• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

eric 26 avril 2011 09:55

Les fachismes, comme les socialismes, touchent toujours et partout prioritairement les classes moyennes et plus particulièrement leur composante lettrée, fonctionnarisée. Plus l’instit que le petit commerçant. L’ampleur du vote « ouvrier » si tant est que ce terme ait un sens, pour le FN constitue en soi un démentit a l’idée que ce serait un parti d’extrême droite. Le FN commencerait a m’inquiéter s’il rassemblait autant de profs et de postiers que les verts ou le NPA. La oui, on pourrait craindre l’extrémisme.
D’autre part, il est fort dans les régions qu’Emmanuel Todd caractérise comme égalitaristes, un peu anarchistes. Des Zones caractérisées par un agnosticisme généralisé, en religion, mais surtout en politique. Les premiers a avoir connue la déchristianisation. Les cathos pratiquant sont parait il la population qui vote le moins FN. Celles qui sont les plus hostiles a toutes les formes d’encadrement idéologique fort parce que trop individualistes. Je pense qu’il n’a pas grand chance de gagner tant que son égalitarisme, que certain nomme populisme, continuera a faire peur aux régions plus attachées aux hiérarchies sociales ( naissances, diplômes, réussite). Ainsi, l’électorat socialiste, qui recouvre les régions historiquement royalistes d’après Lebras, ne pourra jamais tolérer d’être représenté par des gens qu’il qualifie de bac moins 4, et ce, quel que soit son amour affiche pour le « peuple ».
Néanmoins, il est vrai que le rejet de plus en plus viscéral des valeurs de gauche par cet électorat assez largement populaire a quelque chose de potentiellement inquiétant.
Pour le militant ou l’électeur de gauche, l’engagement politique a quelque chose d’identitaire, d’existentiel. Toute remise en cause de sa vision du monde constitue pour lui une agression qui peut facilement le pousser aux extrêmes. On l’a vu en 2002 ou il a pu aller jusqu’à descendre dans la rue pour contester les résultats d’une élection démocratique, remettant en cause toutes les valeurs républicaines.
Il me semble que le plus grand défi démocratique des années a venir, n’est pas tant d’enrayer la montée du front que de reconstruire la gauche pour la ramener avec nous, ici et maintenant, dans le débat démocratique. Pendant ses « trente glorieuses » ( explosion du nombre d’agent et de budgets publics) elle s’est isolée de plus en plus du reste de la population qu’elle ne connait plus et ne comprend plus et dont elle a peur. Je ne vois pas trop ce que les droites peuvent faire pour l’aider si la claque de 2002 n’a pas suffit a la ramener sur terre.
Le plus spectaculaire dans les sondages présentés ici, n’est pas que le FN récolte 36%des ouvriers, mais qu’avec 15 a 20 %, les gauches s’enfoncent dans leur statut de parti de classe.
De ce point de vue, un second tour Sarko Le Pen, pour la seconde fois pourrait peut être, enfin, réveiller la gauche et la sortir de son autisme. Ce serait doublement souhaitable.
Avec entre 55 et 60% d’intentions de vote a droite au premier tour, sa victoire ne pourrait être que le résultat d’un hasard électoral. On imagine notre pays dirige par un pouvoir sociologiquement minoritaire et déchiré entre sa base raisonnable et sa frange revancharde( voir les programmes respectifs). Du souci a se faire en perspective.

Pour toutes ces raisons, et comme notre peuple est politique et intelligent, je pense que Sarko sera largement réélu en 2012.



Palmarès