Tant pour le front national que pour le front de gauche, l’on ne pourra réellement jurer de leur poussée qu’aux législatives.
En effet, pour ces deux partis, il y a eu au premier tour des présidentielles un effet « vote utile » ( ou effet « 21 avril » ) : des électeurs de droite hésitants ont préféré voter Sarkozy pour éviter un « 21 avril à l’envers », tandis que des électeurs de gauche hésitants ont préféré voter Hollande pour éviter un « 21 avril », dans la mesure ou aucun de ces deux électorats ne croyait réellement à une possible victoire au deuxième tour de leur candidat respectif. .
Evidemment, ce qui s’est passé aux présidentielles ne se passera pas aux législatives : les électeurs pensant qu’un député de plus ou de moins, ça ne compte pas vraiment, vont voter au premier tour pour leur véritable camp : les frontistes hésitants ayant voté par précaution Sarkozy au premier tour voteront cette fois-ci pour le FN, tandis que les Mélenchonistes hésitants ayanrt voté Hollande voteront cette fois-ci pour le front de gauche ( et accessoirement les Verts, probablement sous-estimés en nombre au premier tour des présidentielles, voteront pour leur parti, au cas fort probable où l’accord électoral PS Vert partirait en eau de boudin dans les semaines qui viennent ! ).
L’on pourra alors vraiment mesurer le poids de ces différents partis, libéré du biais « vote utile » .
Il est probable qu’il y aura plusieurs centaines de « triangulaires » et une trentaine de « quadrangulaires » au deuxième tour.
Dans ces conditions, il y a fort à parier que ni l’UMP ni le PS n’auront de majorité à l’assemblée, avec présence d’une minorité de blocage FN d’une cinquantaine de députés, voire plus, entre les deux principaux partis.
Dans ces conditions, il est peu probable que les réformes les plus contestables souhaitées par le PS ( droit de vote des immigrés, mariage homosexuel, régularisation des immigrés clandestins, imposition des riches à 75 % ) voient le jour.