé était beaucoup plus proche d’une volonté de certains d’affirmer leur autorité sur des territoires (en fait extrêmement réduits en termes de m²) 

Il y a donc les rêves, sans effet notable sur la réalité. Et il y a les révolutions populaires qui offrent parfois de sérieuses opportunités aux rêves partagés de se réaliser.


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