Monsieur,
Ce qui est particulièrement odieux dans votre article,
c’est que vous vous servez de la faillite grecque pour tenter, assez
maladroitement, de discréditer une proposition phare du FN. Le style que
vous adoptez est, de plus, détestable, parce qu’il se veut hautain et
méprisant. C’est ce qu’on vous apprend dans tous ces Instituts et toutes
ces Grandes Écoles dont vous exhibez les diplômes ? D’ailleurs,
pourquoi les exhibez-vous ? Pour renforcer votre crédibilité ? C’est
peine perdue, remballez. Au mieux, vous ne réussissez, par votre prose,
qu’à discréditer toutes ces glorieuses institutions.
Je n’ai aucune sympathie pour le FN. Mais j’en ai encore moins pour les bonimenteurs de votre espèce, même si, sans doute par culture et éducation chrétienne, j’en ai dans une certaine mesure pitié.
Je pourrais
tenter de vous expliquer qu’il est indécent et vulgaire de mélanger
théorie économique et populisme politique, à plus forte raison quand on
se sert de la détresse d’un peuple comme épouvantail ; je pourrais vous
mettre face à bon nombre de contre-exemples de pays en difficulté, qui
ont réussi à très bien s’en sortir simplement en rejetant les postulats
foireux du catéchisme de Milton Friedman que vous semblez vénérer ; je
pourrais aussi démonter intégralement le catéchisme de Friedman et ses
consorts. À quoi bon ? Avec des gens comme vous, discuter est peine
perdue.
Maurice Allais, dont je ne vous ferai pas l’injure
supplémentaire de vous rappeler qui il était, avait écrit dans ce qu’on a
appelé son « testament », paru dans Marianne il y a un ou deux ans, qu’en
matière d’économie, la plupart des intervenants sont soit des
charlatans, soit des menteurs. Force est de reconnaître qu’il avait
raison. Il est même possible que vous réussissiez à cumuler ces deux
tares en même temps. Peut-être devriez-vous envisager le recours à
l’abstinence, la prochaine fois qu’une démangeaison écrivassière se fera
sentir ?