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tikhomir 5 avril 2011 14:20

Tout dépend de ce que l’on considère blasphème. Il y a un curseur à poser. Une représentation de Mahomet (ou Muhammad, comme vous préférez) sans caricature, sans moquerie, juste une représentation pourra être considérée par certains comme blasphématoire (voire gravement blasphématoire), pour d’autres simplement « pas terrible », pour d’autres « normale » et pour d’autres « très bien » et même parmi les musulmans eux-mêmes (suivant le niveau de foi, leur courant religieux, etc.).

Pour certains, si, l’islam blasphème en niant la divinité de Jésus et en disant que ce n’était pas lui sur la Croix. Ou les musulmans blasphèment lorsqu’ils disent le nom de Jésus et ajoutent « Paix sur lui » car comme le Coran le dit : Jésus est auprès de Dieu, alors il est déjà en paix, que faut-il donc prier comme paix supérieure à la paix de Dieu ? On prie pour ceux qui ne sont pas auprès de Dieu. Pourtant les musulmans ne croient pas que Jésus est en enfer puisque le Coran dit le contraire. En priant pour Mahomet, ils donnent l’impression de croire que Mahomet est en enfer.

Vous voyez, tout dépend du curseur que l’on met. En disant ce que j’ai dit ci-dessus (Mahomet et l’enfer), je blasphème aussi certainement du point de vue islamique, mais ce n’est que le point de vue islamique. Donc, non, le blasphème ne doit pas être condamné mais par contre, il est bien évident que l’on ne peut approuver l’injure réelle et la condamner de mots mais pas pénalement. Voilà, on distingue ici un principe laïque (mais qui n’est pas en vigueur pour tout le monde malheureusement). Pareillement, en proclamant que Jésus est Dieu fait homme, mort sur la Croix, les chrétiens blasphèment du point de vue islamique.

D’un point de vue social, on ne peut condamner le blasphème pénalement. D’un point de vue religieux, on ne peut pas le sanctionner non plus (en coupant toute relation par exemple). Tout cela nuit aux discussions, à la société (à l’ordre social), au dialogue inter-religieux, à la liberté de culte.

Il ne faut pas transformer la « non-condamnation » pénale du blasphème avec le « droit au blasphème ». Cette non-condamnation est un impératif laïque et c’est très bien comme ça (toujours cette distinction du temporel du spirituel, qu’on le sait et vos propos ont l’air d’aller dans ce sens, l’islam ne reconnaît pas dans la majorité de ses courants religieux. Mais je me trompe peut-être sur la nature de vos propos, vous me corrigerez si nécessaire).



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