Je ne sais pas quand l’auteur a passé sa thèse mais je ne trouve son témoignage fort peu représentatif du monde de la recherche que je cotoie quotidiennement (en Biologie, Génétique).
Il y a de quoi hurler quand on lis la phrase suivante : « les jeunes chercheurs, il faut reconnaître que s’ils ont choisi ce métier, c’est plus par commodité que par vocation. »
C’est sûr que c’est fichtrement commode que de devoir enchainer les mentions pour avoir une place au soleil dans un bon DEA (M2R maintenant), que d’obtenir de haute lutte une bourse de thèse, que de cravacher pendant la thèse pour sortir un maximum de publis, construire un réseau de collaborateurs à l’international, puis partir à l’étranger 2 ou 3 ans en moyenne, en revenant quand on peut pour passer des concours ou il y a facilement 50 candidats par poste. Avec le recul je me dis justement qu’il faut être bien motivé pour s’engager dans une voie où le taux de réussite est si faible.
Il y a de quoi hurler que je lis que pour l’auteur : « Avec l’appui d’un patron, il suffit de passer un concours. Ce qui évite les centaines de lettres de candidature dans le privé, tout en offrant bien souvent la possibilité de rester dans la ville où on a effectué ses études. »
Pour rentrer au CNRS en CR2, il faut maintenant 12-15 publis au minimum (et il faut faire chauffer les IF), dans les autres EPSTs ce n’est guère mieux, et même les postes de maîtres de conférence sont maintenant brigués par des candidats ayant enchainé postdocs et publications.
Si j’ai bien compris le ton acide de l’article, l’auteur n’a pas réussi à s’insérer dans le milieu de la recherche française - je trouve un peu mesquin qu’il mette pour autant en doute la valeur des doctorants (et des jeunes chercheurs) qui ont eu bien du mérite en s’engageant et en perseverant dans cette voie.