Quelques éléments, pour faire son propre jugement.
L’Humanité octobre 1939 : titre « à bas la guerre impérialiste ! » suivi
d’un appel aux travailleurs français… Soyons unis pour combattre la
guerre impérialiste et pour exiger que la paix soit rétablie.
L’Humanité décembre 1939 : « nous avons conscience d’agir en vrai fils du
peuple en luttant contre la guerre impérialiste, en luttant contre le
gouvernement de déshonneur, de misère et de guerre qui est à la direction
des affaires publiques (Maurice Thorez, quelque part en France)
L’Humanité n° 20 du 18 janvier 1940 : titre « Femmes et mères de France,
il dépend de vous que vos maris et vos fils reviennent des tranchées ».
Appel à la désertion.
1er mai 1940 : tout notre passé récent nous appelle à l’union contre les
fauteurs et profiteurs de guerre, à l’action résolue POUR LA PAIX
IMMEDIATE…à la porte, le Gouvernement Reynaud-Daladier-Monnet. PAIX
IMMEDIATE.
Le 17 juin 1940, L’Humanité n° 55 titre « Pour la paix par l’entente avec
L’URSS. »
Le 24 juin, L’Humanité n° 57 titre « Construire la paix ».
Le 1er juillet, L’Humanité n° 58 écrit : « le Général de Gaulle et
autres agents de la finance anglaise voudraient faire battre les Français
pour la City et ils s’efforcent d’entraîner les peuples coloniaux dans la
guerre. Les Français répondent le mot de Cambronne à ces messieurs… ». En
français moderne : Merde à de Gaulle !
L’Humanité n° 59 du 4 juillet 1940 : « il est particulièrement
réconfortant, en ces temps de malheur, de voir de nombreux travailleurs
parisiens s’entretenir amicalement avec les soldats allemands, soit sur
la rue, soit au bistro du coin. Bravo camarades, continuez, même si cela
ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants.
»
L’Humanité du Soldat novembre 1940 :
« Jeune homme de vingt ans, les communistes ne veulent pas te farder la
vérité. C’est leur héroïque destin d’aller souvent contre le courant.
Nous proclamons dès lors sans réticence que si nous avions dirigés les
destinées de la France en juin 1940, comme les bolcheviks dirigeaient les
destinées de la Russie en 1918, nous aurions mis fin à la guerre, nous
aurions signé la paix comme les bolcheviks l’ont signée en
1918.
La paix que signèrent les bolcheviks en 1918 était très dure. Mais elle
était signée par un gouvernement du peuple qui s’attachait à la
réorganisation socialiste du pays, qui expropriait les capitalistes et
les propriétaires fonciers.
La paix qu’eût signée un gouvernement français populaire, ami et allié de
l’union soviétique, eût été le signal du relèvement du pays dans
l’indépendance."
(Jeunesse de France, novembre 1940 p. 43).
Ainsi, de septembre 1939 à juin 1940, le Parti communiste, en tant
qu’organisation, s’est mobilisé pour saboter la défense nationale et
appeler à la capitulation. De juillet 1940 à juin 1941, il a œuvré pour
une collaboration active avec les troupes d’occupation. Marcel Cachin
affirmait que "les soldats allemands sont des prolétaires sous
l’uniforme". Ce qui est exact vu de Sirius mais qui, en 1940, était
un appel très clair à la collaboration. De même, l’appel à la production
lancé par le Parti ne pouvait que profiter à l’occupant.