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krolik 15 novembre 2008 23:20
krolik

@Sysiphe.

Et au-delà du baratin technique quid des déchets ? parce que vous considérez que les déchets n’est pas un problème technique ?


Quelques éléments de base :

1. Liminaire :

Il n’ est question ici que des déchets radioactifs générés du fait de la production d’électricité d’origine nucléaire.
Ce point peu être discuté pour différentes raisons mais il est à considérer :

- que lesdits déchets sont largement prépondérants par rapport aux déchets d’autres origine (médicale, recherche, militaire etc …)

- que les déchets d’autres origines sont considérés comme posant peu de problèmes
o faibles quantités pour le militaire (enfin depuis la détente est ouest)
o « sympas » pour le médical, la recherche voire le spatial (enfin pas toujours dans ce cas, la pollution radioactive de Mercure ou Saturne posant grave problème)

2. Premier groupe (le vrai groupe en fait) = Les produits de fission et les actinides mineurs



2. a. Produits de fission (PF)


Pour ce qui concerne les produits de fissions la quantité produite en France est de 60 tonnes / an et 300 tonnes / an après conditionnement soit un volume annuel de 100 m3 / an

Il est trés facile de retrouver ces valeurs simplement avec les données suivantes :


- une fission de gros atome dégage 200 MeV de chaleur ce qui se traduit par 1 MWjour de chaleur = 1,06 gramme de gros atome fissionné


- il y a en France 58 réacteurs de 3000 MWth en moyenne fonctionnant pendant 335 jours /an soit donc 58 290 000 MWj de chaleur issue des fissions soit donc 55 000 000 grammes d’ atomes lourds fissionnés = 55 tonnes


- le conditionnement sous verre multiplie sensiblement par 5 la masse à stocker


- la densité des colis de déchets « terminés parés à stocker » est de l’ ordre de 3

Les produits de fission sont pour 10 % d’entre eux environs des corps radioactifs dont la période est hors de toute échelle historique (période > 60 000 ans) les autres sont :

- soit stables

- soit ont des périodes potentiellement historiquement gérable

, mais de facto ils sont mélangés avec les autres (tout au moins avec les procédés actuels) donc il est nécessaire de considérer la masse et le volume total


2. b. Actinides mineurs (AMin), c’ est à dire les gros atomes non fissionnés dans le réacteur autres que l’ uranium et le plutonium produits par les captures neutroniques ne donnant pas lieu à fission
La masse d’actinides mineurs formé est de l’ ordre de 3 % de la masse des atomes fissionnés dans les réacteurs (donc 3 % de la masse des produits de fissions) , elle vient s’ajouter aux produits de fission à stocker puisque dans la vision « nominale » actuelle ces corps sont simplement mélangés aux PF
Ces corps sont pour l’essentiel de période non historiquement gérable

Parmi les voies de progrès envisagées la séparation chimique des AMin (neptunium, curium, américium) de l’ensemble des déchets et leur traitement // élimination par fission en réacteur rapide // utilisation et valorisation de différentes façons pourraient améliorer les choses des points de vue suivants

- d’une part la radiooxicité à long terme du stockage serait diminuée

- d’autre part la chaleur émise serait diminuée améliorant l’ économie du stockage en autorisant une densité plus grande des colis

3. Deuxième groupe Les matériaux de structure des éléments combustibles :
Soit donc

- les gaines des crayons combustible en zirconium

- les têtes et pieds d’éléments en acier inox (bas cobalt)

- les autres structures des éléments : grilles tubes guide , etc..

De facto ces composants sont très peu activés mais ils sont cependant clairement des déchets radioactifs ; il est possible qu’une partie aille au stockage géologique profond

Le volume brut et conditionné correspondant est au 1er ordre le même que le volume des assemblages retirés des coeurs , c’ est donc facile à connaître//calculer.
De façon grossière 58 tranches ayant en moyenne 175 assemblages renouvelés par tiers ça fait grossièrement 3400 assemblages / an dont le volume unitaire est de 0,215 * 0,215 * 4 m3 = 0,185 m3 = 185 litres environ ; soit donc 630 m3/an

La masse brute devrait être de l’ ordre de 2500 tonnes/ans et après conditionnement sans doute de l’ ordre de 7 000 tonnes /an pour un volume de 2 000 m3/an (la densité moyenne devrait être assez élevée)


4. Le stockage géologique
Pour ce qui concerne le stockage géologique il apparaît en effet difficile que le volume de galerie à creuser soit inférieur à un facteur 20 par rapport au volume à stocker, ce qui ferait donc 2000 m3 de galerie à creuser par an sur la base d’un diamètre moyen de 4 m ça ferait 160 m de galerie à creuser par an ce qui ne semble pas considérable, mais il est bien possible que le facteur 20 soit sous estimé

2 000 m3 de l’ argilite de Bure ça doit bien faire dans les 5 000 tonnes – la roche en question n’est pas très dense-

Les remblais correspondants pourraient représenter un volume de 8 000 m3 (facteur 4)

La puissance électrique consommée par l’ installation peut sans doute atteindre 2 MWe mais ça semble un maximum

Les énergies gratuites !

Mais toutes les énergies sont gratuites :

- le vent, le soleil, le charbon, le pétrole, l’uranium.
Il suffit de les prendre et de les traiter pour en faire quelque chose d’utilisable, quelque chose qui réagisse lorsque l’on met le doigt sur l’interrupteur ou qu’on l’on ouvre le robinet d’eau tiède (belle invention que l’eau tiède !!)
Si l’énergie éolienne était gratuite , pourquoi devoir payer le courant électrique éolien plus cher que le courant électrique nucléaire par exemple ?
Il faudrait arriver à redonner leur valeur aux mots !
Chez les écolos on a appris par exemple que "indépendant" devait être traduit par "inexorable opposé"., il y a comme cela toute une évolution de la sémantique à prendfre en compte.
Energie gratuite veut dire énergie plus chère pour le consommateur !

@+



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