>nous n’avons pas la même conception de l’éthique et de l’histoire.
Ça c’est sur.
>S’il est vrai que tous les hommes ne sont pas semblables devant l’Histoire certains sont plus grands que d’autre : mon coeur va à Gandhi.
Chacun sa préférence, la question est, que pensait (qu’aurait pensé) Gandhi de tout cela ?
>J’ai observé une chose : toutes les révolutions mises en mouvement par une juste et belle cause ; qu’elles soient de libération ou de changement économique, toutes les prises de pouvoir qui ont succédé, ont tourné au cauchemard pour le peuple libéré quand les moyens mis en oeuvre pour vaincre niaient la dignité de l’Homme (la fin justifie les moyens).
Je ne sais pas si vous parlez là de l’Algérie, mais je ne me considère pas comme vivant dans un « cauchemar », en tout cas, pas plus qu’ailleurs (en France par exemple). Je suis plutôt heureux dans mon pays bien que j’aie comme tout le monde ici des problèmes, des problèmes surmontables...
> La lutte de libération du Peuple algérien a commencé par une poignée d’hommes. Leur but était noble mais la masse du peuple au début ne s’est pas précipité dans leur rang ; il a bien fallu les persuader par la parole ou par la force ;
Pour la parole je dirais que c’est juste (et même nécessaire, tout le monde n’a pas un esprit guerrier !), pour la force je dirais qu’un traitre mérite ce qu’il lui arrive de pire.
> la patience leur a manqué et c’est là qu’a commencé la perte de dignité de leur lutte quand ils ont privé de dignité leurs frères.
À vous entendre parler, on croirait que l’armée Française était là pour veiller à la sécurité de ses opprimés ! Que les combattants du FLN étaient tous des lâches et des assassins ! Et que des décennies plus tard, des millions de gens estiment ces gens (les moujahidines) pour ce qu’ils ont fait ! On est vraiment un peuple sans coeur !!!
Ouvrez les yeux !!! Comment pouvez vous parler de patience alors que vous voyez vos frères traités comme des moins que rien ?!
> Les Algériens le savent bien, eux qui 50 ans après, sont nombreux à préférer continuer à vivre chez leur ancien colonisateur.
Oula je vous arrête, cet argument n’est vraiment plus valable, car je connais des anciens moujahidines (combattant), des fils ou petits fils de moujahidines qui vivent en France. Je trouve ça anormal en passant, mais tout comptes faits, un pays n’est pas fait que par des généraux, par des présidents ou par des militants de la guerre, venir en France ne veut pas dire estimer ce que ce pays a fait par le passé. Bien sur il y a une dimension politique (ou économique) qui pousse certains à le faire (immigrer), je ne dis pas que je suis un fervent supporteur des nos hommes politiques, mais je les préfère de loin à un ministre raciste qui trouve que c’est quand il y en a beaucoup comme moi que ça va pas. Pensez vous que si on faisait un sondage parmi les immigrés (Algériens) en France, on trouverait plus de 5% de gens qui auraient aimé que l’Algérie reste occupée ? Le pensez vous vraiment ?
Bien sur le cas des harkis et leur descendants est spéciale. Vivre en France est une question de vie ou de mort pour eux (de toute façon ils n’ont nul part où aller). Pour les fils et petits fils de harkis, je suis un partisans de leur régularisation car après tout, ce sont des Algériens et ils ne sont pas responsables de ce qu’ont fait leur ancêtres. Je connais personnellement un petit fils de harki qui fait des pieds et des mains pour rentrer au pays !
En conclusion, et malgré mon attachement pour mon pays, je ne justifierais jamais un crime dont il est l’auteur (en tant qu’état) comme vous le faites. Mais bon, au vu de vos réactions, je crois que vous êtes un fervent partisan de la doctrine de la « colonisation positive »... dont l’expression elle-même comporte une contradiction !