@asterix
Un régime présidentiel est, en effet,
anachronique et inadapté à un pays aussi grand et aux enjeux complexes.
D’ailleurs le fait que la mission de l’Onu prenne une telle importance au Congo
suffit à expliquer que le président n’a pas la capacité de maitriser la
situation sans l’aide des puissances étrangères. La solution est à rechercher
dans un régime de type parlementaire, mais je doute que les grandes puissances
occidentales acceptent une réforme de cette nature. En effet, lorsqu’on veut
réaliser de juteuses affaires dans un pays, il vaut mieux qu’il soit dirigé par
un seul homme, de préférence irresponsable (terme de droit constitutionnel).
Les négociations vont plus vite. Alors que si l’effectivité du pouvoir se
trouve entre les mains du Premier ministre, comme dans les démocraties
européennes, les négociations sont plus laborieuses. Le Premier ministre est
responsable devant le parlement et peut être renversé par les élus à tout
moment. C’est vers cette forme d’organisation institutionnelle qu’il faudrait
orienter le Congo pour mettre fin à la culture de l’irresponsabilité de ses
dirigeants. Mais ce débat devra attendre l’après-2016. Quant à Lumumba,
personne, en effet, n’est en mesure de dire quel type de dirigeant il aurait
été s’il n’avait pas été assassiné.